Rien n’est joué à quatre mois du démarrage de la campagne électorale

(Québec) Rien n’est joué à moins de quatre mois du déclenchement de la campagne électorale. Le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) sont à égalité dans les intentions de vote. Et l’insatisfaction envers le gouvernement caquiste s’apaise un mois après l’arrivée de Christine Fréchette, révèle un sondage de la firme Synopsis réalisé pour La Presse.
Publié hier à
5 h 00
Le PQ de Paul St-Pierre Plamondon et le PLQ de Charles Milliard se disputent la tête avec un score de 30 % chacun après répartition des indécis. Comme la formation souverainiste domine dans l’électorat francophone, elle décrocherait le pouvoir si un scrutin avait lieu aujourd’hui.
« Le PQ aurait une minorité forte ou une majorité faible » des sièges à l’Assemblée nationale, estime Youri Rivest, associé chez Synopsis.
La Coalition avenir Québec (CAQ) commence à sortir des bas-fonds, selon le coup de sonde réalisé du 7 au 10 mai auprès de 1000 répondants. Elle occupe la troisième position, à 18 %, et distance le Parti conservateur du Québec (PCQ) qui l’avait dépassée à la suite de l’annonce de la démission de François Legault en janvier.
Les troupes d’Éric Duhaime ont l’appui de 13 % des électeurs. Québec solidaire doit se contenter de 8 %.
Luttes à trois
Si Paul St-Pierre Plamondon peut toujours rêver au pouvoir, c’est en raison de son avance chez les francophones. Son parti récolte la faveur de 38 % de ces électeurs, une avance de 15 points sur la CAQ (23 %). Le PLQ est troisième, à 17 %.
Youri Rivest observe que la remontée des libéraux s’est faite principalement chez les non-francophones, où la proportion d’indécis a fondu. Le PLQ a 70 % des intentions de vote chez cette frange de l’électorat.
Le PQ a plus d’appuis chez les hommes (34 %) que chez les femmes (25 %). Et c’est exactement l’inverse pour le PLQ.
Parmi les groupes d’âge, une donnée se démarque : la CAQ obtient son meilleur résultat chez les 55 ans et plus. Elle récolte 26 % des appuis, contre 33 % pour le PLQ et 30 % pour le PQ.
C’est chez les clientèles plus âgées que la remontée s’est faite pour la CAQ. Ce n’est pas encore une remontée spectaculaire, mais il y a un mouvement vers le haut, ça, c’est clair.
Youri Rivest, associé chez Synopsis
La bataille électorale s’annonce intéressante dans le 450 et la grande région de Québec, où des luttes à trois se dessinent.
Dans le 450, le PQ est en tête avec 33 %, mais il est chauffé par le PLQ à 30 %. La CAQ est un peu derrière à 22 %.
C’est dans la grande région de Québec que le PCQ d’Éric Duhaime fait le plein d’appuis. Dans ce terreau toujours fertile pour les idées conservatrices, le parti est deuxième à 25 %, huit points derrière le PQ. La CAQ est à 22 %, tandis que le PLQ récolte à peine 10 %.
Ailleurs en région, la domination du PQ est claire. Avec 37 %, le parti a une avance de 14 points sur la CAQ et de presque 20 points sur le PLQ.
Dans l’île de Montréal, aucune surprise : le PLQ trône dans le sondage avec 56 % des intentions de vote. Le PQ et le PCQ suivent, à égalité à 14 %. QS surpasse la CAQ (10 % contre 6 %).
Taux de satisfaction
L’insatisfaction envers le gouvernement caquiste s’amenuise à la faveur de la relève de la garde. Quelque 38 % des répondants se disent insatisfaits du gouvernement, alors que 37 % en sont satisfaits.
Dans le temps de M. Legault, si on compare à d’autres firmes ou à nos résultats, c’était deux à trois insatisfaits pour un satisfait. Tandis que là, c’est coude à coude. Pour Mme Fréchette, c’est de très bon augure. C’est un vrai retournement pour elle.
Youri Rivest, associé chez Synopsis
Une bonne part des personnes sondées, soit 26 %, ne prennent pas position. « C’est inhabituel, ça tourne plus autour de 8-10 % normalement », selon Youri Rivest. Ces indécis, qui représentent un quart des électeurs, « n’ont pas encore une idée de faite sur Christine Fréchette et l’observent » avant de se prononcer, explique-t-il. « Alors qu’avant, les gens n’écoutaient même plus ce que M. Legault ou la CAQ avaient à proposer. »
Ce mouvement dans le taux de satisfaction démontre selon le sondeur que la CAQ, avec Christine Fréchette comme cheffe et première ministre depuis un mois, est « revenue dans l’univers de considération des électeurs ».
Le Non toujours en avance
Le PQ a beau avoir accumulé de bons résultats dans les sondages depuis trois ans, sa priorité n’obtient pas la faveur populaire.
« L’éventualité d’un gouvernement péquiste, c’est assez probable, mais ça ne fait pas monter la souveraineté », affirme Youri Rivest.
Si un référendum avait lieu aujourd’hui, le Oui récolterait 31 %, après répartition des indécis.
Méthodologie
Le sondage a été réalisé du 7 au 10 mai. Les 1000 répondants ont été recrutés via des panels en ligne. L’étude a été menée en ligne. Les données ont été pondérées sur la base de l’âge, du sexe, de la langue maternelle et de la région afin de représenter la population adulte du Québec. Aucun facteur de pondération n’excède une valeur de trois.
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