Nids-de-poule : plus de crevaisons cette année, mais de moins en moins de roues de secours dans les voitures

De moins en moins de véhicules sont munis d’une roue de secours pour faire face aux nombreux nids-de-poule sur les routes de la province, qui ont contribué à une importante hausse des interventions de CAA-Québec pour des crevaisons cet hiver.
Les trous qui se font nombreux cette année sur la chaussée ont causé de fil à retordre à bien des automobilistes au cours des dernières semaines.
« J’ai eu des crevaisons, j’ai eu des dommages sur les roues en aluminium, j’ai eu des dommages sur la suspension, sur les ciseaux en avant », raconte Emmanuel Mountakis qui a eu pas moins de trois crevaisons après avoir roulé sur des nids-de-poule dans la dernière année.
Le conducteur, qui a pu reprendre la route de façon sécuritaire à chaque fois, se considère chanceux d’être habile de ses mains, mais surtout d’avoir une roue de secours sous sa camionnette de type « pick up.
Photo Agence QMI, MARIE-LAURENCE DELAINEY
Cet équipement se fait de plus en plus rare sur les voitures selon le patrouilleur chez CAA-Québec, Pierre-Alexandre Couvrette.
« On a des roues qui sont toujours de plus en plus grandes, qui prennent de plus en plus de place dans les coffres. Quand il est question d’une voiture électrique, en plus, il faut placer une batterie quelque part », explique-t-il.
Jusqu’à 50 % plus d’interventions pour des pneus crevés
CAA-Québec observe une hausse marquée des crevaisons liées aux nids-de-poule, particulièrement en début d’année.
En janvier et février, les interventions pour crevaison ont augmenté d’environ 50 % dans la région de Montréal, et d’environ 30 % dans le reste de la province par rapport à la même période l’an dernier. Le début du mois d’avril a aussi connu une hausse d’environ 30 % dans les régions de Montréal et de Québec, comparativement à 2025.
Photo Agence QMI, MARIE-LAURENCE DELAINEY
Sur le terrain, le patrouilleur constate non seulement une hausse des crevaisons, mais aussi une augmentation du nombre de véhicules dont la roue de secours est remplacée par une trousse de réparation.
« C’est rendu presque une norme pour le constructeur automobile de mettre le petit contenant qui met de la mousse de plus en plus, même sur des voitures anciennement qu’il y avait des pneus de secours », ajoute M. Couvrette.
Une solution à éviter
La trousse en question est composée d’un produit scellant et d’un compresseur d’air qui permet de colmater temporairement une crevaison et de regonfler le pneu. Cette solution ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs experts recommandent plutôt le remorquage.
« C’est sûr que le garagiste va te détester. Enlever cette mousse est un paquet de troubles. Ça prend du temps. […] Il n’y a pas grand monde qui est habitué à utiliser ça, explique le chroniqueur du Guide de l’auto, Antoine Joubert. C’est uniquement efficace dans la situation où tu roules sur un clou et que tu as une crevaison. Mais si tu as fendu un flanc de pneu dans un nid-de-poule, et que ta jante est endommagée et que ton pneu est déchiré, il n’y a rien à faire. »
Dans ce contexte, savoir quoi faire devient essentiel. Avant même de prendre la route, il est important de vérifier si votre véhicule est muni d’une roue de secours et où elle se trouve, que ce soit dans le coffre ou sous le véhicule.
Photo Agence QMI, MARIE-LAURENCE DELAINEY
Que faire en cas de crevaison ?
Advenant une crevaison, le patrouilleur de CAA-Québec rappelle qu’il faut d’abord quitter la chaussée et s’immobiliser dans un endroit sécuritaire.
« S’assurer que l’état du pneu, il faut voir est-ce qu’il est encore utilisable, est-ce qu’il est encore sécuritaire. Également, vous avez les outils, vous avez la bonne technique également pour le faire. Faites-le et assurez-vous de le gonfler à la bonne pression », conseille M. Couvrette.



