Guillaume Duranceau-Thibert et Karine Vanasse : Un amour fort, même à distance

Guillaume Duranceau-Thibert porte à la fois le chapeau d’explorateur et celui d’horticulteur. Entre deux expéditions aux confins du monde, à la rencontre de territoires reculés et de cultures fascinantes, il reprend les rênes de l’entreprise familiale, Les Jardins de Louise, et retrouve sa bien-aimée, la comédienne Karine Vanasse, avec qui il partage un bonheur aussi ancré que lumineux. Rencontre avec un éternel curieux que nous avons attrapé quelques heures à peine avant son départ pour le Pérou.
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Parlons de ta série documentaire Peuples des sommets, disponible en ligne sur TV5+…
Je dirais que Peuple des sommets, c’est une quête qui nous amène à la rencontre de peuples, de communautés, de tribus qui vivent en altitude, souvent dans des environnements difficiles d’accès. Ce qui est fascinant, c’est que ces gens-là perpétuent des modes de vie ancestraux depuis des centaines d’années, parfois des milliers. La montagne a longtemps été un rempart naturel qui les a protégés, permettant à leurs traditions de survivre. Mais aujourd’hui, ce rempart est en train de s’effriter tranquillement. Les technologies arrivent même dans les endroits les plus reculés. Donc la série, c’est aussi un regard sur des peuples à la croisée des chemins.
Tu sautes dans un avion dès aujourd’hui pour un nouveau projet, Guillaume au pays des mystères, pour Évasion. De quoi s’agit-il ?
C’est vraiment un rêve d’enfance qui se réalise. Depuis que je suis petit, je suis fasciné par les pyramides, les civilisations anciennes, les mystères archéologiques, les légendes… Enfant, je construisais des pyramides dans mon carré de sable en me demandant comment tout ça avait été possible. Avec cette série, je mets un peu mon chapeau d’explorateur, d’Indiana Jones, et je pars sur le terrain pour tenter de comprendre. L’idée, c’est de naviguer entre les mythes ancestraux et les connaissances scientifiques modernes. Aujourd’hui, la science permet de lire sous la terre, à l’intérieur des structures, et parfois, ce qu’on croyait être un mythe révèle une part de vérité.
Tu commences par le Pérou ?
Oui, exactement. Le Pérou, c’est un terrain de jeu incroyable pour ça. On connaît tous le Machu Picchu, mais il y a tellement plus à découvrir ! Souvent, comme voyageurs, on passe à côté de choses extraordinaires parce qu’on ne prend pas le temps de regarder autrement. Moi, je veux mettre en lumière ces mystères-là, ces détails qu’on ne voit pas au premier regard. Et ensuite, je tournerai en Égypte, qui est évidemment un autre grand berceau de mystères.
Tu es en couple avec la comédienne Karine Vanasse. Est-ce que ta relation amoureuse a transformé ta façon de voyager ?
Avant, l’idée de m’ennuyer de quelqu’un ne faisait pas vraiment partie de ma réalité. Maintenant, oui. Et c’est beau aussi. Ça veut dire que j’ai créé un lien fort, quelque chose de vrai. Je me sens extrêmement privilégié de pouvoir continuer à vivre mes aventures, tout en sachant qu’il y a une personne, une relation, qui m’attend ici.
Tu pars donc en te sentant un peu différent d’autrefois…
Avant, partir faisait partie de mon ADN. C’était instinctif, naturel, presque viscéral. Dès que l’appel du voyage se faisait sentir, je partais. Il n’y avait pas vraiment d’attaches, pas de point d’ancrage qui me retenait ici. Là, j’ai construit quelque chose au Québec, dans ma vie personnelle. Nous sommes en couple depuis plus de trois ans maintenant, et ça m’a amené une nouvelle forme de stabilité, une nouvelle profondeur aussi. Ça ne m’empêche pas de partir, mais je pars autrement.
On te voit aussi prendre part au grand projet de Karine dans la série Karine et la maison jaune. Après la rénovation d’une maison ancestrale lors de la première saison, elle poursuit l’aventure avec une suite consacrée à la transformation de sa grange et à la mise en valeur de son terrain…
La maison jaune, c’est son univers à elle. C’est un lieu qui lui ressemble. C’est sa maison, son cocon, son espace de création. De mon côté, j’ai mon chalet, pas très loin. C’est un endroit qui me ressemble, plus en nature, plus retiré, où je peux me déposer. Ce qui est beau, c’est qu’on a chacun nos univers, nos repères, nos façons d’habiter le monde… et qu’on navigue entre les deux. Il y a des moments où je vais chez elle, d’autres où elle vient chez moi.
Ton rapport au voyage vient beaucoup de ta mère, Louise…
Ma mère a toujours été curieuse, audacieuse, profondément libre. Dans les années 1970, elle partait voyager dans des endroits qui, à l’époque, n’étaient pas aussi accessibles, comme la Birmanie ou la Chine… Elle n’allait pas là-bas pour cocher des cases, mais pour comprendre, rencontrer, s’imprégner. Très jeune, elle m’a emmené en voyage. J’ai été plongé dans cette réalité sans itinéraire rigide. Je me rappelle que, dès l’âge de quatre ans, j’avais déjà la sensation que le monde était vaste, qu’il existait mille façons de vivre. Ça a éveillé quelque chose de très fort en moi.
Au-delà du voyage, qu’est-ce que ta mère t’a transmis comme valeurs ?
Elle m’a transmis le goût de la liberté, le courage de sortir des sentiers battus, la capacité de faire confiance à la vie. Elle m’a montré que ce n’était pas grave de ne pas tout contrôler et que les imprévus pouvaient devenir des cadeaux.
Tu te définis à la fois comme explorateur et horticulteur. Le Jardin de Louise, à La Prairie, c’est une histoire de famille, mais aussi une responsabilité que tu portes aujourd’hui ?
Oui, complètement. Le Jardin de Louise, à la base, c’est le projet de ma mère. C’est elle qui a bâti ça, qui lui a donné son âme, son identité. Longtemps, on a travaillé ensemble, côte à côte au marché, à créer quelque chose de vivant, de profondément humain. Puis, tranquillement, les rôles ont changé. Aujourd’hui, c’est moi qui ai repris le flambeau. Je suis devenu propriétaire du commerce familial et, pour moi, c’est chargé de sens. Ce n’est pas juste une entreprise, c’est un héritage.
Ta mère reste quand même très présente dans l’aventure ?
Oui, elle est rendue dans une forme de semi-retraite, mais elle est encore très présente. Elle vient m’aider, elle fait partie du quotidien et, honnêtement, une chance qu’elle est là ! Ce lieu-là m’a construit. J’y ai appris le travail, bien sûr, mais surtout le contact humain. Être au marché, parler avec les gens, les écouter, créer des liens… c’est une école de vie incroyable. Et encore aujourd’hui, c’est un endroit qui me garde ancré.
En terminant, est-ce qu’il y a un paysage qui t’a particulièrement marqué au cours de tes nombreux voyages ?
Oui… Les étoiles. Ça peut sembler simple, mais pour moi, ça a été un choc. On ne les voit presque plus dans nos villes. Il y a des lieux où le ciel est d’une pureté incroyable. Ça crée un sentiment d’humilité immense où tu réalises que tu n’es pas le centre du monde. Tu te reconnectes à quelque chose de beaucoup plus grand que toi. Et ça me permet de mieux comprendre pourquoi ces peuples ont une relation différente avec leur environnement. Tout prend un sens quand tu vis dans un décor aussi puissant.




