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Enquête publique sur la mort d’une ado: «elle voulait arrêter de souffrir»

Maëlyne Lugez a été retrouvée inanimée dans un ruisseau à Saint-Jean-Chrysostome, le 7 novembre 2024, à moins d’un kilomètre de l’école secondaire de l’Horizon, qu’elle fréquentait. L’adolescente avait été portée disparue la veille, lorsqu’elle ne s’est pas présentée à son premier cours de l’après-midi.

La première journée de l’enquête publique sur son décès s’est terminée dans l’émotion. Le frère de la victime, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication parce qu’il est mineur, a témoigné.

«Ma sœur était quelqu’un de très gentille, assez renfermée. Elle était assez à l’écoute, quelqu’un de très belle», a-t-il souligné.

L’adolescent reconnaît que sa sœur avait des difficultés. Elle les confiait «par moments» à son frère. «C’était quelqu’un qui avait extrêmement de la misère à se faire des amis, à parler à d’autres personnes, à s’ouvrir, sur tous les sujets», souffle-t-il.

Repartir à zéro

Le coroner, Me Luc Malouin, a ouvert l’enquête en exprimant ses sympathies aux deux parents de la victime, qui étaient présents dans la salle.

«La perte d’une enfant de 13 ans est une épreuve difficilement concevable. Bien que nul ne puisse véritablement mesurer une telle douleur, je veux vous assurer que cette enquête sera menée avec le plus grand respect», a-t-il déclaré.

Le rapport du coroner qui s’est penché sur son décès a conclu à une noyade accidentelle. Son père, Samuel Lugez, avait dénoncé publiquement cette conclusion, estimant que la détresse psychologique de Maëlyne et certaines lacunes institutionnelles auraient contribué à sa mort.

Ce rapport ne sera pas pris en compte pendant l’enquête publique. «Nous repartons à zéro. Nous reconstruirons ensemble la trame des événements à partir de la preuve présentée ici dans ce tribunal. On efface l’ardoise et on recommence», a soutenu Me Malouin.

«Souffrante»

Dans la soirée du 5 novembre 2024, soit deux jours avant la découverte de son corps, Maëlyne a tenu des «propos inquiétants» à son père, qui ont nécessité une évaluation d’urgence par un intervenant du 811.

Cet intervenant a raconté son intervention lundi matin. Martin Vaillancourt décrit Maëlyne comme «souffrante», mais «collaborative» lors de sa conversation avec elle, le 5 novembre.

L’élève de première secondaire lui avait confié vivre de l’intimidation de la part d’un étudiant en particulier. Elle avait discuté avec lui de ses idées noires et de son anxiété. «Elle voulait arrêter de souffrir», rapporte M. Vaillancourt.

À la suite de sa rencontre en privé avec Maëlyne, l’intervenant a conclu qu’il n’y avait «pas de dangerosité». Il a classé le degré de risque au 2e rang sur 4, considérant que Maëlyne Lugez n’avait pas un «plan clair» pour s’enlever la vie.

Accident ou geste volontaire?

Le Dr Yann Dazé Factuel, qui a effectué l’autopsie sur la victime, a détaillé ses démarches en après-midi. Selon lui, la cause la plus probable du décès de Maëlyne est la noyade.

S’agit-il d’un geste volontaire ou d’un accident? Le médecin n’a pas pu se prononcer. Mais de manière générale, il estime qu’une personne peut s’enlever la vie en gardant la tête dans l’eau pendant quelques secondes.

«J’en ai vu suffisamment souvent [dans ma carrière] pour être personnellement convaincu que c’est possible de le faire, évidemment avec énormément de volonté, bien que ça semble dénué de bon sens», note le Dr Dazé Factuel.

Les analyses toxicologiques n’ont pas détecté de médicament ou de drogue en quantité toxique dans le sang de Maëlyne.

Un texto préoccupant

Isabelle Lizotte, éducatrice spécialisée à l’école l’Horizon, a également témoigné lundi. Elle affirme que Maëlyne n’était «pas du tout» une consommatrice et qu’elle n’avait pas l’habitude de manquer ses cours.

En fin d’après-midi, elle a révélé l’existence d’un texto qui aurait été envoyé à la meilleure amie de la victime, le jour de sa disparition. Dans ce message, qui n’a pas encore été rendu public, l’adolescente aurait confié ne pas bien aller.

Le père et la mère de Maëlyne Lugez doivent témoigner mardi dans le cadre de cette enquête.

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