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Nouveau parc | La CAQ espère tourner la page sur l’avenir du Mont-Sainte-Anne

(Saint-Ferréol-les-Neiges) À quatre mois des élections, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) espère pouvoir tourner la page d’un dossier épineux dans la région de Québec : l’avenir du Mont-Sainte-Anne.


Publié à
13 h 39

La journée de mardi était particulièrement symbolique. Deux ministres du gouvernement Fréchette avaient fait le déplacement pour annoncer 14 millions de dollars d’investissement dans le tout nouveau Parc du Mont-Sainte-Anne, dédié au ski de fond, au camping et au vélo de montagne.

Puis à un jet de pierre de là, à la base de la station de ski alpin propriété du milliardaire albertain Murray Edwards, les travaux commençaient officiellement pour lancer un plan d’investissement de 100 millions.

On entendait même mardi matin le bruit des tronçonneuses là où doit être érigée la première des trois nouvelles remontées mécaniques.

« Sans trahir des discussions de caucus, vous n’avez pas idée à quel point on a pu jaser du dossier du Mont-Sainte-Anne », a lancé mardi la députée locale et ministre du Sport, Kariane Bourassa.

L’annonce de mardi prévoit 10 millions du gouvernement et 4 millions de la SEPAQ. La cagnotte doit permettre de relancer le nouveau parc. Les fondeurs se plaignaient depuis des années de la gestion de RCR. Le chalet principal montre plusieurs signes d’usure.

« Dans le contexte financier au gouvernement qui est serré, de nous donner 10 millions, c’est quelque chose d’exceptionnel », a lancé le PDG de la SEPAQ, Martin Soucy.

Le nouveau Parc du Mont-Sainte-Anne doit utiliser ces sommes pour acheter deux dameuses, construire un garage pour les entreposer, rénover les ponts, les sentiers et les chalets.

« C’est de la musique à mes oreilles », a réagi l’ex-olympien Pierre Harvey, qui fréquente le centre de ski de fond depuis la fin des années 70.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Pierre Harvey fréquente le centre de ski de fond du Mont-Sainte-Anne depuis la fin des années 70.

Il remarquait récemment que les toilettes du chalet n’avaient pas été rénovées en 50 ans. « Je pense qu’il n’y a pas un gallon de peinture qui a été rajouté là », disait-il il y a quelques semaines.

Un dossier en voie d’être réglé ?

Le dossier du Mont-Sainte-Anne (MSA) accable le gouvernement depuis des années. Les skieurs dénoncent la négligence et le sous-investissement chronique du propriétaire Resorts of the Canadian Rockies (RCR).

Les problèmes de la principale remontée mécanique, l’Étoile filante, plus vieille télécabine de huit places au Canada, n’ont cessé de faire les manchettes. Un arrêt brusque avait fait 21 blessés en 2020. En 2022, une cabine vide était tombée au sol.

Rappelons que le gouvernement libéral de l’époque avait privatisé la montagne en 1994. Le gouvernement restait propriétaire du fond de terrain. Mais l’exploitant disposait d’un bail d’une durée de 99 ans. RCR a racheté la station en 1999. Son bail viendra à échéance en 2093.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le chalet principal du Parc du Mont-Sainte-Anne, qui sert aux fondeurs.

Le gouvernement du Québec a réglé une partie du problème en reprenant le contrôle, à l’issue de négociations avec RCR, du « pourtour » de la station. Les pistes de ski de fond et les sentiers de vélo de montagne sont gérés par la SEPAQ depuis le 13 avril dernier.

La SEPAQ estime qu’il faudrait 25 millions pour rénover convenablement le parc. Ces 14 millions représentent « un mausus de bon départ », selon le PDG de l’organisme. Martin Soucy note que le Parc devra être rentable et s’autofinancer.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Le président-directeur général de la SEPAQ, Martin Soucy.

Il affirme néanmoins que le prix des billets d’entrée pour le ski de fond, qui était parmi les plus chers au monde sous RCR, sera abaissé par la SEPAQ. « Les équipes sont en train de le calculer en ce moment. »

Les travaux commencent au MSA

Au même moment mardi, les travaux de déboisement commençaient au bas des pistes du Mont-Sainte-Anne en vue du remplacement du télésiège Express du Sud. Le nouveau télésiège sera doté de six places, au lieu de quatre, et sera plus rapide. Il doit être en fonction dès le 4 février prochain, a indiqué Maxime Cretin, vice-président directeur général pour le Mont Sainte-Anne.

« Oui, il y a une petite perte de confiance par rapport à certains évènements qui se sont passés, c’est vrai, mais depuis, on travaille à remonter la pente », a indiqué le patron de la station.

Deux autres remontées seront refaites, il s’agit de la fameuse télécabine et de l’Express du Nord. Le plan d’investissement de 100 millions prévoit un prêt pardonnable de 50 millions de Québec.

Même s’il y a quelques mois encore l’ancien premier ministre François Legault parlait d’exproprier RCR, il semble que le gouvernement soit maintenant engagé à réaliser le plan d’investissement.

« Je tiens à dire que je suis personnellement les investissements de RCR selon les échéanciers. Et je m’assure personnellement que les échéanciers sont respectés », a lancé la ministre Bourassa.

« Ils ont des obligations à rencontrer. Pour l’instant, ils les rencontrent, mais on va s’assurer que ce soit le cas toujours. »

Le centre de ski de fond entre les mains de la SEPAQ, RCR qui commence les travaux à la station… Le dossier du MSA est-il réglé ?

Les critiques du gestionnaire albertain promettent d’être vigilants.

« Il faut être prudent parce qu’entre les dires et les résultats il y a deux choses », a lâché mardi Yvon Charest, président du groupe Les Amis du Mont-Sainte-Anne, qui note que l’entreprise a par le passé annoncé des investissements qui ne se sont pas réalisés.

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