Voyage en Chine | Trump quitte en revendiquant des accords commerciaux « fantastiques »

(Pékin) Donald Trump a quitté la Chine vendredi en revendiquant des accords commerciaux « fantastiques », mais sans signaler de percée sur des désaccords aux retombées globales comme la guerre avec l’Iran, à l’issue de deux jours de sommet avec son homologue Xi Jinping.
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Mis à jour à
8 h 46
M. Trump a dit avoir reçu des paroles encourageantes de M. Xi sur sa disponibilité à aider à une réouverture du détroit d’Ormuz.
Un communiqué des Affaires étrangères chinoises sur la situation au Moyen-Orient ne manifeste cependant aucune évolution significative de Pékin sur le sujet, tout en redisant son intention de continuer un « rôle constructif » dans les efforts de paix.
Signe d’inquiétude, les cours du pétrole grimpent vendredi à l’approche d’un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit.
M. Trump a essuyé jeudi une vigoureuse mise en garde de M. Xi sur le risque de « conflit » entre la Chine et les États-Unis au sujet de Taïwan, l’île que la Chine considère comme l’une de ses provinces en attente de réunification et dont les États-Unis sont le principal soutien militaire et diplomatique.
PHOTO EVAN VUCCI, AGENCE FRANCE-PRESSE
Le président chinois Xi Jinping à côté du président américain Donald Trump lors de sa visite à Pékin, le vendredi 15 mai
La Chine a, quant à elle, mis en exergue le fait que les leaders des deux puissances rivales se sont entendus selon elle pour engager une « relation de stabilité stratégique constructive ». Un « nouveau paradigme » (agence Chine Nouvelle) défendu par la Chine qui cherchait avant tout dans le sommet à ramener plus de certitude et de prévisibilité dans les relations avec les États-Unis et les affaires du monde en plein tumulte.
« C’est une visite historique, qui fera date », a dit M. Xi à l’occasion d’une rencontre avec son homologue à Zhongnanhai, complexe abritant les hauts dirigeants chinois près de la Cité interdite.
« Nous avons conclu des accords commerciaux fantastiques, excellents pour nos deux pays », a dit M. Trump sans plus de précision. Lui et son hôte ont « réglé beaucoup de problèmes différents », a-t-il dit.
« Gros » Boeing
Il a rapporté la promesse initiale d’achat, faite par son hôte selon lui, de 200 « gros » Boeing, dans un entretien avec la chaîne Fox News. Cette commande pourrait en appeler une autre de 750 appareils si la Chine est satisfaite des 200 premiers, a-t-il ajouté plus tard à bord d’Air Force One en route pour les États-Unis.
Il a assuré que la Chine voulait acheter du pétrole et des produits agricoles américains, sans donner de chiffres.
PHOTO MARK SCHIEFELBEIN, ASSOCIATED PRESS
Donald Trump et Xi Jinping au complexe de Zhongnanhai à Pékin
M. Trump avait emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. La Maison-Blanche espérait repartir avec un certain nombre d’accords, par exemple dans le domaine de l’agriculture, ou de promesses d’investissements chinois aux États-Unis.
Aucun accord semblable n’avait été annoncé ou détaillé vendredi plusieurs heures après le départ de M. Trump.
Le sommet visait d’abord à contenir les tensions multiples. Les experts anticipaient qu’il ne produirait pas d’avancée significative sur les grandes querelles stratégiques et que M. Trump, empêtré dans la crise au Moyen-Orient, confronté à l’inflation aux États-Unis et allant au-devant d’élections à mi-mandat risquées, apprécierait de rentrer avec des engagements économiques concrets.
Les motifs de crispation abondent : Iran et Taïwan donc, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle (IA) et propriété intellectuelle…
« Il n’y a pas de grosse surprise en ce qui concerne la substance » du sommet, a dit à l’AFP Yue Su, experte à l’Economist Intelligence Unit.
La notion de « stabilité stratégique constructive » mise en avant par les Chinois est un « signe positif » quant à la réduction des risques, a-t-elle dit. Mais « cela risque d’être une stabilité fragile qui ne fait pas disparaître les frictions sous-jacentes ».
Dans les rues de Pékin, les réactions étaient mitigées. « On peut voir cette rencontre comme un succès… », dit Zhang Yong, 46 ans, employé dans le secteur des technologies. « Même si, pour être honnête, personne n’attendait vraiment grand-chose ».
Depuis le retour de M. Trump à la Maison-Blanche, Chine et États-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires.
Retenue chinoise
MM. Trump et Xi ont conclu en octobre une trêve qui reste exposée à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par M. Trump. Les deux présidents n’ont pas discuté d’une reconduction de ce cessez-le-feu commercial, a dit M. Trump.
La Chine est à présent directement impactée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran, mais aussi d’autres pays du Golfe.
La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole.
Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Pékin a observé jusqu’à présent une grande retenue.
M. Trump a assuré sur Fox News que M. Xi lui avait déclaré « avec force » qu’il ne fournirait pas de matériel militaire à l’Iran. Quant au détroit d’Ormuz, « il a dit : “Si je peux être d’une quelconque aide, je serai ravi d’aider” », a assuré M. Trump.
M. Xi et lui ont « beaucoup parlé » de Taïwan, a-t-il déclaré à bord d’Air Force One. « Il ne veut pas assister à une guerre pour l’indépendance », a-t-il ajouté. « je n’ai pris aucun engagement dans un sens ou dans l’autre », a ajouté Donald Trump.
La politique des États-Unis sur Taïwan « reste inchangée à ce jour », a dit le secrétaire d’État Marco Rubio à NBC News. Les États-Unis répondent systématiquement à la Chine que « tout ce qui imposerait ou forcerait un changement par rapport à la situation actuelle serait problématique », a-t-il dit.




