Éric Duhaime juge inutile de dénoncer les insultes homophobes qu’il reçoit

Contrairement à Charles Milliard, Éric Duhaime préfère s’abstenir de dénoncer les propos haineux qu’il reçoit en raison de son orientation sexuelle, pour éviter d’alimenter les trolls d’Internet.
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« Discours de tapette », « homo », « fag » sont quelques exemples des insultes que reçoit M. Milliard depuis qu’il est chef du Parti libéral du Québec.
Captures d’écran à l’appui, le politicien a profité de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, dimanche, pour dénoncer les propos homophobes dont il est la cible.
« On a une approche différente, M. Milliard et moi là-dessus », a commenté M. Duhaime, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.
Photo Stevens LeBlanc
Même s’il « respecte la façon de faire » de son homologue libéral, « moi, je n’ai jamais prêté d’attention aux trolls », a confié le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ).
Alimenter les trolls
« La dernière chose que je veux leur donner, c’est de l’importance », a continué M. Duhaime.
« Les trolls, qu’est-ce qu’ils veulent ? Ils veulent justement sentir que ç’a de l’impact sur nous », a-t-il expliqué.
Il est convaincu que ceux qui publient des commentaires haineux sur les réseaux sociaux doivent « célébrer secrètement » en voyant les captures d’écran.
« Ça ne va pas les arrêter, ça pourrait même les alimenter », croit le chef conservateur.
Duhaime en reçoit également, des commentaires désobligeants. Mais « on n’est pas seuls », observe le chef du PCQ, en rappelant que c’est aussi le cas des femmes et des communautés culturelles, entre autres.
« Dès qu’il y a une différence, les médias sociaux prêtent à ça », constate M. Duhaime.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
« Célébrer » le Québec
À la différence du libéral Charles Milliard et de la solidaire Manon Massé, Éric Duhaime n’a pas souligné la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, mais il a publié un message pour marquer la Journée nationale des patriotes, le lendemain. « Chacun y va en fonction de ses intérêts », dit-il.
Au lieu d’exposer les « quelques idiots qui vont en sens contraire », des journées comme celle de dimanche devraient être l’occasion de « célébrer » le Québec, « une des sociétés les plus tolérantes envers l’homosexualité », estime M. Duhaime.
« Comme gai, il n’y a nulle part ailleurs qu’au Québec où j’aurais voulu venir au monde », souligne le chef du PCQ.
« Quand j’ai annoncé à mes parents que j’étais gai, ma mère a pleuré, pas parce qu’elle était homophobe, mais parce qu’elle pensait que ma vie allait être plus difficile. Je lui avais dit : “Tu te trompes, ça va être le contraire, ma vie va être plus facile”. Puis, c’est effectivement ce qui m’est arrivé », a-t-il relaté.
C’est d’ailleurs ce qu’il raconte dans son livre La fin de l’homosexualité et le dernier gay, qu’il a publié en 2017.
« Je ne pense pas qu’il y a de l’homophobie systémique ou du racisme systémique ou du sexisme systémique. Au contraire, je pense que quand t’es une minorité au Québec, souvent le système est de ton bord », considère M. Duhaime.
Photo Stevens LeBlanc
Ce qu’Éric Duhaime en dit :
« Je ne me suis jamais formalisé des insultes que je reçois, que ce soit en raison de mon orientation sexuelle, de ma coupe de cheveux ou de mon look. »
« Si je commence à leur répondre [aux trolls], puis à les exposer, ça va leur donner une importance qu’ils ne méritent pas. »
« Il ne faut pas dire aux jeunes que tu vas être une victime toute ta vie. Il faut leur dire : “Regarde, tu peux être chef d’un parti, tu peux aspirer à devenir premier ministre, à diriger une grande entreprise, à faire le travail de tes rêves ! Il n’y a rien d’impossible”. Je pense que c’est un message qui est positif et qu’on n’entend pas souvent, ou en tout cas pas assez. »
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