Foire aux questions | Quel est l’appel téléphonique qui a le plus changé l’histoire ?

Publié le
3 mai
Winston Churchill, en 1941
L’appel entre le président américain Franklin D. Roosevelt et le premier ministre britannique Winston Churchill, le 7 décembre 1941, est l’un des plus importants de notre histoire. Ce jour-là, le Japon lance une attaque-surprise à Pearl Harbor, poussant les États-Unis à s’engager formellement dans la Seconde Guerre mondiale. Aussitôt la nouvelle annoncée, Churchill appelle Roosevelt pour en avoir la confirmation : « Nous sommes dans le même bateau, maintenant », lui aurait répondu Roosevelt. L’appel soulage particulièrement le premier ministre britannique qui s’empresse de confirmer la nouvelle au reste du pays. En effet, selon lui, avec les États-Unis maintenant entrés dans la guerre, la victoire était assurée. Le reste de l’histoire est bien connu !
Julien Lehoux, historien, coordonnateur du programme éducatif Je me souviens
PHOTO TIRÉE DE LA COLLECTION DE LA BIBLIOTHÈQUE MARGUERITE DURAND
Affiche des Répondeuses de 1979
Les Répondeuses, en 1977
En 1977, bien avant WhatsApp, Twitter et tout internet, un groupe de militantes féministes françaises, les Répondeuses, rebutées par les médias traditionnels auxquels elles ne font pas confiance, décide de profiter de l’arrivée sur le marché d’un nouvel outil électronique révolutionnaire : le répondeur téléphonique. Elles demandent deux choses à leur répondeur. D’une part, enregistrer les messages téléphoniques laissés par des femmes aux mille besoins – dénoncer de la violence, inviter leurs consœurs à des activités, diffuser une nouvelle politique pertinente, etc. Et, d’autre part, informer les interlocutrices par l’entremise de son message d’accueil. Car, chaque soir, des Répondeuses écoutent ce qui leur a été communiqué et résument les informations dans un court enregistrement renouvelé constamment pour toutes celles qui composent le bon numéro. Ce service d’information a existé de 1977 à 1984 et fut, à l’époque, un outil de communication essentiel pour la mobilisation du mouvement féministe français.
Marie-Claude Lortie, journaliste et autrice
PHOTO FOURNIE PAR UNIVERSAL STUDIOS
E.T., l’extra-terrestre
Un extra-terrestre, en 1982
Au cinéma, l’appel téléphonique qui a changé l’histoire remonte au mercredi 26 mai 1982. C’était soir de clôture au 35e Festival de Cannes. Pour l’occasion, on présentait E.T. l’extra-terrestre de Steven Spielberg. Un petit personnage tombé du ciel est oublié par les siens en Californie. Recueilli par Elliott (Henry Thomas) et Gertie (Drew Barrymore), E.T. n’a qu’une envie : retourner à la maison. « You want to call somebody ? », lui demande Gertie lorsqu’il pose son index sur le téléphone à boutons. « E.T. phone home », répond-il. Dans La Presse du 19 juin 1982, notre regretté collègue Serge Dussault écrivait : « E.T. commence un peu là où finissait Close Encounter. » Il avait raison. Dans les deux cas, il était question de… communiquer.
André Duchesne, journaliste retraité de La Presse
PHOTO TIRÉE DU COMPTE X @NBAHISTORY
Michael Jordan et Magic Johnson pendant les Jeux olympiques de 1992, à Barcelone
Magic Johnson, avant les JO de 1992
En 1989, la Fédération internationale de basketball permet aux joueurs de la NBA de participer aux Jeux olympiques. Encore fallait-il les convaincre d’y aller. Larry Bird, blessé, souhaitait passer plus de temps avec ses proches. Michael Jordan adorait passer ses étés sur les verts. C’est à Magic Johnson, troisième grande étoile de l’époque, que revient la tâche de les enrôler. Il leur lâche chacun un coup de fil. Bird accepte. Jordan ? C’est plus difficile, reconnaîtra Johnson après coup. « Je lui ai dit : on se tiendra ensemble tous les soirs. On jouera aux cartes. Tu pourras jouer au golf toute la journée. Tout ce que je te demande, c’est de venir compter 30 points dans la première demie, puis de t’asseoir. » Finalement, Jordan embarque. Ainsi naît la Dream Team, la formidable équipe américaine de basketball qui changera à jamais les tournois olympiques, notamment celui de hockey, que les étoiles de la LNH rejoindront en 1998.
Alexandre Pratt, chroniqueur de La Presse




