Incendie dans un centre de recyclage | Montréal révoque le permis d’exploitation de l’entreprise

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Le centre de recyclage de métaux où a eu lieu jeudi un incendie majeur, à Montréal-Est, est dans la mire des autorités. L’administration Martinez Ferrada a révoqué tous les permis d’opération de l’entreprise American Iron & Metal (AIM).
Publié à
7 h 31
Mis à jour à
11 h 21
« Malgré les demandes répétées de mise aux normes faites par la Ville de Montréal depuis des années, des dépassements récurrents […] de particules et de métaux continuent d’être mesurés à la limite de propriété du site de l’entreprise », a indiqué la Ville dans un communiqué de presse.
Celui-ci a été publié quelques heures à peine après que le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) eut été alerté vers 5 h 20 pour un incendie au 9100 boulevard Henri-Bourassa Est, soit le siège social d’AIM qui est situé dans le secteur de Montréal-Est.
Au total, une cinquantaine de pompiers ont été mobilisés pour combattre les flammes qui n’ont fait aucun blessé, selon la porte-parole du SIM, Annick Vaillancourt. Ce sont des déchets et des véhicules qui ont pris feu. La Santé publique a prévenu que la qualité de l’air pourrait être affectée dans plusieurs secteurs de la métropole.
La Ville affirme que l’incendie n’a rien à voir avec la révocation du permis. Il s’agirait d’une pure coïncidence : la décision était prise depuis un moment et devait être rendue publique en milieu de journée.
Montréal soutient avoir demandé dès mai 2025 à l’entreprise de fournir un plan pour se conformer à la réglementation et respecter les valeurs limites de métaux et de particules.
Or, les documents qui ont été transmis par AIM n’ont « pas réussi à faire la démonstration que des modifications aux procédés permettraient de satisfaire les exigences », affirme la Ville. L’appareil municipal dénonce aussi que l’équipement d’épuration est insuffisant pour contrôler les particules.
Un long historique
Ces dernières années, de nombreuses interventions ont eu lieu sur le site de Montréal-Est. En octobre 2024, par exemple, la municipalité avait suspendu le permis d’un équipement émetteur de particules, une décision qui fait présentement l’objet d’une poursuite d’AIM devant les tribunaux.
Selon nos informations, il n’est pas exclu que la révocation des permis fasse de nouveau l’objet de procédures judiciaires entre la Ville et l’entreprise.
La compagnie tente par ailleurs depuis un moment de faire invalider en partie un nouveau règlement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sur les rejets de polluants dans l’atmosphère, affirmant qu’il est discriminatoire, abusif et déraisonnable.
En février 2025, La Presse rapportait que American Iron & Metal était dans la mire du fédéral pour avoir rejeté des biphényles polychlorés (BPC) dans un parc de l’arrondissement d’Anjou jouxtant à son usine de Montréal-Est. Selon une inspection datant de 2022, les montagnes de ferraille observées sur le site comportaient des substances pouvant provenir de « condensateurs électriques ouverts, percés ou écrasés ».
Plus récemment, le 3 novembre dernier, une concentration de BPC dépassant 90 fois la valeur permise a été mesurée. Le 4 juin 2025, une concentration 23 fois plus élevée a également été enregistrée.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE
Un important incendie s’est déclaré jeudi matin dans un site industriel de Montréal-Est appartenant au géant du recyclage American Iron & Metal.
Qui est AIM ?
American Iron & Metal est une entreprise québécoise également connue sous le nom Fer et Métaux Américains et fondée en 1936 par Peter Black. AIM se décrit comme « un chef de file mondial dans la récupération et le recyclage du métal ». Elle compte plus de 3500 employés sur 130 sites dans le monde.
« Le feu a commencé cette nuit dans un amas de ferraille, a déclaré lors d’un court entretien à La Presse le fils du fondateur et PDG actuel, Herbert Black. Ce qu’on pense, c’est qu’une batterie de vélo aurait posé problème. On s’en est rendu compte rapidement et on a réagi rapidement. Tout est sous contrôle, à 100 % ». L’homme d’affaires assure qu’aucun produit toxique n’est impliqué dans l’incendie.
L’intervention était toujours en cours vers 8 h 45. « Ce n’est pas maîtrisé, ce n’est pas éteint », indique Mme Vaillancourt, qui précise que de la mousse est utilisée pour contrer les flammes. Pour sa part, Urgence Environnement a été avisé tôt en matinée de l’incendie. Le ministère de l’Environnement confirme que celui-ci « aurait été causé par une batterie et se serait propagé dans un amas de ferraille ».
De 2012 à 2024, le ministère québécois de l’Environnement a imposé 18 sanctions à American Iron & Metal. Les manquements reprochés au géant québécois du recyclage de fer sont souvent en lien avec le respect des autorisations qui encadrent ses activités.
En septembre 2024, par exemple, l’entreprise n’a pas disposé adéquatement, sur un de ses sites, des matières résiduelles comme le béton, la brique, du métal et des morceaux de caoutchouc. Les manquements d’AIM ont été constatés dans 13 municipalités différentes.




