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Élections provinciales 2026 | La CAQ se cherche 25 jeunes candidats… par courriel

Pendant que le Parti québécois et le Parti libéral multiplient les annonces de candidats vedettes, la Coalition avenir Québec cherche à pourvoir 25 des 125 circonscriptions du Québec… en recrutant des jeunes avec un appel à tous par courriel.


Publié à
5 h 00

« On est plusieurs jeunes motivés ! Alors, tu veux participer à ce moment historique et te porter candidat ? Fais-nous parvenir ton CV en cliquant ici. »

Cet appel à tous, obtenu par La Presse, est actuellement transmis aux jeunes membres du parti. L’objectif : amasser 25 candidatures de moins de 30 ans et ainsi réaliser une promesse prononcée par la nouvelle première ministre, Christine Fréchette.

Il est signé par le président de la Commission relève caquiste (CRCAQ), William Denis, et mène à un bouton permettant de déposer une lettre de présentation ainsi qu’un curriculum vitæ.

Deux politologues consultés par La Presse s’entendent : globalement, la position du gouvernement n’est pas à envier à cinq mois des élections d’octobre, et ce genre de geste peut laisser croire que peu d’intéressés cognent à la porte.

« Ce n’est pas un signe d’un gros succès dans le recrutement des candidatures », pense Marc André Bodet, professeur de science politique à l’Université Laval.

En comparaison, chez les péquistes et les libéraux, on a présenté durant les dernières semaines de nouveaux visages qui ont le potentiel de devenir ministres. Ce n’est pas le cas de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Mauvaise posture

Le courriel a été rédigé parce que « l’aile jeunesse souhaite recruter parmi les membres jeunes de la CAQ, et ce, aux quatre coins du Québec », nous répond Claude Potvin, directrice des communications du parti.

« Nous sommes très satisfaits de la réponse et des annonces seront faites en temps et lieu, dit-elle. Le processus de sélection est rigoureux et est exactement le même que celui de n’importe quel candidat. »

En 2022, la CAQ avait présenté 12 candidatures de 30 ans et moins. Même si le gouvernement sortant a remporté 90 sièges, tous les jeunes ont été battus.

Ainsi, recruter 25 personnes de cet âge semble « relativement ambitieux », selon Jean-François Daoust, professeur en politique appliquée à l’Université de Sherbrooke.

Puis, si le nombre est atteint, il faudra surveiller où ces candidatures jeunes sont placées.

Si elles sont présentées dans des circonscriptions favorables en 2022 comme la couronne du 450 ou la région métropolitaine de Québec, c’est de mauvais augure, dit Marc André Bodet. Cela peut signifier soit qu’on n’a pas confiance en nos chances de gagner, ou qu’aucun poids lourd n’a voulu se mouiller.

Ça regarde vraiment mal. J’ai de la misère à identifier cinq circonscriptions où je me dis que la CAQ a des chances d’être élue.

Jean-François Daoust, professeur en politique appliquée à l’Université de Sherbrooke

Attention à la recette Carney

Depuis son arrivée comme première ministre en cours de mandat, Christine Fréchette « tente de faire un Mark Carney numéro deux », soit de remplacer le premier ministre en poste et remporter l’élection subséquente, illustre Marc André Bodet.

Cependant, non seulement le contexte et l’ordre de gouvernement diffèrent, mais aussi elle était une ministre importante de François Legault, contrairement à l’ex-banquier canadien qui était un « outsider » au fédéral.

En politique, ce n’est pas comme un gâteau. Tu ne peux pas prendre deux fois la même recette et espérer le même résultat.

Marc André Bodet, professeur de science politique à l’Université Laval

Le mode de scrutin québécois peut se montrer sévère. Il défavorise une répartition géographique du vote pour un parti sans région forte claire, même si celui-ci amasse une tranche substantielle du vote populaire. C’est le cas projeté de la CAQ. Conséquence : le parti pourrait perdre l’entièreté de ses députés.

Les plus récents sondages provinciaux (Synopsis et Léger) placent les péquistes de Paul St-Pierre Plamondon et les libéraux de Charles Milliard au coude-à-coude pour la tête : les deux camps obtiendraient jusqu’à 30 % du vote populaire.

Mme Fréchette semble toutefois voir un éclat de lumière au bout du tunnel : pour la première fois en 12 mois, son parti vient de repasser la barre cruciale des 20 %. Le coup de sonde Léger lui donnait 22 %, un pointage qui lui permettrait de conserver quelques circonscriptions.

La représentante de la troisième voie pourrait aussi continuer de réaliser des gains nets en courtisant notamment des électeurs libéraux, si elle continue de parler d’économie et de freiner ses ardeurs nationalistes.

Le « vrai défi » de la CAQ, selon M. Bodet, sera de cimenter une position crédible dans les sondages pour convaincre des personnalités ayant de gros CV, comme un PDG d’entreprise, « de se lancer dans des circonscriptions où ils ont une chance ».

À cet effet, bonne nouvelle pour la première ministre : selon les sondages internes de l’Université Laval, il n’y a jamais eu autant d’indécis depuis l’époque Charest, il y a 20 ans. Elle a donc une chance de monter.

« [Mme Fréchette] ne dira pas ça, mais c’est vraiment une question de survie, estime Jean-François Daoust. Quand on dit qu’un parti est rayé de la carte, normalement c’est une image. Là, c’est une réelle possibilité. Alors son objectif, c’est de garder une poignée d’élus caquistes. Avec 20 % [du vote général], elle aurait réussi. »

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