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Stratégies commerciales de la SAQ | « Ça prend un débat public »

Certaines récentes stratégies commerciales de la Société des alcools du Québec (SAQ) ont été vivement critiquées, de différents côtés. On n’a qu’à penser au choix d’Uber comme plateforme pour un service de livraison rapide d’alcool ou à la multiplication des Zones SAQ dans d’autres commerces.


Publié à
6 h 00

« La SAQ est une société d’État, ça n’est pas une entreprise privée. Les décisions ne peuvent pas être prises derrière des portes closes, ça prend un débat public », a indiqué Martin Lachance, le président du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ-CSN.

Martin Lachance était accompagné vendredi matin d’un représentant de l’organisme Vivre en Ville qui a rappelé que la fermeture de certaines succursales de la SAQ l’année dernière avait été vivement critiquée par des maires et des mairesses du Québec, ainsi que par deux représentantes d’organismes de santé publique.

Ça n’était pas leur première sortie publique pour s’opposer aux pratiques de la SAQ.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Martin Lachance, président du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ-CSN, Laurence Ruel, chargée de projet à l’Association pour la santé publique du Québec, Sandhia Vadlamudy, directrice générale de l’Association des intervenants en dépendance du Québec, et Samuel Pagé-Plouffe, directeur des affaires publiques et gouvernementales de Vivre en Ville

« Nos inquiétudes, nos enjeux et nos demandes, il est important de les répéter jusqu’à ce qu’on voie des actions concrètes », a dit Laurence Ruel, chargée de projet à l’Association pour la santé publique du Québec.

« Il faut continuer, tant et aussi longtemps que l’on va voir qu’il y a des risques pour la population. »

Deux semaines après la présentation du nouveau plan stratégique de la SAQ, le groupe réclame un moratoire et des consultations publiques sur les changements stratégiques de la société d’État, l’adoption d’une politique de responsabilité territoriale et une obligation de rendre des comptes sur les décisions prises par le conseil d’administration et la haute direction de la SAQ.

Les porte-parole souhaitent profiter de la campagne électorale prochaine pour mettre la situation de la SAQ parmi les enjeux portés par les politiciens.

« Nous refusons cette banalisation »

Au cœur de leurs préoccupations, le fait que la société d’État n’a pas de mandat de santé publique.

« On ne peut pas, selon nous, célébrer les revenus sans regarder la facture globale de l’alcool », a expliqué Laurence Ruel, de l’Association pour la santé publique. Le groupe demande une étude d’impact des nouvelles initiatives menées par la SAQ.

« L’Organisation mondiale de la santé rappelle l’importance de maintenir des sociétés d’État qui sont fortes pour encadrer et réduire ces méfaits [liés à la consommation] », a rappelé Mme Ruel.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Laurence Ruel, chargée de projet à l’Association pour la santé publique du Québec

On se questionne : pourquoi, avec de nouvelles stratégies commerciales, aller chercher de nouveaux consommateurs alors que la consommation d’alcool diminue – on le voit dans les données ? Pourquoi aller à l’encontre des choix de la population qui veut réduire sa consommation d’alcool ?

Laurence Ruel, chargée de projet à l’Association pour la santé publique du Québec

La mission actuelle de la SAQ est purement commerciale, ont déploré les intervenantes, qui ont fait la comparaison avec la Société québécoise du cannabis (SQDC), qui, elle, fait une gestion de risque avec la vente du cannabis. Une incohérence et une logique de deux poids, deux mesures, selon l’Association des intervenants en dépendance du Québec.

« On ne veut absolument pas démoniser l’alcool, mais nous refusons aussi cette banalisation », a dit Sandhia Vadlamudy, directrice générale de l’Association des intervenants en dépendance du Québec, qui a parlé des stratégies marketing de la SAQ où l’on présente l’alcool comme un mode de vie positif.

« Le rôle de la SAQ peut évoluer et inclure des objectifs de santé publique », a-t-elle dit, ajoutant qu’une part plus importante des profits pouvait être réinvestie en prévention, traitement, recherche et réinsertion sociale.

À la suite de cette conférence de presse, la SAQ a publié une déclaration de son président. « Le rôle de la SAQ est clair : vendre de l’alcool de façon responsable et générer des retombées concrètes pour le Québec », a indiqué Jacques Farcy, qui « invite toutes les parties concernées à privilégier les canaux de dialogue déjà en place plutôt que d’être dans une critique systématique ».


Lisez « Nouveau centre de distribution de la SAQ : la modernité, à quel prix ? »

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