Tuerie à Tumbler Ridge | Des familles poursuivent Sam Altman et OpenAI

(San Francisco) Les victimes de la tuerie de masse survenue à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, au début de l’année, et leurs familles ont intenté une action en justice en Californie pour homicide involontaire contre OpenAI et son fondateur, Sam Altman.
Publié à
12 h 45
Mis à jour à
13 h 44
Dans les documents judiciaires fournis par les avocats représentant sept personnes touchées par la tuerie du 10 février, les plaignants accusent aussi l’entreprise d’intelligence artificielle et son fondateur de ne pas avoir averti les autorités et d’avoir aidé et encouragé la tuerie, entre autres allégations.
Parmi les plaignants figurent Maya Gebala, âgée de 12 ans, qui a été grièvement blessée par balle, et le père d’Abel Mwansa Jr., également âgé de 12 ans, qui a perdu la vie.
Le cabinet d’avocats Rice Parsons Leoni & Elliott LLP indique que les plaignants ont décidé d’intenter le procès en Californie en partie en raison des plafonds fixés pour les dommages-intérêts pour préjudice moral par les tribunaux canadiens.
Le cabinet précise dans une déclaration que la plus importante condamnation à des dommages-intérêts punitifs de l’histoire du Canada s’élevait à 1,5 million.
« En ce qui concerne les enfants assassinés, leurs successions ne sont pas autorisées à intenter des actions en dommages-intérêts contre OpenAI en Colombie-Britannique, et, dans la plupart des cas, les proches d’enfants tués injustement ne peuvent obtenir aucune indemnisation en vertu de la loi sur l’indemnisation des familles de la Colombie-Britannique », indique le cabinet.
M. Altman a présenté ses excuses la semaine dernière, car OpenAI n’a pas alerté la police l’année dernière lorsque ses employés ont identifié un comportement en ligne inquiétant chez la tireuse de 18 ans, Jesse Van Rootselaar. Quelques mois plus tard, elle a mené une tuerie de masse qui a fait huit victimes avant de se suicider.
« Je suis profondément désolé que nous n’ayons pas alerté les forces de l’ordre au sujet du compte qui a été banni en juin », s’est excusé M. Altman dans une lettre adressée à la communauté.
Dans une déclaration publiée par l’intermédiaire du cabinet Rice Parsons Leoni & Elliott, la mère de Maya Gebala, Cia Edmonds, a refusé les excuses de M. Altman, comparant la décision d’OpenAI de ne pas signaler à la police l’utilisation par la tireuse de son agent conversationnel ChatGPT à un « jeu de hasard » où seule la communauté pouvait se retrouver perdante.
« As-tu utilisé ChatGPT pour rédiger tes “excuses”, Sam ? a demandé Mme Edmonds dans sa déclaration. Elles sont vides, sans âmes et dépourvues de toute chaleur humaine. Seule une machine aurait pu assembler ces mots et appeler cela des excuses. »
« Tumbler Ridge a pris connaissance de tes “excuses”, Sam. Nous ne les acceptons pas », a-t-elle déclaré.
Les victimes et leurs familles affirment qu’OpenAI a pris la décision délibérée de ne pas avertir la police, sachant que l’ajout de protocoles de sécurité adéquats à ChatGPT ferait perdre des parts de marché à l’entreprise.
Les plaignants soutiennent également que la désactivation du compte de la tireuse était trompeuse, car l’entreprise fournit des instructions claires aux utilisateurs sur la manière de créer de nouveaux comptes.
OpenAI a indiqué que Jesse Van Rootselaar disposait d’un deuxième compte, en plus de celui qui a été fermé.
« Ces instructions n’étaient pas le fruit du hasard, indique la plainte. L’absence de mesures de sécurité non plus. Elles s’inscrivent dans une tendance. Après chaque tragédie, OpenAI promet de faire mieux. Mais elle ne promet jamais de faire la seule chose qui ferait réellement la différence : empêcher ChatGPT d’interagir avec les utilisateurs sur la violence et l’automutilation dès le départ. »




