Martin St-Louis, tête de pioche

Des fois, j’imagine Martin St-Louis qui écoute les analystes de hockey (je m’y inclus) dans les médias. Je me dis qu’il doit être crampé.
Car il nous a tellement souvent fermé le clapet en allant à l’inverse de l’opinion populaire pour finir par avoir raison.
Toute sa vie, il a eu une tête de pioche. Pensez-y. Pour être admis au Temple de la renommée sans jamais avoir été repêché et avoir une tête de moins que les autres, il faut avoir une tête dure et pas à peu près. Il faut éviter de se laisser décourager pour ce qui peut se dire. Il faut faire à sa tête et se faire confiance.
Le pilote du Canadien a bien résumé, jeudi soir, sa façon de voir les choses quand il doit trancher.
« Il faut que tu enlèves les émotions », a-t-il laissé tomber, expliquant sa décision de laisser Dobes devant le filet après qu’il eut accordé 3 buts sur 4 tirs pour commencer le match le plus important de l’année pour le CH.
Bon, c’est sûr que côté émotion, on a tendance à être un peu cabochons quand ça concerne le hockey. Martin St-Louis n’est pas un extraterrestre. Il doit aussi s’emballer trop vite parfois. C’est pourquoi ça ne doit pas toujours être facile d’enlever les émotions.
Bref, voici des exemples où l’entraîneur du Canadien peut finalement dire : « vous voyez, j’avais raison ! ».
Garder Dobes dans le match jeudi
Celle-là ne m’impressionne pas vraiment. Froidement, le héros du CH a flanché pour la première fois en douze matchs, il fallait le garder. J’admets que le crochet pouvait être tentant, car effectivement, Youppi ! aurait sûrement arrêté le troisième but des Sabres. Mais St-Louis a gardé Dobes, qui a été parfait jusqu’à la fin du match.
Garder Demidov à la même place
Aucun but en 11 matchs et le gars joue encore sur le premier avantage numérique. Il rate le but ou envoie ça dans la bedaine du gardien. Logiquement, on se dit que ça ne peut plus durer. On n’est pas dans la pédagogie. On se bat en séries ! St-Louis a fait à sa tête. Il n’a pas bougé Demidov qui a été sublime jeudi en plus de marquer son premier but en série.
Ne pas toucher au premier trio
Photo Martin Chevalier
Caufield ne marque pas. Slafkovsky en arrache. Il faut jouer avec le premier trio. C’était le narratif après chaque défaite durant la première ronde contre Tampa Bay. L’entraîneur du Canadien a laissé les trois talents ensemble. Je ne sais pas si vous trouvez que ça marche, mais Montréal vient de torcher Buffalo pour la 3e fois en 5 matchs.
Dach dans les estrades
Photo Martin Chevalier
Avant le début des séries, plusieurs voyaient Kirby Dach amorcer les séries dans les estrades. C’était pire après le deuxième match de la série contre Tampa, alors que Dach a commis un revirement qui a donné le but gagnant au Lightning. St-Louis a gardé Dach dans sa formation et ce dernier figure parmi les meilleurs attaquants du club à 5 contre 5.
Donner plus de glace à Xhekaj
Photo Martin Chevalier
Ça, c’est un classique. Ma boîte courriel déborde de messages d’amateurs qui sont consternés de voir Arber Xhekaj dans les estrades ou peu souvent sur la glace. Xhekaj n’a pas joué plus que 10 minutes dans un match contre Buffalo. Visiblement, c’est la bonne décision.
Donner moins de glace à Mike Matheson
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Ça aussi on l’a entendu beaucoup. Surtout au début des séries, contre Tampa, quand le vétéran n’était pas au sommet de sa forme. Martin St-Louis s’en est complètement fiché. Il a continué d’envoyer son soldat à outrance dans la mêlée. Matheson a retrouvé sa superbe et sa vitesse le rend dominant contre les Sabres qui ne sont plus capables de l’endurer.
Des matchs plates pour Caufield
Photo AFP
Pour celle-là, il faut reculer de deux ans, mais ça rapporte aujourd’hui. Je me rappelle, ça me décourageait. J’avais payé le gros prix pour amener ma famille au Centre Bell. Et Cole Caufield jouait avec l’ultra défensif Christian Dvorak. Caufield a passé la soirée à aller chercher la rondelle que Dvorak dégageait en traversant la ligne rouge. C’était tellement plate. Mais c’était un passage nécessaire pour s’assurer que Caufield n’ait pas l’impact de Mike Hoffman. Le petit attaquant du Canadien est rendu habile pour couper des jeux et soutirer la rondelle à l’adversaire. Il est plus qu’un marqueur.




