Tout le monde en parle : «passé date» mais encore bon

Jusqu’à la finale, l’émission de Guy A. Lepage et du coanimateur MC Gilles a dû affronter un match du Canadien, pour la troisième semaine consécutive.
Si vous étiez scotché au hockey, laissez-moi vous raconter.
En cette époque où tout coûte trop cher, les gens font la file très tôt le matin pour entrer chez Liquidation Marie, qui vient d’ouvrir une 12e succursale à Granby. La fondatrice et présidente de cette chaîne d’épiceries à rabais, Marieve Breton, rêve d’en avoir une cinquantaine d’ici trois ans.
Que ce soit des surplus d’inventaire ou des aliments en fin de vie, «on a vraiment de tout», affirme la propriétaire, qui parle de fromage, de yogourt, de céréales, de barres tendres et même de sel rose d’Himalaya tous expirés mais encore bons à la consommation.
L’idée est née dans son sous-sol à Valleyfield en 2012. «J’avais moi-même de la misère à arriver», raconte celle qui négocie très serré avec les grossistes, aux petites heures du matin.
Le succès de Liquidation Marie ébranle sans doute les gros joueurs.
«C’est sûr que ça dérange. En même temps, on n’est pas le même type de business. Nous, notre yogourt, ça se peut qu’il reste quatre jours avant l’expiration au lieu de quatre semaines.»
«Il y a du beau là-dedans. Il y a des gens qui allaient dans les banques alimentaires et qui viennent chez nous maintenant.»
— Marieve Breton
Celle qui revient de Chine avec son conjoint, où ils ont négocié pour des comptoirs-caisses, peut vendre de 50 à 80 % moins cher.
Victime de son succès, l’entrepreneure doit faire face aux plaintes des voisins, qui se plaignent de l’achalandage.
«On est à l’écoute de tous les problèmes, on essaie de régler du mieux qu’on peut», leur répond-elle.
Marieve Breton n’a pas reçu d’offre d’achat mais se dit prête à écouter.
Un film qui fait jaser
Avant même sa sortie, prévue pour le 8 juillet, le film François.e suscite la controverse, surtout en France. Louis Morissette y incarne un scénariste qui se fait passer pour une femme trans afin d’obtenir du financement pour sa série.
«Qu’il y ait un peu de vent de face, je m’y attendais et je pense qu’on n’a pas fini. Je sais qu’on a fait quelque chose que je pense bien. En même temps, tu regardes l’affiche, faudrait être un peu naïf qu’il n’y aura pas de gens qui posent des questions, c’est tout à fait normal», philosophe Louis Morissette.
Le producteur n’aurait jamais fait le film sans la plume d’une autrice trans. «Deux hommes cis ne pouvaient pas écrire ce film-là», tranche-t-il.
La romancière trans Gabrielle Boulianne-Tremblay, qui a coécrit avec Jean-François Léger, s’est laissée convaincre.
«Son intention était de vouloir éloigner les préjugés contre ma communauté», affirme l’autrice au sujet de Louis Morissette. Avec ce film, elle souhaite «créer des ponts vers l’autre, sortir de nos chambres d’écho».
Gabrielle Boulianne-Tremblay a aussi avoué que l’écriture lui avait sauvé la vie, carrément.
Louis Morissette admet avoir compris qu’il était beaucoup plus facile pour les hommes de vieillir quand il s’est vue en femme.
«Je trouvais que j’avais l’air vieille. […] C’est pas mal plus facile d’être un gars.»
Il a vu ses rides, qu’il ne remarque pourtant pas dans la vie de tous les jours.
Son entreprise, le groupe KO, va lancer sa chaîne YouTube, nommée PAAF, pour «Pas allergique au fun», qui comportera pour l’instant une dizaine de productions originales, destinées à un public qui ne regarde plus nécessairement la télévision.
«J’y crois énormément, c’est un gros investissement. […] [Les productions], faut les voir à plus qu’un endroit. C’est fini le temps où tout le monde est à tel poste, à telle heure.»
Une meilleure défense
La ministre de l’Industrie Mélanie Joly a de quoi se réjouir avec l’annonce d’AirAsia, qui a commandé 150 avions A220 d’Airbus, construits à Mirabel.
Elle a commenté la décision du gouvernement de suspendre le contrat des F-35 américains pour étudier la possibilité de travailler avec l’entreprise suédoise Saab, qui propose de collaborer avec des entreprises d’ici.
«On n’a pas pris de décision, mais c’est sûr que moi, comme ministre de l’Industrie, c’est un projet que je trouve intéressant.»
Mélanie Joly a dû défendre la stratégie en défense du gouvernement Carney, plus près d’une approche conservatrice que libérale, a fait remarquer MC Gilles.
«On doit être capable de protéger notre territoire et notre population. On ne peut pas prendre pour acquis la paix», a répondu la ministre.
