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La Presse à Paris | Charlotte Cardin séduit la Ville Lumière

Jamais Charlotte Cardin n’avait chanté devant une si grande foule venue juste pour elle. Or, elle a ému, fait chanter et danser l’Accor Arena de Paris et ses 15 000 spectateurs comme si de rien n’était, jeudi. Avec plus de chien que deux soirs plus tôt à Bruxelles. Et même un sourire en coin.


Publié à
19 h 49

Réglons d’emblée une chose : si fouler la scène d’une des plus grandes salles de la capitale française constituait un test pour Charlotte Cardin, elle l’a réussi haut la main. Son concert de jeudi à l’Accor Arena, une enceinte de la taille du Centre Bell, lui vaudrait même un score presque parfait.

La chanteuse québécoise a été impeccable du début à la fin, à la fois vulnérable et énergique, souriante et parfois frondeuse. Ce qui a visiblement emballé son public parisien, qui a été d’un enthousiasme bruyant.

RENAUD LABELLE, COLLABORATION SPÉCIALE

Charlotte Cardin sur la scène de l’Accor Arena de Paris, jeudi

Se produire à Bercy, ancien nom de l’Accor Arena, était un rêve de petite fille pour Charlotte Cardin. Elle a dit plus d’une fois pendant le concert combien elle était émue de s’y produire. Or, elle ne s’est pas laissé submerger par cette émotion.

Elle l’a plutôt transformée en un carburant qui l’a nourrie tout au long d’une prestation d’un peu plus d’une heure trente, qui s’est conclue par une apothéose dansante avec Feel Good, LA chanson qui a tout changé pour elle outre-Atlantique.

La chanteuse est d’abord apparue posant élégamment sur son piano à queue, au centre d’une scène inclinée à deux niveaux pour interpréter une chanson inédite intitulée The Beach. Un choix osé, qui n’a pas fait tiquer ses admirateurs.

L’instant d’après, elle donnait déjà un grand coup en interprétant The Way We Touch, son dernier single, que la foule connaissait visiblement déjà très bien. Elle arpentait la scène de long en large et de haut en bas avec une grâce naturelle dans sa tenue deux-pièces signée Yves Saint Laurent.

Une esthétique très classe

C’est un détail qui n’en est pas un : pour sa courte tournée d’arénas en France qui s’achevait jeudi à Paris, elle avait tout misé sur l’élégance. Son plateau blanc incliné était dépouillé. Incliné lui aussi, l’écran géant placé derrière la chanteuse a été utilisé avec doigté.

RENAUD LABELLE, COLLABORATION SPÉCIALE

Charlotte Cardin sur la scène de l’Accor Arena de Paris, jeudi

Plutôt que d’afficher des compositions complexes, abstraites et atmosphériques comme ça se voit souvent, il a le plus souvent été habillé de couleurs franches : du bleu, du rouge, de l’orangé, voire du blanc. Rien pour détourner l’attention du centre d’attraction, la chanteuse.

Car même si elle était accompagnée d’un bassiste-claviériste, d’un batteur, d’une saxophoniste et d’un quatuor à cordes, l’instrument le plus important des chansons de Charlotte Cardin – et à plus forte raison de ses concerts – c’est sa voix. Jeudi, elle a été fluide, forte, flexible, autant dans sa gravité soul (Meaningless, Confetti) que dans sa légèreté pop (Puppy).

Elle portait aussi quelque chose de plus brut, de plus assumé que lors de sa prestation à Bruxelles, mardi. On la sentait mordre, sourire en coin, dans ses chansons les plus baveuses, comme Daddy’s a Psycho. Cette énergie-là lui va à merveille et lui permet en plus d’éviter un piège, celui d’être parfaite à en être trop lisse.

Parfaitement maîtresse de sa grande scène, Charlotte Cardin a aussi captivé en s’installant sur celle, plus petite, montée au centre de l’amphithéâtre lors d’un segment intimiste où elle a reçu des invités. Qui ? Son amoureux Aliocha Schneider, pour commencer.

RENAUD LABELLE, COLLABORATION SPÉCIALE

Charlotte Cardin et Aliocha Schneider sur scène, jeudi

Ensemble, ils ont interprété Ensemble, chanson douce-amère sur les amours à distance écrite par ce dernier et que l’Accor Arena en entier a entonnée avec eux. Elle a aussi reçu ses amies November Ultra et Maro pour une fort belle reprise acoustique d’As It Was, empruntée à Harry Styles, et de sa chanson Faufile.

Des questions pour l’avenir

Après avoir assisté à des concerts de Charlotte Cardin à Bruxelles et à Paris ces derniers jours, un constat s’impose : dans ces deux villes, son public réagissait viscéralement à ses chansons en français. C’était patent à Bruxelles, un peu moins marqué à Paris, mais Tant pis pour elle et Feel Good se distinguent franchement du reste de son répertoire.

RENAUD LABELLE, COLLABORATION SPÉCIALE

Une pluie de confettis a accompagné la pièce Confetti

On l’a aussi senti lorsque Charlotte et Aliocha ont chanté Ensemble. Or, la plupart des chansons de l’artiste née à Montréal sont… en anglais. La réaction des fans suscitera sans aucun doute des réflexions chez la chanteuse et au sein de son équipe.

Après avoir tout donné à Paris, Charlotte Cardin dispose de quelques semaines de congé. En fait, non, pas vraiment : elle rentre bientôt à Montréal dans le but de mettre le point final à son prochain disque, prévu à l’automne. Elle reprend ensuite la route et passera l’été à arpenter les festivals de France, faisant aussi des sauts de puce pour chanter en Espagne, au Maroc, aux Pays-Bas, en Roumanie, en Hongrie et même en Pologne.

Charlotte Cardin a séduit la France, mais son ambition n’a pas changé : c’est le monde qu’elle vise.

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