«Nombreux» chats décédés: l’ex-propriétaire de l’Escouade canine coupable de cruauté animale

L’ex-propriétaire de l’Escouade canine, en Beauce, a reconnu lundi que de nombreux chats sont morts pour cause de désorganisation complète de son entreprise et alors qu’il utilisait certains fonds à des fins personnelles.
Tandis que son procès devait s’ouvrir mardi, Simon Bédard a plutôt décidé de plaider coupable lundi matin à une accusation en matière de cruauté animale, au palais de justice Saint-Joseph-de-Beauce.
L’homme de 50 ans de Saint-Séverin a admis avoir permis que soit causée de la souffrance à des animaux, sans nécessité et alors qu’il en était propriétaire.
La poursuite a accepté de retirer les deux autres accusations qui pesaient contre lui d’avoir volontairement tué des chats et d’avoir négligé d’en prendre soin.
Bédard était devenu propriétaire de l’Escouade canine en 2017. L’entreprise située à Beauceville faisait affaire avec plus de 90 municipalités avoisinantes et servait de refuge pour les animaux abandonnés.
Photo tirée du Facebook de Simon Bédard
Chats agonisants
Toutefois, entre janvier 2023 et avril 2024, le refuge s’est complètement désorganisé et a fait face à une surpopulation de chats.
Cette situation coïncidait avec des problèmes personnels de l’accusé qui l’ont amené à délaisser son poste, bien qu’il demeurait le propriétaire et continuait d’avoir le dernier mot sur ce qu’il s’y passait.
Des maladies infectieuses, dont une particulièrement « souffrante » et « mortelle », se sont propagées rapidement.
La grande majorité des animaux n’a pas eu accès aux traitements requis ou encore à l’euthanasie qui aurait pu mettre fin à leurs souffrances.
L’entreprise Escouade canine offrait des services de gestion animalière à plusieurs municipalités en Beauce et en Estrie.
Capture d’écran Google Maps
« Les chats agonisaient dans leur cage sans recevoir de soins », a expliqué la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Lindsay Lefebvre.
L’enquête policière a démontré que l’entreprise manquait d’argent pour payer la médication et un vétérinaire et que ce manque de fonds était attribuable au fait que Bédard utilisait les entrées d’argent pour des fins personnelles.
« Nombreux » décès
Pour vaincre la surpopulation de chats, Simon Bédard demandait à deux employés d’abandonner des chats dans des rangs au lieu de les ramener au refuge.
Des chats ont également été amenés à l’extérieur de son domicile et laissés en proie aux coyotes.
Il lui est aussi arrivé de demander à son équipe de « faire le ménage » sans préciser comment. Les deux travailleurs mettaient alors des chats morts ou malades dans un sac de poubelle et le mettaient au congélateur.
« Il est impossible de connaître avec précision le nombre de chats qui ont péri de ces façons décrites précédemment, mais malheureusement nous pouvons constater qu’ils ont été nombreux », a ajouté la procureure.
« L’accusé reconnaît que son insouciance face à l’état de la situation à l’Escouade canine fait en sorte qu’il serait reconnu coupable suivant un procès », précise l’exposé des faits.
Le dossier a été fixé à la fin juillet pour fixer la date des observations sur la peine. La confection d’un rapport présentenciel a été ordonnée.
Rappelons que deux anciens employés de l’Escouade canine ont également réglé leur dossier en lien avec les événements. Chloé Roy a obtenu une absolution conditionnelle avec travaux communautaires, alors qu’Ève Chaussé a eu une peine de neuf mois dans la collectivité.