La Banque de la défense pourrait atterrir à Montréal, mais Toronto fait beaucoup de lobbying pour l’obtenir.
«Je suis une Montréalaise, c’est sûr que j’ai un parti pris», a lancé la ministre, précisant que le gouvernement allait prendre une décision «à partir des faits». Ce n’est pas demain la veille, prévient-elle toutefois.
«On a encore beaucoup de travail à faire.»
Mme Joly a dit comprendre la défection de Steven Guilbeault, un ami qu’elle a contribué à emmener en politique.
«J’ai toujours été une environnementaliste dans le cabinet […] mais on ne peut pas être dépendants des Américains», dit-elle pour défendre les investissements du gouvernement dans les énergies fossiles.
C’est Céline!
À son premier Téléjournal officiel en semaine, qui remonte au 5 janvier 2009, Céline Galipeau ouvrait avec… la guerre à Gaza.
Plus de 17 ans plus tard, on en parle encore.
Le 18 juin prochain, elle animera son dernier bulletin, avant d’entreprendre l’animation d’un nouveau magazine consacré à l’actualité internationale cet automne.
«Le terrain, c’est l’antidote de la désinformation. […] Est-ce qu’il devrait y en avoir plus? Bien sûr.»
La première femme cheffe d’antenne du 22 h dit avoir été marquée par la couverture de la pandémie, une «période très traumatisante» durant laquelle sa propre mère était hospitalisée.
Elle rappelle que Le téléjournal a été parmi les premiers à entrer dans un hôpital pour montrer les effets de la COVID-19.
À 69 ans, elle ne cache pas son âge et en discute parfois avec sa collègue Anne-Marie Dussault et d’autres.
«On est de cette première génération de femmes journalistes qui vieillissons à la télévision. […] C’est une chance de pouvoir le faire parce qu’on est un reflet de la société.»
«Je n’ai jamais senti de pression de la part de la direction. […] Avec l’âge vient l’expérience et avec l’expérience, vient une certaine crédibilité.»
— Céline Galipeau
Pianiste en feu
Déjà l’un des cinq pianistes les plus écoutés au monde, Sofiane Pamart veut devenir le pianiste le plus populaire de la planète, rien de moins.
«Ma mission est de rendre quelque chose à mes origines sociales», affirme celui qui ne provient pas d’un milieu baignant dans la musique classique.
Sans une once de prétention, l’artiste avait envie de parcourir toutes les émotions humaines à travers son instrument.
Pour son quatrième opus, Movie, il a collaboré notamment avec Sia, Wyclef Jean, Christine and the Queens et l’Orchestre philharmonique de Prague.
À trois ans, il arrivait à reproduire des musiques de film.
En spectacle, il ne s’adresse jamais au public. «Sur scène, ma seule voix doit être mon piano. […] Si je me mets à parler, mon existence d’artiste prend trop le devant», explique-t-il.
L’artiste au look flamboyant, qui avait joué sur un piano en flammes à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris, reste peu sensible aux critiques qui comparent son œuvre à de la musique d’ascenseur.
«Pour moi, ce sont de faux débats. […] Est-ce que ma musique procure de l’émotion ou pas? C’est ça, ma véritable préoccupation.»
Des étoiles dans les yeux
On est habité d’admiration en écoutant l’astronaute canadien Jeremy Hansen, de retour de la mission Artemis II «avec des étoiles dans les yeux».
C’était la première fois qu’il remettait les pieds au Canada depuis l’amerrissage, après avoir parcouru 1 200 000 kilomètres dans l’espace.
Si la mission est un succès, il y a encore «beaucoup de travail à faire» avant de pouvoir retourner sur la Lune.
Jeremy Hansen a parlé de ces 40 minutes à observer la face obscure de la Lune, coupé de toute communication avec la Terre.
«On a pris un moment pour réfléchir, on a partagé un biscuit à l’érable», a-t-il raconté.
On a aussi vu et entendu ce moment très touchant où l’équipage a baptisé un cratère lunaire au nom de Carroll, en l’honneur de l’épouse d’un coéquipier, décédée du cancer.
«On est entraînés pour ça», dira-t-il au sujet des craintes qui auraient pu survenir durant le voyage. «Tu dois être prêt à ne pas revenir.»
Adieu Manon
Guy A. Lepage a conclu la saison en annonçant le départ à la retraite de la réalisatrice Manon Brisebois après 22 ans de service. «Manon, pèse su’l piton», c’était elle.
«Je vais m’ennuyer de tes niaiseries», a confié, de la régie, celle qui était là depuis les tout débuts de l’émission et à qui on a remis un «piton» géant.
Même sans Manon, le rendez-vous dominical d’ICI Télé sera de retour cet automne pour une 23e saison.
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