Les Sabres ne sont pas dans la même classe que le CH

On peut classer le dossier. Le Canadien de Montréal jouera en finale de l’Est contre les Hurricanes de la Caroline. Pas besoin de disputer les matchs pour comprendre ce qui se passe sous nos yeux.
La plus jeune équipe encore en vie dans les séries 2026 s’est révélée plus expérimentée que des Sabres de Buffalo désormais vulnérables. Leur imposante brigade défensive s’est fait submerger par la vitesse de l’attaque du Tricolore, pendant que la défensive montréalaise, après un départ hasardeux lors du premier match, a été tout simplement sublime tout au long du week-end.
À Buffalo, la chaise musicale est repartie devant le filet. À Montréal, aucune hésitation : Jakub Dobes est le candidat du Canadien pour le trophée Conn-Smythe depuis le jour 1 des séries.
À travers le Québec, nous étions des millions de coachs frustrés de voir Martin St-Louis ne rien changer après la défaite cinglante en lever de rideau de ce deuxième tour. Martin nous a répondu de tenir notre bière. Avec raison. Le têtu de première a une vision, il y croit et il l’exécute sans jamais dévier de son plan.
Buffalo est vidé. Dessoufflé par la «team toughness» du Canadien. Les Sabres ont tenté de jouer du bras, mais ils n’ont pas ce qu’il faut. Le gros Jordan Greenway, qui frappe comme une mule, rentre dans son slip coquille quand Arber Xhekaj ou Josh Anderson l’invitent à la danse.
Xhekaj et Anderson font un travail colossal pour maintenir l’ordre. Résultat : Zachary Bolduc, Kirby Dach, Joe Veleno, Jake Evans, Phillip Danault, Juraj Slafkovsky, Nick Suzuki, Alex Newhook, Alexandre Texier, Noah Dobson, Alexandre Carrier et Kaiden Guhle peuvent jouer leur match sans peur et sans reproche, compléter leurs mises en échec sans devenir des cibles à abattre.
Le Canadien est un électron libre. Dangereux. Les jeunes Sabres l’apprennent à leurs dépens.
Parlez-en à Sam Carrick. De retour au jeu dimanche, il a tenté de semer la zizanie en fin de match pour préparer le terrain pour le lendemain. La droite du shérif l’a envoyé instantanément au pays des rêves. Et lui a probablement retiré l’envie de réessayer quoi que ce soit cette saison.
Carrick pourrait même ne pas disputer le prochain match. Lindy Ruff lui a accordé moins de sept minutes de temps de jeu.
La droite de Xhekaj n’était peut-être pas la plus légitime, mais certains Sabres ont pris de sérieuses libertés à plusieurs reprises en s’échappant par la suite. Pensez à Beck Malenstyn, qui a frappé délibérément Jakub Dobes : genou sur la tête, sans détour.
Arber s’est assuré de venger ses coéquipiers. Et que Carrick soit assez sonné pour ne pas pouvoir s’éclipser lui aussi.
On a maintenant une vraie série. L’animosité absente du premier duel est devenue brûlante. Mais le Canadien est aux commandes. Le rapport de force est clair, même si tout peut encore basculer le temps d’un match.
À voir les Sabres se faire intimider par cette foule hostile, à les voir mal réagir dans la forteresse montréalaise, ils ne gagneront pas ici. Au pire, le CH réglera ça au match numéro six, samedi, au Temple. Au mieux, ce sera dès jeudi à Buffalo. Mais à choisir, aussi bien finir le travail à la maison, devant les meilleurs partisans au monde.
Pendant ce temps, les Hurricanes se croient supérieurs. Beaux, bons, bien installés chez eux à s’entraîner sans compétition. Le premier match contre la Caroline sera déterminant. Ils méritent une bonne dose d’humilité.
Après avoir éliminé Tampa Bay et Buffalo, gonflés par une confiance qui grandit à chaque victoire, les frères d’armes du Canadien seront extrêmement difficiles à battre quatre fois en sept matchs. Même pour la Caroline.




