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Avec «La Poésie de Madagascar de langue française», un concentré d’un siècle de vers

À Madagascar, c’est une première historique dans le monde des lettres : une anthologie de 100 ans de poésie malgache en français vient de paraître aux éditions Teny, avec le soutien du Fonds Yavarhoussen. C’est l’universitaire Dominique Ranaivoson qui a mené ce chantier. Elle est actuellement en tournée dans l’île pour présenter l’ouvrage dans les universités et les alliances françaises.

Publié le : 08/05/2026 – 13:59


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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Cent ans de poésie malgache en français réunis pour la première fois en un seul volume. Pour Dominique Ranaivoson, ce projet d’anthologie est né d’une conviction : embrasser un siècle d’écriture dans sa diversité et donner une visibilité internationale à des productions très éparpillées, parfois même oubliées pour des raisons y compris idéologiques.

Pour composer ce panorama, la maître de conférences a sélectionné trente poètes en cherchant l’équilibre entre styles traditionnels et modernes, entre générations, entre régions de l’île, entre disciplines.

On y retrouve des noms consacrés comme Jean-Joseph Rabearivelo, Dox ou Marie Francis Robinary, des voix tombées dans l’oubli faute d’archives, comme Flavien Ranaivo, et les nouveaux visages de la poésie actuelle comme Elie Ramanankavana ou Na Hassi.

« Il n’y a pas un modèle identitaire »

« C’est un objectif littéraire et esthétique de montrer qu’écrire de la poésie à Madagascar, ça n’est pas suivre un seul schéma, explique Dominique Ranaivoson. Il y a des écrivains qui ont écrit des Hainteny – c’est-à-dire quasiment de la traduction de la poésie orale – d’autres qui ont écrit des sonnets, c’est-à-dire quasiment de l’imitation de la littérature française, d’autres des vers libres. Il n’y a pas un modèle identitaire qui associerait un nom à une façon d’écrire ».

Une manière de rappeler aussi que la poésie sur la Grande île n’est pas une affaire d’élite. « Le rôle de la poésie à Madagascar est beaucoup plus important que dans d’autres pays parce que c’est un pays de tradition orale et on aime déclamer, ajoute l’universitaire. On aime la belle parole. La belle parole, ça a été les cantiques d’abord — les cantiques protestants ont été la matrice de la poésie. Aujourd’hui, tout le monde écrit des poèmes un peu partout. Des poèmes de circonstances : l’anniversaire dans une famille, une célébration quelconque, c’est tout à fait banal de traduire ça par la poésie. La poésie circule, elle n’est pas du tout le produit d’un milieu d’intellectuels ».

Un siècle de vers, trente voix, et la preuve qu’il n’existe aucun moule : Dominique Ranaivoson signe bien plus qu’une anthologie — elle rend à la poésie malgache sa pleine mesure.

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