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Une compagnie tente de revendre 33 fois plus cher un terrain de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu

Une compagnie immobilière qui a acheté un terrain de Saint-Jean-sur-Richelieu pour la modique somme de 235 000 $ tente présentement de le revendre 33 fois plus cher, au grand dam de la Ville, qui vient d’intenter une poursuite contre elle.

« On n’a pas le luxe de perdre un terrain comme ça », lance le maire récemment élu de Saint-Jean-sur-Richelieu, Éric Latour.

Son administration s’est adressée à la Cour supérieure en février dernier pour carrément faire annuler la vente d’un terrain de 303 000 pieds carrés à l’entreprise Covala, alléguant qu’on lui a caché de l’information.


Éric Latour, maire de Saint-Jean-sur-Richelieu.


Photo fournie par ÉQUIPE ÉRIC LATOUR

Hypothéqué trois fois

C’est que Covala a mis en vente à un prix de 7,8 M$ ce terrain acquis de la Ville pour 235 000 $ en 2023.

À l’époque, la Ville avait accepté de vendre le terrain à bas prix à l’ancien président de Covala, Marc-André Boucher, pour l’aider à relocaliser une entreprise de récupération et de triage des métaux qu’il reprenait de son père.

Or, selon la poursuite, M. Boucher n’aurait pas été le réel acquéreur du terrain au moment de la transaction. Il aurait plutôt fait office d’« écran » pour les nouveaux propriétaires de Covala, qui n’auraient rien à voir avec les activités de triage de métaux.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

À but spéculatif

Selon la Ville, Boucher a quitté Covala dès que la transaction a été conclue.

« Boucher n’a jamais eu l’intention de faire l’acquisition […] pour y exploiter l’entreprise de récupération et triage de métaux, au contraire, Covala a été créée dans le but d’acheter les terrains à des fins spéculatives », affirme la Ville.

Saint-Jean-sur-Richelieu reproche aussi à Covala d’avoir hypothéqué l’immeuble à trois reprises, « ce qui démontre que le terrain a servi à des fins de financement pour d’autres projets de Covala ».

La Ville prétend que des informations lui ont été cachées. Avoir su, elle « n’aurait jamais, premièrement, accepté de vendre […] pour un montant total de 235 469,18 $ à Covala et, deuxièmement, en sachant que le but de Covala était de le revendre à gros prix deux ans plus tard ».


Sain-Jean-sur-Richelieu s’est adressée à la Cour supérieure en février dernier pour carrément faire annuler la vente d’un terrain de 303 000 pieds carrés à l’entreprise Covala, alléguant qu’on lui a caché de l’information.


Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

Sur la défensive

Par écrit, Marc-André Boucher nous a indiqué qu’il « réfute catégoriquement les allégations qui remettent en cause [son] intégrité et qui [lui] sont […] préjudiciables ».

Joint au téléphone, l’actuel président de Covala, Francis Collette, a dit ne pas être « inquiet » des procédures en cours et a dit espérer que « les choses vont se replacer » avec la Ville.

Dans une précédente entrevue accordée il y a quelques semaines, il avait indiqué que ses partenaires et lui avaient racheté les actions de M. Boucher dans Covala pour faire un « développement ».

« Quand on regarde ça, c’est même avantageux pour la Ville. Parce qu’au lieu d’avoir une cour à scrap […] il peut y avoir une industrie qui va amener des emplois », avait dit M. Collette.

Le maire Latour ne l’entend pas de cette oreille. « La Ville veut juste récupérer son terrain parce que c’était clairement écrit que la spéculation n’était pas possible. Puis, nous, on prétend qu’il y a spéculation », dit Éric Latour.

– Avec la collaboration de Charles Mathieu et Ian Gemme

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