Routes en déroute: le fonds d’entretien de Québec en déficit

Nos routes et les infrastructures de transport collectif sont en décrépitude, et le fonds pour les entretenir se vide cinq fois plus vite qu’il ne se remplit, dévoile un nouveau rapport dévoilé jeudi, qui propose entre autres plus de péages pour regarnir les coffres.
Des routes qui se dégradent
Québec prévoit du financement pour s’occuper de seulement un tiers des routes en mauvais état dans les dix prochaines années, déplore le rapport de l’Alliance Transit, un regroupement d’une cinquantaine d’organisations qui défend le transport collectif.
Il faudrait en effet 24,5 G$ pour combler le déficit d’entretien des routes gérées par le ministère des Transports. Or, seulement 8,4 G$ sont prévus par Québec.
La situation ne semble pas plus reluisante pour le transport collectif, dont le financement stagne autour de 3,5 G$ par an depuis 2013. À lui seul, le métro de Montréal a une valeur de remplacement de 48 G$, et plus de la moitié de ses stations sont en mauvais état.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Un fonds qui se vide
Dans les années 1990, Québec s’est doté d’un fonds pour l’entretien du réseau routier, le Fonds des réseaux de transport terrestre (FORT). Les dépenses ont augmenté cinq fois plus vite que les revenus, creusant un déficit de 1,8 G$ en 2026-2027, révèle le rapport.
Les auteurs attribuent cet écart à la taxe sur les carburants qui n’a pas été indexée au Québec depuis 2013, maintenue à 19,2 cents/litre pour l’essence. « En pouvoir d’achat réel, c’est comme si on avait baissé les taxes sur les carburants », souligne Jean-Philippe Meloche, professeur à l’École d’urbanisme de l’Université de Montréal, qui était présent lors du dévoilement du rapport.
Plus de péages ?
Pour remplir les coffres, les auteurs prônent le principe d’utilisateur payeur qui pourrait prendre la forme de péages.
« L’outil du péage pour l’entretien du réseau serait très propice et en plus, il peut influencer le comportement des automobilistes et la demande de transport », a expliqué Samuel Pagé-Plouffe, porte-parole de l’Alliance Transit et directeur des affaires publiques à l’organisme Vivre en ville.
Jean-Philippe Meloche a rappelé que les péages peuvent prendre plusieurs formes, il peut s’agir de péages sur les autoroutes, mais aussi de péages pour contrôler la congestion, comme cela se fait au centre-ville de New York.
« L’idée, c’est d’ouvrir le débat. La taxe sur les carburants, elle ne fait plus le travail, il faut trouver le moyen d’envoyer un signal aux automobilistes que s’ils utilisent les routes, ça a un coût », a-t-il dit.
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