Réparation des routes: «Le système actuel n’est pas viable», avoue le ministre des Transports

L’état du routier et de l’ensemble des infrastructures québécoises préoccupe grandement le nouveau ministre des Transports, Benoit Charette.
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« Il ne faut pas se leurrer là, autant nos écoles, que nos hôpitaux et nos routes ont des besoins d’amour immenses », a-t-il déclaré, vendredi, en entrevue à l’émission de Mario Dumont à QUB radio et télé, diffusée simultanément sur les ondes du 99,5 FM à Montréal.
Ce dernier rappelle que la situation ne s’est pas dégradée du jour au lendemain, mais plutôt sur des décennies.
Le ministre estime que le gouvernement de la CAQ a injecté beaucoup d’argent dans le Plan québécois des infrastructures (PQI), mais admet que les impacts de ces investissements ont été limités.
« On en fait plus, mais les coûts ont augmenté, ce qui vient atténuer l’impact, mais on a doublé. On a doublé les budgets essentiellement au niveau du maintien d’actifs », clame-t-il.
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC
Le budget du PQI est passé d’environ 100 milliards $ en 2018 à près de 170 milliards $ dans le plus récent budget Girard.
« Donc une augmentation de près de 70 % et plus de 70 % de ces sommes-là vont au maintien d’actifs uniquement. Donc on n’ajoute pas d’écoles, on n’ajoute pas de routes, on n’ajoute pas d’hôpitaux avec 70 % des budgets, on ne fait que maintenir les actifs », déplore Benoit Charrette.
L’état des infrastructures dans le réseau scolaire s’améliore, soutient le ministre caquiste, tout comme dans le réseau de la santé.
« Au niveau des routes, tout dépendant des tronçons, ça s’améliore également, mais c’est un défi colossal. On essaie de rattraper des décennies de sous-investissements au niveau du maintien de nos infrastructures », affirme-t-il.
Environ 88 % du budget alloué au réseau routier va uniquement au maintien d’actifs, souligne le ministre Charette.
« Le système actuel n’est pas viable à moyen et long terme », martèle-t-il.
Péage et autres pistes de solutions
Le ministre des Transports ne semble toutefois pas particulièrement emballé par l’instauration d’un système de péage sur plusieurs routes et ponts au Québec.
« Les Québécois sont lourdement taxés et imposés. Donc avant de parler de péage, il faut réfléchir de façon sérieuse à la question », estime Benoit Charette.
Les revenus provenant de la taxe sur l’essence sont en baisse, principalement en raison de l’essor des voitures électriques.
Le ministre des Transports assure être à l’affût des innovations en matière de construction et de réparation des infrastructures.
« J’ai cette curiosité-là […] Je suis en fonction depuis quelques jours seulement, mais j’ai accepté une invitation d’une entreprise québécoise qui veut nous présenter, soi-disant, une technologie révolutionnaire au niveau de notre asphaltage. Moi, je suis très ouvert aux propositions. Il faut penser différemment. Si nos techniques peuvent être bonifiées, on va les bonifier », déclare Benoit Charette.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.




