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Suppléments sur les billets et annulations | Maux de tête en vue pour les voyageurs

La saison estivale s’annonce turbulente pour les voyageurs. Après les suppléments sur les billets d’avion, gracieuseté de la flambée des prix du pétrole, c’est l’offre de vols qui pique du nez en raison des réserves mondiales de kérosène qui ne cessent de s’amenuiser.


Publié à
6 h 00

Transat en est le plus récent exemple chez nous. Le spécialiste du voyage d’agrément a emboîté le pas à Air Canada et à WestJet. La compagnie à l’étoile bleue prolonge la suspension de son service vers Cuba et réduit la fréquence de liaisons avec l’Europe et les Caraïbes. Cela représente l’équivalent d’environ 6 % – près de 700 vols, selon les données de la firme Cirium que nous avons compilées – de sa capacité entre mai et octobre.

« C’est une petite vague et on n’en a pas fini avec cela, prévient l’expert en aviation et chargé de cours à l’Université McGill John Gradek. On aura un été mouvementé. Prenons un vol Montréal-Paris d’Air Transat : on peut penser à un vol par jour plutôt que deux. »

Les compagnies aériennes sont frappées sur deux fronts par la guerre en Iran. Il y a la flambée des prix du carburant d’aviation – l’une de leurs principales dépenses – ainsi que de potentielles ruptures de stock en Europe.

Pour absorber une partie du choc pétrolier, les compagnies aériennes font payer une partie de la facture à leurs clients. Des suppléments variant entre 25 $ et 60 $ ont été ajoutés au prix de certains billets. Air Canada a aussi augmenté ses frais de bagages, qui passent de 35 $ à 45 $ pour le premier bagage enregistré en classe économique de base sur les vols intérieurs, ainsi que ceux qui desservent les États-Unis et les destinations de vacances, notamment. Chez United Airlines, mercredi, la haute direction du géant américain a signalé son intention d’introduire des hausses de prix pouvant atteindre jusqu’à 20 %.

Visiblement, cela est insuffisant.

Les transporteurs doivent aller plus loin et abandonner des liaisons non rentables, où les coefficients de remplissage sont moins élevés. Au Canada, l’effet est encore limité. Chez WestJet, la baisse est semblable à celle d’Air Transat.

Du côté d’Air Canada, plus important transporteur aérien au pays, on a retranché des vols vers l’aéroport new-yorkais John F. Kennedy depuis Montréal-Trudeau et Pearson (Toronto), en plus d’annuler des liaisons comme Fort McMurray–Vancouver et Yelloknife–Toronto.

De l’autre côté de l’Atlantique, c’est une autre histoire. Un exemple : Lufthansa compte éliminer 20 000 vols court-courriers sur le territoire européen. D’autres géants comme KLM France ont aussi apporté des ajustements.

« On peut augmenter le prix des billets, mais à un certain moment, le consommateur risque de dire : “Je n’ai plus les moyens de prendre l’avion”, souligne Robert Kokonis, président de la société de conseil AirTrav. Plutôt que de détruire la demande, les compagnies aériennes ajustent tout simplement leur offre. »

Du carburant pour rentrer ?

Reste l’enjeu des réserves de carburant d’aviation en Europe.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, des pays pourraient se retrouver à sec d’ici six semaines. D’après l’organisation, le Moyen-Orient fournit les trois quarts des importations nettes de kérosène du Vieux Continent. Il n’y a toujours pas de ravitaillement puisque le détroit d’Ormuz semble toujours fermé.

Cette pénurie potentielle est à des milliers de kilomètres de chez nous, mais elle pourrait finir par toucher les voyageurs qui prévoient traverser l’Atlantique si le conflit en Iran perdure.

En Italie, par exemple, quatre aéroports – Milan-Linate, Bologne, Venise et Trévise – ont déjà prévenu les transporteurs que ce sont les avions qui effectuent des vols d’au moins trois heures qui sont désormais ravitaillés en priorité. En Asie, des pays comme la Corée du Sud ont resserré les exportations de kérosène.

« C’est le genre de situation qui risque de se propager en Europe si rien ne change, prévient M. Gradek. Les vols internationaux ne sont pas encore à risque, mais à l’intérieur du continent, cela pourrait être une autre histoire. »

À terme, donc, les transporteurs qui offrent des vols transatlantiques, comme Air Transat, Air Canada et WestJet, pourraient finir par écoper. Les trois compagnies affirment pour l’instant qu’il n’y a pas de risque imminent.

Si vous voyagez dans le marché nord-américain, vous pouvez dormir tranquille.

Le Canada abrite des raffineries qui produisent du carburant d’aviation. Au Québec, par exemple, la raffinerie Jean-Gaulin de Valero à Saint-Romuald en produit, d’après son site web.

En savoir plus

  • 2,9 %
    Croissance moyenne des prix des billets d’avion au Canada en mars dernier par rapport à la même période en 2025

    Source : Statistique Canada

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