Coccinelles au jardin : ce qu’elles mangent vraiment (et l’erreur à éviter si vous voulez les garder)

Au jardin, la petite boule rouge à points noirs attire tout de
suite le regard. On l’associe à la chance, on la sait précieuse
contre certains “pestes” du potager, mais une question reste
souvent floue : que trouve-t-elle vraiment dans son assiette ?
Derrière cette image de “bête à bon dieu”, la coccinelle cache en
réalité un mode de vie bien plus complexe.
En France, les entomologistes recensent un peu moins d’une
centaine d’espèces et, dans un seul département comme les
Deux-Sèvres, soixante et onze ont été observées entre 2016 et 2024.
Cette diversité cache des modes de vie très différents. Leur
assiette n’a donc rien d’un modèle unique.
Coccinelles : des espèces nombreuses aux régimes alimentaires
variés
La famille des coccinelles regroupe plusieurs
milliers d’espèces sur la planète, dont de nombreuses vivent sous
nos latitudes. La plupart sont carnivores et chassent de minuscules
insectes au corps mou ; une fraction se tourne vers les plantes ou
les champignons. Les scientifiques parlent d’espèces aphidiphages,
coccidiphages, acariphages ou aleurodiphages selon les proies
ciblées, pucerons, cochenilles, acariens ou mouches blanches.
Les coccinelles végétariennes suivent un régime
alimentaire pyrophage. Elles grignotent feuilles, fleurs,
tiges ou racines de cucurbitacées, haricots, pommes de terre,
carottes ou céleri et peuvent alors abîmer les cultures. D’autres,
dites mycophages, se nourrissent surtout de champignons et de leurs
spores. Quand les proies animales manquent, beaucoup d’adultes
complètent leur menu avec nectar, pollen ou miellat sucré, surtout
en sortie d’hiver.
Que mange une coccinelle carnivore dans un jardin français
?
Au jardin, la majorité des coccinelles aperçues sur les rosiers
ou les fèves sont des prédatrices. Les espèces aphidiphages font un
festin de pucerons et un adulte peut en avaler
plusieurs dizaines par jour. D’autres s’attaquent aux cochenilles,
aux acariens comme les araignées rouges ou aux aleurodes. En cas de
disette, certaines consomment aussi thrips, psylles, petites
chenilles, larves de punaises ou œufs d’araignées.
Les larves de coccinelles partagent la même
gourmandise. Les œufs, en grand nombre, sont souvent pondus
directement au cœur des colonies de pucerons. À l’éclosion, chaque
larve sombre tachetée d’orange reste sur place et dévore
méthodiquement tous les pucerons disponibles avant de se déplacer.
Selon l’espèce et le stade de développement, une larve engloutit
entre 50 et 150 pucerons par jour, ce qui en fait un auxiliaire de
choix pour limiter naturellement les ravageurs, quitte à manger au
passage quelques œufs ou jeunes larves d’autres coccinelles.
Comment nourrir les coccinelles
naturellement au jardin ?
Pour que ces auxiliaires s’installent durablement, le jardin
doit offrir nourriture et abris. Éliminer chaque puceron revient à
les priver de leurs proies ; mieux vaut accepter quelques foyers
sur des plantes pièges comme capucines, rosiers ou sureau. Elles
profitent aussi des pissenlits et marguerites riches en nectar et
en miellat, tandis que tas de feuilles ou tas de bois servent de
refuges hivernaux, à condition de se passer de produits
chimiques.




