Mi-mandat: vers une débandade républicaine signée Trump

Les républicains vont subir une défaite cuisante aux élections législatives de mi-mandat et les actions du président risquent d’accélérer leur chute.
La tendance historique, les sondages, l’inquiétude économique et le vent de panique qui règne parmi les élus républicains à Washington ne mentent pas : ça s’annonce mal pour le parti de Donald Trump.
Défaite en vue
Mettons d’abord au rancart l’idée saugrenue selon laquelle l’attentat de samedi contre Trump était une mise en scène pour lui attirer la sympathie du public. Non seulement ces théories du complot sont ridicules, mais l’effet de l’événement sur l’opinion sera aussi insignifiant que celui des attentats passés contre Trump.
En novembre, les républicains sont pratiquement assurés de perdre la Chambre des représentants et au Sénat, où un tiers des sièges sont en jeu, une courte majorité démocrate n’est pas totalement exclue.
C’est l’économie, stupide
Même quand tout va bien, le parti présidentiel perd presque toujours des plumes à mi-mandat. Cette année, ça va plutôt mal et les actions de l’administration ne font qu’empirer les choses.
L’économie américaine était sur une lancée très positive en 2024 et on détecte encore ce fond d’optimisme sur les marchés financiers, qui continuent de résister à bien des mauvaises nouvelles.
Ce sont les politiques de Trump qui ont plombé cette reprise. Ses tarifs ont nui au secteur manufacturier et ils ont ralenti l’investissement en introduisant une dose massive d’incertitude dans l’environnement économique. La hausse des prix à la pompe qui résulte de la guerre contre l’Iran vient assombrir davantage le tableau.
La plus mauvaise nouvelle pour les républicains est que la vaste majorité des Américains jette le blâme pour ces déboires économiques dans la cour de Donald Trump et de son parti.
De l’huile sur le feu
Le bilan des républicains est indéfendable, mais, dans le meilleur des mondes, ils pourraient adopter des mesures d’urgence pour éviter le pire d’ici novembre. Ce serait sans compter sur le don que peut avoir Donald Trump de continuer à creuser lorsqu’il est dans un trou.
Sur presque tous les fronts, on peut s’attendre à ce que le président fasse l’inverse de ce qui pourrait donner une chance à son parti de sauver les meubles.
En voulant mettre fin à la va-vite à une guerre qu’il a inutilement et imprudemment déclenchée lui-même, il risque d’accroître l’incertitude et de retarder d’autant le rétablissement des approvisionnements pétroliers mondiaux. Les prix à la pompe resteront élevés.
Et quoi de mieux pour faire oublier une guerre qu’en démarrer une autre tout aussi impopulaire, à Cuba, par exemple ? Sans parler de la difficulté qu’auront les élus à faire avaler une augmentation de 50 pour cent des dépenses militaires en coupant sur tout le reste.
Par-dessus tout, c’est son intolérance pour la dissension interne qui lui coûtera le plus cher. À l’approche des élections, Trump ne manquera aucune occasion d’attaquer les élus républicains qui tenteront naturellement de se distancer de ses politiques les plus impopulaires.
Après cette défaite prévisible, il se trouvera littéralement seul et isolé. Malheureusement, il est parvenu à concentrer tellement de pouvoir entre ses mains qu’il n’en sera pas moins dangereux.




