Canadien – Lightning | Sans Dobson, la défense tient le coup (jusqu’ici)

À l’aube des séries éliminatoires, qui aurait parié sur les chances qu’après trois matchs, le Canadien de Montréal soit l’équipe la plus chiche du circuit pour les tirs accordés de l’enclave ? Contre le Lightning de Tampa Bay ? Sans Noah Dobson ? Dans cette économie ?
Publié le
25 avril
C’est pourtant dans ce monde que nous vivons. Une explosion des Floridiens au quatrième match de la série, ce dimanche, pourrait changer radicalement le portrait. Mais pour l’heure, force est d’admettre que le Tricolore s’en sort drôlement bien derrière sa ligne bleue.
Les joueurs du Lightning, en réalité, passent beaucoup de temps en territoire montréalais, à plus forte raison en possession de la rondelle. Mais quand on s’intéresse aux tirs cadrés, la proportion descend. Et quand on regarde les chances de marquer de qualité, les rôles s’inversent carrément.
Au cours des trois premiers duels de la série, le Lightning a cadré neuf tirs depuis la zone à « haut danger » définie par le site de statistiques avancées NHL Edge – grosso modo, l’espace entre le filet et les points de mise en jeu. Cela place son attaque au dernier rang parmi les 16 clubs toujours en action – et, conséquemment, la défense du Canadien au premier rang. Pendant ce temps, la Flanelle a touché la cible 23 fois depuis la zone payante, en septième place du circuit.
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Brandon Hagel tente de déjouer la vigilance de Jakub Dobeš, vendredi soir.
Il est vrai que les gros canons du Lightning se cherchent. Hormis Brandon Hagel, personne dans le top 6 offensif ne connaît jusqu’ici une série transcendante. Or, si ces joueurs vedettes échouent à s’installer dans l’enclave, c’est probablement parce que quelqu’un les en empêche.
Chez le Canadien, on vante un effort collectif qui porte ses fruits. « Nos attaquants font de l’excellent travail dans notre zone, a insisté Lane Hutson, samedi matin. Défensivement, on a été efficaces [sharp], et c’est plaisant de pouvoir y contribuer. On veut continuer comme ça. »
« Tout le groupe, on se concentre là-dessus, a confirmé Mike Matheson. Tout le monde fait du bon travail pour s’assurer que la rondelle reste en périphérie. »
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Mike Matheson (8) et Jakub Dobeš (75) tentent de contrer Nikita Kucherov (86) lors du match de vendredi.
Rare absence
Martin St-Louis a lui aussi soutenu que la protection de l’enclave n’était pas le seul travail de ses défenseurs. Il n’en demeure pas moins que, pour la première fois depuis le début de la campagne, le Tricolore doit se débrouiller en l’absence prolongée d’un de ses trois piliers en défense.
En effet, au cours des 80 premiers matchs de la saison, Mike Matheson, Lane Hutson et Noah Dobson, de loin les trois arrières les plus utilisés du club, ont raté un total de deux matchs.
Lorsque Dobson s’est blessé au « haut du corps » en toute fin de parcours, c’est en quelque sorte un fil conducteur qui s’est rompu.
À ce sujet, il avait été annoncé il y a deux semaines que son cas devait être « réévalué » ce week-end, mais l’organisation n’était pas en mesure de fournir une mise à jour de la situation, samedi. Sur le réseau Bluesky, le journaliste Luc Gélinas, de RDS, a toutefois écrit que le Prince-Édouardien avait patiné en solitaire pour la première fois.
Le défi de le remplacer s’annonçait colossal. Néanmoins, « on n’a jamais cherché des excuses quand on a perdu des gars », a martelé Martin St-Louis.
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Noah Dobson
« Ça donne toujours une occasion pour quelqu’un d’autre, a poursuivi l’entraîneur-chef. Les gars qui ont cette occasion, habituellement, ils élèvent leur jeu, et ça pousse le groupe. On n’essaie pas de les protéger. Et quand [le joueur blessé] revient en santé, le groupe est encore meilleur. On a toujours eu cette mentalité-là, ici. »
St-Louis comme Matheson ont noté la « profondeur » de cette escouade défensive. Elle se manifeste de deux façons. D’une part, on voit Arber Xhekaj et Jayden Struble, deux joueurs ayant peiné à rester dans la formation cette saison (surtout Xhekaj), jouer avec régularité, à l’intérieur de leurs forces. Utilisés quasi exclusivement contre les trios de soutien du Lightning, ils ont été quasi parfaits en trois matchs.
D’autre part, il y a la qualité des remplaçants. Les responsabilités de Dobson, en effet, sont essentiellement réparties parmi les membres du top 4 de contingence, nommément Matheson, Hutson, Kaiden Guhle et Alexandre Carrier.
Carrier a été particulièrement efficace, surtout dans les matchs 1 et 3. Matheson et lui sont opposés aux meilleurs joueurs du Lightning à cinq contre cinq, la grande majorité des mises en jeu les impliquant ont lieu en territoire défensif et ce sont eux qui héritent de la part du lion en désavantage numérique.
Néanmoins, non seulement Carrier garde la tête hors de l’eau, mais il joue avec aplomb.
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Alexandre Carrier
« Il joue du bon hockey », a reconnu Martin St-Louis, ajoutant que la présence du numéro 45 est d’autant plus importante qu’il est droitier comme Dobson.
« Il brise des jeux et fait une bonne première passe, a salué Lane Hutson. En désavantage numérique, il est rigoureux et appliqué. Il est énorme pour nous. »
Mike Matheson a par ailleurs rappelé que son compatriote avait aussi élevé son jeu l’an dernier dans la série contre les Capitals de Washington. « La constance dans son jeu est vraiment impressionnante. Il fournit le même effort à chaque match, chaque jour. »
Au risque de nous répéter, ce bulletin résolument positif pourrait passer à la déchiqueteuse si le Lightning se déchaîne ce dimanche. Le moins que l’on puisse dire, toutefois, c’est que si le Canadien se retrouve en avance 2-1, c’est en grande partie parce que ses défenseurs ont nettement mieux protégé leur gardien que pendant la saison. C’est peut-être aussi ça, la fièvre des séries…




