L’élégance du roi Charles

On ne me soupçonnera pas d’une tendresse exagérée à l’endroit du roi d’Angleterre.
Non pas que je conspue l’homme, même si ses idées qui relèvent du progressisme mondain m’exaspèrent, non plus l’institution en elle-même, qui à l’échelle de l’histoire du monde, n’a pas qu’un passif.
Mais en tant que Québécois, je la vois comme une institution poussiéreuse et étrangère, qui n’a rien à faire chez nous. Je la vois comme un Irlandais la voit, pour le dire autrement.
Histoire
Mais cela ne m’a pas empêché de regarder avec sympathie le voyage de Charles III aux États-Unis, pour trois raisons.
D’abord, disons-le, alors que le président de la principale puissance mondiale, Donald Trump, verse dans la brutalité la plus décomplexée, et le culte de la force, le flegme britannique, l’esprit anglais, et dans les circonstances, l’humour du roi, faisaient sourire. On pouvait même y voir une correction distinguée à l’endroit du locataire de la Maison-Blanche.
Ensuite, parce que dans le monde du débraillé universel, Charles III est généralement reconnu comme un des hommes les plus élégants d’Europe. L’homme sait s’habiller, il nous rappelle qu’on ne sort pas de chez soi débraillé, non plus qu’habillé comme la chienne à Jacques.
Français
Le faux confort nord-américain en vient à sacrifier l’idée du beau. Il y a chez Charles une certaine idée de l’élégance qui nous civilise.
Enfin, le roi, dans une boutade, a rappelé que l’Amérique aurait bien pu être française. D’un coup, indirectement, sans avertir, le Québec réapparaissait dans l’histoire du monde. Une chose frappe alors : elle parle encore français. Chez nous. Au Québec. Et elle parlera encore français demain si vraiment on y tient.
Pour cela, il faudra conjuguer le courage de l’identité et de la souveraineté.




