Yanni Gourde était une peste, même du temps des Tigres: «Ça a toujours été son identité», a confié Phillip Danault, son ancien coéquipier

À l’aube de cette série, les partisans du Canadien s’attendaient à détester Nikita Kucherov, qui les avait nargués lors de la finale de la coupe Stanley en 2021. Ils s’attendaient également à haïr Corey Perry qui, à 40 ans, demeure l’une des pestes les plus efficaces de la LNH.
Jamais, cependant, ils ne se seraient doutés qu’ils allaient développer du ressentiment pour Yanni Gourde, l’un de leurs semblables. Se trouvant déjà un peu sous leur épiderme, l’attaquant de Saint-Narcisse est devenu l’un des mal-aimés du Lightning lors du deuxième match, en faisant des simagrées à Arber Xhekaj après une altercation et en malmenant quelque peu les arrières du Tricolore.
Un style dont on ne s’attendrait pas d’un joueur de son gabarit, sauf pour ceux qui se souviennent de lui à l’époque où il portait les couleurs des Tigres de Victoriaville.
Photo Martin Chevalier
Phillip Danault a été le coéquipier de Gourde chez les Tigres pendant les trois campagnes complètes de ce dernier (de 2009-2010 à 2011-2012) dans les Bois-Francs. À son ultime saison, Gourde avait dominé le classement des pointeurs de la LHJMQ avec une récolte de 124 points.
« Il était un peu plus offensif à l’époque, mais il a toujours été ce genre de joueur fatigant », a indiqué Danault, à quelques heures du quatrième match de la série. « Il était toujours dans la face de l’adversaire. Yanni. Ça a toujours été son identité. »
« Yanni, il n’a jamais reculé devant rien, confirme son entraîneur de l’époque à Victoriaville, Yanick Jean, qui dirige maintenant les Saguenéens de Chicoutimi. Il a compris à un jeune âge ce qu’il devait faire pour avoir un impact. Certains joueurs sont unidimensionnels et jouent avec leur qualité, puis ça s’arrête là. Yanni a fait le nécessaire pour se rendre. »
Pas qu’une peste
L’attaquant du Canadien n’est donc pas surpris de le voir poursuivre dans la même veine.
« En plus, avec les années, il a pris de la confiance, il s’est battu un peu, il est devenu un homme », a déclaré Danault, de 14 mois le cadet de Gourde.
Mais Gourde n’est pas qu’une peste. Il est un joueur défensif très efficace. Ce n’est pas sans raison que Julien BriseBois, le directeur général du Lightning, l’a rapatrié l’an dernier, lors de la date limite des transactions, quatre ans après l’avoir perdu aux mains du Kraken de Seattle lors du repêchage d’expansion.
Depuis que l’affrontement s’est transporté à Montréal, ses compagnons de trio et lui appuient de brillante façon le travail de l’unité d’Anthony Cirelli dans la couverture des gros canons du Canadien.
« Il a toujours été un travailleur acharné et il a toujours travaillé plus que les autres », a fait valoir Danault. « Tu vois où ça l’a mené. »
Les échelons un par un
Danault fait ici référence au fait que son ancien coéquipier connaît une brillante carrière, malgré le fait qu’il n’ait jamais été repêché. Il a bourlingué pendant six saisons dans les ligues mineures, dont deux séjours dans la ECHL, avant de s’établir dans le meilleur circuit au monde.
« Il a gravi les échelons un par un et a fini par gagner deux coupes Stanley », a-t-il ajouté. « Deux coupes lors desquelles il a joué un rôle important. En tout cas, en 2021, en amenant de la profondeur sur la troisième ligne. »
Danault garde un souvenir vif de la finale de la Coupe Stanley de 2021, alors que Yanni Gourde s’était avéré une véritable épine dans le pied du Canadien.
Toutefois, lors du tournoi précédent, la contribution de Gourde avait été encore plus grande. Il avait récolté 14 points, dont 7 buts, en 25 rencontres.
Avec la collaboration de Kevin Dubé
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