News CA

TVA ampute le salaire de ses vedettes | La Presse

Les temps sont durs à TVA et même les salaires des têtes d’affiche de la chaîne de Québecor passent au hachoir.


Publié hier à
19 h 35

Dans la programmation actuelle de TVA, il y a des animateurs connus qui travaillent avec des salaires amputés de 30 %. Je parle ici d’artistes établis, en poste depuis plusieurs saisons, qui ont accepté cette importante baisse de rémunération pour que leur émission survive dans ce contexte économique difficile pour les réseaux de télévision privés.


Lisez « Dérogations à la convention collective : faute d’entente avec les techniciens, une série de TVA annulée »

Bah, ces vedettes déjà riches ne font pas pitié, râlez-vous peut-être devant votre écran. Ce n’est pas ça, le point. Accepteriez-vous une coupe du tiers de votre chèque de paie alors que votre charge de travail demeure la même ?

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Groupe TVA par intérim

Les acteurs et actrices de séries de fiction, dont ceux du populaire téléroman Indéfendable, ont aussi été visés par l’exercice de rigueur budgétaire imposé par le président et chef de la direction de Groupe TVA par intérim, Pierre Karl Péladeau.

Et dites-vous que si le grand patron de TVA est rendu à diminuer les cachets de ses têtes d’affiche, c’est qu’il a élagué tout ce qu’il était possible d’élaguer de superflu dans le bas de la pyramide. Même le coût des collations distribuées sur les plateaux de tournage a été examiné, me dit-on.

Au Québec, un comédien ou une comédienne de catégorie A+ peut gagner jusqu’à 5000 $ par jour de tournage, selon mes informations. Par contre, ces superstars de la télé se comptent sur les doigts de deux mains.

Contrairement à ses rivaux, TVA n’a plus les moyens financiers de s’offrir de telles pointures. Le salaire maximum offert aux comédiens par TVA aurait même été plafonné à 3500 $ par jour de tournage. Encore ici, ceux et celles qui empochaient plus de 3500 $ par jour de tournage avant les récentes compressions ont dû accepter une réduction de leurs revenus.

Le régime minceur s’applique également aux scénaristes : ceux et celles qui ont beaucoup d’expérience et une forte notoriété n’entrent plus à TVA, qui n’a pas d’argent pour les payer.

« Le problème, c’est que le milieu ne se mobilise pas du tout », glisse une source qui tient à conserver l’anonymat parce qu’elle négocie avec TVA et Pierre Karl Péladeau.

En effet, dans ce contexte de crise du milieu de la télévision, les artisans s’estiment chanceux de travailler encore et ne dénoncent pas publiquement leurs conditions qui ratatinent de saison en saison. Ça commence à bouger et à gronder du côté des syndicats, mais pas énormément.

La semaine dernière, le téléroman country Indomptables de TVA a été officiellement débranché après une seule saison en ondes. Ses producteurs ont été incapables de s’entendre avec TVA sur un budget rétréci qui n’aurait pas nui à la qualité des épisodes. La même chose s’est produite avec la comédie Passez au salon et le téléroman Sorcières.


Lisez « C’est fini pour Indomptables »

Un autre exemple frappant des problèmes budgétaires qui étranglent TVA ? La première saison de l’excellente série policière Détective Surprenant, d’abord destinée à la plateforme illico+, a été tournée à 100 % aux Îles-de-la-Madeleine. Pour la deuxième, il a fallu comprimer de moitié : 50 % des tournages ont été effectués aux Îles. Quant à la troisième saison, qui n’a pas encore été confirmée, les négociations se poursuivent.

« On est en train de se réinventer et de faire des choses à moindre coût », explique la productrice de Détective Surprenant, Caroline Gaudette, de la boîte Version 10.

Toujours dans cet esprit de sabrer les dépenses, les capsules-indices des mascottes de Chanteurs masqués seront désormais fabriquées avec un logiciel d’intelligence d’artificielle, alors que des humains assumaient cette tâche dans les saisons précédentes. Le président des Productions Déferlantes, Jean-Philippe Dion, dont l’entreprise assemble Chanteurs masqués pour TVA, n’a pas répondu à une demande d’entrevue lundi. Même mutisme chez TVA.

Pierre Karl Péladeau a toutefois convoqué les médias, ce mardi midi, pour « faire le point sur la situation précaire de la production télévisuelle au sein des diffuseurs privés ».

Évidemment, TVA ne peut pas débrancher des émissions et ne pas les remplacer dans sa grille-horaire. La stratégie qui se dessine chez TVA et la plateforme illico+ ressemble à celle déployée par Bell Média et sa branche numérique Crave. Plutôt que d’investir dans des téléromans traditionnels de 24 épisodes comme Sorcières ou Indomptables, on nourrit d’abord la bête numérique payante avec des séries très courtes, que l’on rediffusera un an plus tard sur l’antenne généraliste.

La semaine dernière, la plateforme illico+ a annoncé la mise en chantier de deux miniséries, soit Même pas morte et Un an plus tard, qui compteront chacune six épisodes d’une heure.

Écrit par Pascale Renaud-Hébert (Veille sur moi) d’après le roman homonyme de Geneviève Rioux, le thriller psychologique Même pas morte raconte le calvaire d’une jeune femme (Léa Roy) agressée, attaquée et laissée pour morte dans son appartement.

Dans Un an plus tard, les scénaristes des Bracelets rouges (Stéphanie Perreault et Michel Brouillette) plongent dans le cauchemar d’un jeune couple (Charlotte Aubin et Antoine Pilon) dont la fillette de 3 ans disparaît. Comme son nom l’indique, chacun des six épisodes de la série se déroulera un an après le précédent pour illustrer comment ce drame affectera la famille sur une période de six ans.

Ces deux propositions semblent titillantes, mais il faudra payer pour les regarder en primeur. Comme cela se fait chez Crave et sur l’Extra de Tou.TV à Radio-Canada. L’avenir de la télé est résolument payant et riche en abonnements.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button