«Bibi était dans tous ses états»: un appel tendu entre Trump et Nétanyahou au sujet de la suite de la guerre en Iran

Pendant que Washington tente de faire avancer une entente de paix avec l’Iran, Donald Trump aurait eu un appel tendu mardi soir avec Benyamin Nétanyahou, qui pousserait pour la poursuite des frappes. Une situation qui indique, selon un analyste, que le dossier iranien est devenu un « boulet » pour le président américain.
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Un nouveau projet d’entente a été rédigé par le Qatar et le Pakistan, avec l’appui d’autres médiateurs régionaux, afin de tenter de réduire les divergences entre Washington et Téhéran, rapporte Axios.
Mardi soir, Donald Trump et Benyamin Nétanyahou auraient toutefois eu un long entretien téléphonique qualifié de « difficile » concernant la suite des discussions entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
MEGA/WENN
Selon une source américaine informée de l’appel et citée par le média américain, Trump aurait expliqué à Nétanyahou que les médiateurs travaillaient actuellement sur une « lettre d’intention » que Washington et Téhéran pourraient signer afin de mettre officiellement fin à la guerre et de lancer une période de négociations de 30 jours portant notamment sur le programme nucléaire iranien et l’ouverture du détroit d’Ormuz.
Deux sources israéliennes affirment que les deux dirigeants étaient en profond désaccord quant à la suite des événements. Une source américaine a même résumé la situation en affirmant que « Bibi était dans tous ses états après l’appel ».
Selon le spécialiste de la politique américaine Luc Laliberté, la pression est actuellement énorme sur les républicains et l’administration Trump, qui avaient promis un règlement rapide du conflit iranien, en cinq à six semaines.
Capture d’écran LCN
L’analyste rappelle également que c’est Benyamin Nétanyahou qui aurait persuadé Donald Trump, lors d’une rencontre à la Maison-Blanche, d’engager directement les États-Unis dans le conflit, contrairement à ses prédécesseurs qui avaient toujours évité de le faire.
« C’est Bibi — ou Nétanyahou — qui l’avait convaincu de se lancer aux côtés d’Israël dans une attaque contre l’Iran. Donc, que Donald Trump ouvre la porte à un plan de négociation, à un plan de paix, il semble que Nétanyahou ne l’ait tout simplement pas pris », a-t-il expliqué en entrevue au micro de Richard Martineau, à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM Montréal, mercredi.
La guerre en Iran, un « boulet » pour les États-Unis
Pour Luc Laliberté, cet échange tendu entre les deux dirigeants confirme surtout que Donald Trump s’est laissé entraîner dans un conflit dont il peine maintenant à sortir.
« C’est un boulet, ce dossier-là. Il n’y a pas de sortie au moment où on se parle de sortie gagnante pour les États-Unis », a-t-il décrété.
AFP
Même si l’Iran a été affaibli, l’objectif initial de Donald Trump, soit de provoquer un changement de régime en éliminant les dirigeants au sommet de l’État iranien, ne se serait jamais concrétisé.
« On se rend compte que ce n’est pas ça qui fonctionne et qu’on avait avisé Trump que ça pourrait très bien ne pas fonctionner non plus […] Un plan qui était audacieux, risqué, Donald Trump semble, au moment où on se parle, s’y être empêtré et Nétanyahou aimerait poursuivre. Et on sent que le président américain en a probablement plus que son voyage », a-t-il résumé.
Voyez l’entrevue intégrale dans les extraits vidéo et sonore ci-haut.




