Inondations à Montréal | Le niveau de l’eau pourrait battre des records en fin de semaine

Le niveau de l’eau devrait continuer d’augmenter rapidement dans la région de Montréal ce week-end, faisant craindre des inondations à la Ville, qui anticipe des impacts particulièrement importants dimanche. Certaines infrastructures routières pourraient d’ailleurs être fermées.
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13 h 02
« Ce qu’on a comme information, c’est que ça peut arriver comme les niveaux de 2017 et de 2019. On sera prêts à réagir », a indiqué vendredi la Soraya Martinez Ferrada, en conférence de presse tout près de la rivière des Prairies, dans Ahuntsic-Cartierville.
En moyenne, le niveau de l’eau a augmenté de 70 centimètres ces derniers jours à Montréal. Et avec la pluie attendue dimanche, ce chiffre devrait continuer d’augmenter.
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La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada.
Environnement Canada prévoit pour l’instant de 15 à 25 millimètres de pluie dès la nuit de samedi, ce qui fait craindre le pire pour la rivière des Prairies.
« Durant la journée de dimanche, ils annoncent quand même des hauteurs qu’on n’a pas vues dernièrement […], mais les gens ici sont prêts, et nous aussi », a assuré le responsable de la sécurité publique, Jim Beis. Il a réitéré que les sacs de sable et les pompes ont été livrés en quantité suffisante.
Il faudra être très vigilants. Ce n’est pas tant la pluie qui nous tombe dessus que tout ce qui se passe en amont, dans les versants en Outaouais, qui importe réellement.
Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal
Jusqu’ici, cinq stations de mesure situées dans la région métropolitaine sont à des niveaux « d’inondations mineures ». Cela signifie que de l’eau s’avance sur les terrains, notamment dans Pierrefonds-Roxboro et Ahuntsic-Cartierville, mais sans causer de réels dégâts matériels. C’est le même genre de situation à Laval.
Au compte-gouttes
Selon le directeur du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), Richard Liebmann, le pont de l’île Mercier sera sous haute surveillance dans les prochains jours. « Aussitôt qu’on détermine que ce n’est plus sécuritaire parce que l’eau traverse la structure, on va le fermer », a-t-il noté, en rappelant que des rues locales pourraient subir le même sort à Senneville.
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Une règle de mesure du niveau de l’eau de la rivière des Prairies.
Depuis jeudi, la Ville est passée au niveau 3 de son Plan particulier d’intervention (PPI), soit le plus haut niveau d’alerte possible. Son activation permet la distribution à grande échelle de sacs de sable et de murs anti-inondations, voire l’intervention de pompes en urgence sur le terrain ou de ressources spécialisées.
Mais surtout, cela permet l’ouverture d’un centre de coordination en personne, 24 heures sur 24, pour gérer la situation en temps réel. « Nos équipes sont déjà à l’œuvre depuis plusieurs jours. En fin de semaine, on aura des équipes de sauvetage nautique prêtes au besoin », a assuré M. Liebmann.
À Laval, l’administration du maire Stéphane Boyer a déjà annoncé qu’elle intensifiera sa vigilance alors qu’une hausse du niveau de l’eau est observée depuis quelques jours sur la rivière des Mille-Îles.
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Une digue a d’ailleurs été installée sur la rue Riviera, et une autre au centre de curling de Laval-sur-le-Lac. Des conduites d’eau ont aussi été bloquées à l’aide de ballons gonflables pour éviter les refoulements. Comme à Montréal, le Plan municipal de sécurité civile est déjà activé sur tout le territoire de l’île Jésus.
« Je sais que la hausse des niveaux d’eau observée depuis quelques jours peut être source d’inquiétude pour plusieurs familles. La Ville suit la situation de très près », a indiqué M. Boyer.
À Saint-Jérôme, le maire Rémi Barbeau a prévenu que « le plus gros pourrait être à venir » malgré la baisse de 10 % du niveau de la rivière du Nord. La Ville s’attend maintenant à ce que la fonte des neiges des Hautes-Laurentides s’accélère et refasse augmenter les niveaux de l’eau rapidement.
Plus facile de se protéger
Depuis quelques années, les inondations récurrentes sont une nouvelle réalité pour nombre de résidants de l’île de Montréal. Récemment, en 2024, la Ville de Montréal a d’ailleurs bonifié son programme RénoPlex, cofinancé par le gouvernement, pour permettre aux propriétaires d’adapter leurs propriétés aux crues. Outre les crues historiques de 2017 et de 2019, l’histoire récente a été marquante. En juillet dernier, entre 60 à 70 millimètres de pluie étaient tombés en quelques heures, un sommet. Résultat : des égouts avaient refoulé, de nombreuses routes avaient été fermées, et près de 100 000 résidents avaient été privés de courant.




