Taïwan favorable à des discussions entre Trump et son président

(Taipei) Taïwan « accueillerait favorablement » la perspective de discussions entre son président Lai Ching-te et Donald Trump, une éventualité que ce dernier a évoquée, a déclaré lundi un diplomate taïwanais de haut rang.
Publié le
18 mai
M. Trump a dit vendredi à des journalistes qu’il devait parler à la personne « qui dirige Taïwan » au sujet de ventes d’armes américaines.
Une conversation entre ces deux dirigeants constituerait un revirement majeur dans la politique extérieure des États-Unis et risquerait de provoquer une rupture avec la Chine, pour laquelle Taïwan fait partie de son territoire.
Le président américain a évoqué cette possibilité à bord de l’avion Air Force One après avoir rencontré à Pékin son homologue chinois Xi Jinping, qui l’a exhorté à ne pas soutenir Taïwan.
PHOTO EVAN VUCCI, ARCHIVES REUTERS
Donald Trump discute avec des journalistes à bord de l’avion Air Force One, le 15 mai 2026.
Washington est tenu de fournir des armes défensives à cette île en vertu du Taiwan Relations Act, une loi votée par le Congrès américain en 1979, à la suite de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par les États-Unis et à condition que Taïwan ne proclame pas son indépendance.
Interrogé sur un éventuel feu vert à des ventes d’armes à Taipei, Donald Trump a répondu : « Je vais prendre une décision. Je vais voir ».
« Je dois m’entretenir avec la personne qui, en ce moment — vous savez de qui je parle — dirige Taïwan », a-t-il ajouté.
Le vice-ministre taïwanais des Affaires étrangères, Chen Ming-chi, a souligné que le gouvernement cherchait à obtenir une confirmation américaine d’un éventuel entretien.
« Nous utiliserons tous les canaux pour comprendre ce que pense vraiment la partie américaine », a lancé M. Chen devant les journalistes.
« Nous l’accueillerions bien sûr très favorablement », a-t-il poursuivi.
Si les Américains « veulent parler avec notre président, je pense que ce serait une très bonne occasion et aussi une rare opportunité ».
Peu après sa première élection en 2016, Donald Trump avait accepté un coup de téléphone de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, suscitant l’ire de Pékin.
Il s’agissait du premier entretien téléphonique entre un dirigeant taïwanais et un président américain entrant ou en exercice depuis 1979, à la grande surprise de la communauté mondiale et des spécialistes de la Chine.
Selon M. Chen, Donald Trump a suscité « une certaine inquiétude » à Taïwan après avoir laissé entendre que les ventes d’armes pourraient servir de monnaie d’échange avec la Chine et le gouvernement active « tous les canaux de communication pour comprendre le véritable sens derrière » ses propos.
« Pour le moment, nous comprenons qu’il n’y a aucun changement, même en ce qui concerne la vente d’armes », a assuré M. Chen, les qualifiant de « pierre angulaire » de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan.




