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Cancer de l’ovaire: quand écouter son corps vous sauve la vie

En mars 2024, Mme Nadeem a réalisé qu’elle avait des symptômes anormaux. «On recule dans le temps en 2023, je venais d’avoir 36 ans, et, au mois de mars, j’étais fatiguée et j’avais des douleurs au ventre qui persistaient et qui empiraient», explique la maman de deux enfants.

Elle avait de la difficulté à manger. Elle avait faim, mais elle était incapable de se nourrir.

«Je sentais une pression en dedans de moi, comme les premières semaines de grossesse. Ces symptômes m’ont fait réaliser qu’il y avait peut-être quelque chose», ajoute Mme Nadeem.

Ce type de cancer est extrêmement difficile à détecter. «On n’a pas de bonne façon de faire le dépistage», souligne la docteure Korine Lapointe-Milot, gynécologue oncologue au CHUS Fleurimont.

La Société canadienne du cancer estime que 3100 femmes par année (2025) recevront un diagnostic de cancer de l’ovaire.

Et 2000 en décèderont.

en Estrie, 33 femmes ont reçu un diagnostic de ce cancer en 2025.

«Et il faut comprendre que la majorité va en décéder», se désole la gynécologue oncologue.

À l’écoute de son corps

Pour Alvina Nadeem, avoir été à l’écoute de son corps lui a sauvé la vie.

«Je suis ingénieure et j’avais une curiosité. En novembre 2022, j’avais déjà accès à ChatGPT, je l’utilisais au travail, donc j’avais une curiosité. Au lieu d’aller voir sur Google, je posais des questions et je me tenais un journal. Au début, je ne pensais pas au cancer!» explique-t-elle.

C’est grâce à l’application qu’elle a pu documenter ses symptômes.

«Je suis allée voir un médecin ensuite, et c’est là que le doc a dit que mon utérus était enflammé. Ça prenait également la curiosité du médecin. On a ensuite découvert une masse suspecte sur mon ovaire gauche», ajoute Mme Nadeem.

Ce qu’il faut savoir, c’est que le test Pap (ou la cytologie) est un examen de dépistage gynécologique qui prélève des cellules du col de l’utérus. Mais il ne détecte pas le cancer de l’ovaire.

«Il faut rassembler les symptômes. Chaque symptôme seul n’a l’air de rien, mais si mis ensemble et qu’ils persistent dans le temps, il faut aller consulter», prévient Mme Nadeem.

Elle a fait plusieurs semaines de chimiothérapie, entre les mois de mars et septembre 2023.

«Je devais penser à comment j’allais expliquer aux enfants que j’allais perdre mes cheveux. Pourquoi maman se transforme en ce moment et qu’elle ne ressemble pas aux autres mamans.»

Comment et pourquoi?

Selon la docteure Lapointe-Milot, le cancer des ovaires est le quatrième plus meurtrier.

«Il n’y a pas de signes avant-coureurs, on l’appelle le silent killer. Il y a une bonne proportion des patientes qui vont en décéder. Ce sont des symptômes de maladie intra-abdominal. […] Ce cancer se développe rapidement.»

Tout comme Mme Nadeem, les femmes qui sont touchées par ce cancer ont moins d’appétit, elles se sentent ballonnées et très inconfortables.

«Elles vont prendre du poids au niveau du ventre, mais elles vont perdre du muscle dans le reste de son corps», précise Dre Lapointe-Milot.

Ce type de cancer est généralement difficile à détecter, puisqu’il y a plusieurs phases à la progression.

«Le cancer de l’ovaire n’est pas causé par un virus et il évolue rapidement, sans ou avec très peu de symptômes, comparativement au cancer du col, qui lui, est causé par le virus (virus du papillome humain) et qui a une évolution en pré cancer et cancer qui est très lente. Ce qui nous permet de le dépister le pré cancer et le cancer du col précocement», ajoute-t-elle.

Toutes les personnes qui sont nées avec des ovaires courent un certain risque de développer un cancer de l’ovaire.

Cette maladie touche une Canadienne sur 75.

Certaines femmes courent un risque plus important que d’autres en fonction de leur âge, de leur origine ethnique, de leurs antécédents familiaux de certains cancers, de leurs antécédents reproductifs et de la présence de mutations génétiques particulières.

«Ce qu’il faut savoir c’est que, si on a des menstruations avant l’âge de 12 ans et une ménopause après 55 ans, c’est un facteur de risque. Le fait de ne pas avoir eu d’enfant est aussi un facteur de risque», précise la docteure.

Cela s’explique par le fait qu’il n’y a jamais d’arrêt dans l’ovulation.

«Lorsqu’on est enceinte ou qu’on allaite, on bloque l’ovulation. La prise de contraceptif va stopper l’ovulation et va diminuer le risque de cancer jusqu’à 50 %.»

De plus, selon les données actuelles, environ 25 % des cas de cancer de l’ovaire sont héréditaires.

Les porteurs de mutations des gènes BRCA1 ou BRCA2 ont un risque accru de développer certains cancers, notamment du sein (jusqu’à 85 %) et de l’ovaire (jusqu’à 25 %).

Sensibilisation

Le mois d’avril est le mois de sensibilisation au cancer de l’ovaire. Encore aujourd’hui, trop de diagnostics sont posés à un stade avancé, ce qui entraîne des taux de survie préoccupants.

Les diagnostics tardifs entraînent un pronostic défavorable: les taux de survie à cinq ans sont de 41 % et 20 % aux stades trois et quatre respectivement.

Quant à Mme Nadeem, elle compte bien poursuivre son devoir de sensibilisation en siégeant au conseil d’administration du Cancer de l’ovaire Canada.

Il est possible d’avoir plus d’information et de conseils en visitant le site Web de Cancer de l’ovaire Canada.

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