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À la veille de ses 80 ans | Michèle Richard, de Jeunesse d’aujourd’hui à TikTok

Michèle Richard célébrera ses 80 ans vendredi. Depuis le départ de ses amis Michel Louvain et Renée Martel, elle est l’une des dernières idoles de sa génération. Celle qui a chanté Je survivrai aura tenu parole : elle a survécu à toutes les modes, à toutes les controverses imaginables aussi.


Publié à
6 h 00

« J’entends souvent des gens de mon âge dire qu’ils n’ont pas vu le temps passer. Mais moi, je ne trouve pas que ça a passé si vite que ça. À la fin, je suis très contente de la vie que j’ai menée. Il y a eu des grandes joies, mais il y a aussi des moments où j’avais envie de passer inaperçue », philosophe Michèle Richard.

L’ancienne reine autoproclamée de TQS se serait bien passée de certains scandales qui ont parsemé sa carrière. Mais plutôt que de lui porter ombrage, c’est comme si ses frasques ultra-médiatisées avaient fini par nourrir sa légende, y compris auprès d’un public qui n’a jamais connu Les boîtes à gogo.

Loin d’être la « has-been » que certains journalistes et humoristes ont tenté de dépeindre, la voilà maintenant la nouvelle coqueluche des réseaux sociaux. Depuis quelques mois, la téléréalité qui porte son nom et dont elle a fait l’objet au début des années 2000 est de retour en ligne.

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Sur TikTok, des extraits refont régulièrement surface. Les internautes se délectent de ses coups de gueule et de son exubérance. Un buzz, dont la principale intéressée n’a que vaguement entendu parler.

« Mon gérant est au courant de tout ça. Mais moi, ça ne m’intéresse pas, toutes ces affaires-là. Je n’ai même pas l’internet chez nous », confesse Michèle Richard en entrevue avec La Presse.

« Je ne suis pas un personnage »

Au bar du chic Ritz-Carlton, où elle nous a donné rendez-vous, la chanteuse la plus populaire des années 1960 ne passe pas inaperçue avec son immense manteau de fourrure et ses verres fumés. La plupart des clients ce jour-là ont beau être des touristes français ou américains, tout le monde comprend assez rapidement en la voyant arriver qu’une star vient d’entrer dans la pièce.

Je lis bien dans le regard des gens qu’ils me voient comme un personnage. Je trouve ça fascinant, car moi, dans ma tête, je ne suis pas un personnage. Je me contente d’être moi.

Michèle Richard

« Mais si ça fait plaisir au monde de penser que j’en suis un [personnage], qu’est-ce que je peux y faire ? », évoque, sourire en coin, la chanteuse yé-yé, qui a plutôt l’air de bien vivre avec toute cette attention.

Michèle Richard est une diva comme il ne s’en fait plus au Québec. On a l’habitude ici des célébrités qui jouent la carte de la modestie, de la gentillesse, parfois outrancière. Pas elle. L’ancienne coanimatrice de Garden Party a beau clamer qu’elle n’a pas aussi mauvais caractère que les médias ont voulu le laisser entendre, on la sait capable de vives colères en public. Dès son arrivée au Ritz-Carlton, elle nous ordonnera d’ailleurs de jeter notre gomme, avant de commencer l’entrevue.

PHOTO JEAN GOUPIL, ARCHIVES LA PRESSE

Michèle Richard et Serge Laprade, en 1988

« Quand j’étais petite et que je me promenais partout dans la province avec mon père, les musiciens chiquaient leur grosse gomme tout le long du trajet. Ça m’écœurait, mais comme mes parents m’ont bien élevée, je gardais ça pour moi. À partir du moment où j’ai été assez vieille pour choisir mes musiciens par contre, là, c’est devenu non négociable. S’il y en avait un qui avait le malheur de mâcher, je le revirais de bord », tonne la fille du violoniste Ti-Blanc Richard.

Dressée pour être star

Son père ne voulait pas que « son puppy », comme il la surnommait, fasse carrière dans le show-business. « Un milieu trop dur pour une femme », disait-il. C’est sa mère, ambitieuse pour deux, qui l’a poussée sur le devant de la scène. À travers sa fille unique, sans doute que cette femme, fascinée par le strass hollywoodien, vivait son rêve par procuration.

On sait aujourd’hui à quel point certains enfants-stars ont souffert de devoir porter les ambitions inassouvies de leurs parents. Mais Michèle Richard n’a aucun reproche à faire aux siens, qui l’ont toujours surprotégée. Elle ne garde que de bons souvenirs de cette adolescence sous les projecteurs.

« J’étais née pour ça. Pour faire ce métier-là toute une vie comme je l’ai fait, il fallait que je sois née pour ça », insiste celle que l’on a pu voir l’hiver dernier à l’émission Zénith animée par Véronique Cloutier.

Sacrifices

Michèle Richard n’a peut-être pas choisi de devenir une star, mais c’est elle qui a décidé de le rester, coûte que coûte. Quitte à faire passer sa vie privée au second plan. Elle se souvient de ce mannequin vénézuélien, dont elle était éperdument amoureuse. Lassé que sa tendre moitié soit toujours en spectacle à l’extérieur, il avait eu la malencontreuse idée de lui lancer un ultimatum.

J’avais un show à Matane de prévu cette fin de semaine là. Pour que je reste avec lui, il m’avait dit que si je partais, il ne serait plus là à mon retour. Trente minutes après, j’étais dans mon char en direction de Matane.

Michèle Richard

« Je n’ai jamais fait passer un homme avant mon métier », se rappelle sans états d’âme l’interprète de Je suis libre, ce tube féministe avant l’heure.

« Pas facile d’être une chanteuse populaire », a aussi chanté Michèle Richard des années plus tard. Souvent, elle s’est sentie mieux comprise par ses chiens que par les hommes. Sa vie amoureuse aura été faite de hauts et de bas. Sa carrière aussi. Une vie hors de l’ordinaire, qu’elle rêve aujourd’hui de voir porter au grand écran dans un film biographique.

« C’est un projet que l’on va voir de mon vivant », promet-elle, avec cette même détermination à toute épreuve qui lui a permis de tenir pendant autant d’années dans cette industrie parfois sans pitié.

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