95% des doses de vaccin contre la grippe aviaire au Canada ont fini aux poubelles

OTTAWA | Presque tout (95 %) le stock de vaccins contre la grippe aviaire acheté par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) en 2024 a fini aux poubelles parce que la demande n’avait pas été correctement analysée.
C’est ce qui ressort d’une analyse d’un rapport du Bureau du vérificateur général du Canada publié lundi.
Pour contrer une potentielle vague de l’influenza aviaire H5N1, l’ASPC a fait l’acquisition en août 2024 de 500 000 doses sur la base d’une estimation provisoire de la population à risque d’exposition, notamment les agriculteurs.
Six mois plus tard, en février 2025, elle déterminait après une analyse plus approfondie qu’elle avait déjà amplement de matériel pour lutter contre une éventuelle éclosion virale.
Avec un demi-million de doses déjà en stock, l’ASPC décide néanmoins un mois plus tard de commander du même fournisseur 370 000 doses supplémentaires du vaccin.
« Nous avons constaté que l’Agence n’avait pas d’analyse coûts‐avantages pour justifier cet achat », indiquent les auteurs du rapport.
L’ASPC dit avoir agi de la sorte pour être prête si jamais le profil de transmission du virus venait à changer et qu’un risque de pandémie se profilait à l’horizon.
Les premières doses ont été distribuées en mai 2025, mais ça ne s’est pas bousculé aux portes : sur les 870 000 doses au total, moins de 40 000 ont été envoyées aux provinces et 2300 ont été données à des institutions de recherche.
En février dernier, les vaccins non utilisés ont expiré, soit environ 95 % du stock.
Ceux-ci étaient entreposés dans l’entrepôt appartenant au gouvernement fédéral, mais « géré par le fournisseur ».
Combien ont coûté ces centaines de milliers de doses ? Impossible de le savoir.
« Le coût total de l’achat des vaccins est confidentiel conformément au contrat conclu entre l’organisation et le fournisseur », précise-t-on.
Toujours selon l’ASPC, une seule personne a contracté une infection grave au H5N1 au Canada, mais elle n’en est pas décédée. C’était en novembre 2024, en Colombie-Britannique.
Des cas sur des fermes et chez des animaux sauvages ont été constatés dans l’ensemble des provinces canadiennes et des abattages menés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments dans les dernières années ont permis de freiner la propagation du virus.
Un cas qui a retenu l’attention est celui d’une ferme d’autruches en Colombie-Britannique. En novembre dernier, plus de 300 autruches suspectées d’être porteuses du H5N1 avaient été abattues malgré la résistance des propriétaires de la ferme. L’affaire s’était même rendue en Cour suprême.
Dans le monde, 103 cas humains ont été détectés et 11 décès y sont reliés.




