Énergie et Churchill Falls: c’est le Québec qui devrait être survolté

Encore une fois, sur une question énergétique, une province canadienne nous tourne le dos.
Alors que nous assumons tous les risques avec le protocole d’entente sur Churchill Falls, signé en 2024, en faisant preuve de bonne foi et en évitant d’être pingre, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador trahit sa signature.
Si nous avons réussi à devenir maîtres de notre production d’électricité, au point de nous en faire un levier de prospérité, cette émancipation s’est faite sans le Canada, et parfois malgré lui.
Continuité
Retour historique.
En 1963, lors de la nationalisation des compagnies d’électricité, Québec se heurte au pouvoir des grandes banques canadiennes, qui refusent de financer l’opération.
Le jeune Parizeau trouve une voie de contournement au Canada en passant par Wall Street. Sans les Américains, notre nationalisation aurait été compromise.
Depuis, nous nous sommes arrangés seuls : nos barrages, y compris à Churchill Falls, et nos lignes de transport sont le seul fait de notre argent collectif.
Ailleurs ? Ils ont été aidés par Ottawa et donc partiellement par nous.
Massivement.
L’industrie pétrolière albertaine est continuellement soutenue par le gouvernement fédéral (10 milliards cette année !). Même chose pour Terre-Neuve avec Hibernia, Bay du Nord et Muskrat Falls. Et le développement récent du nucléaire ontarien a aussi été épaulé par le fédéral.
Sans rancune, même si insulté régulièrement par l’Alberta et Terre-Neuve, le Québec a voulu se connecter à ses voisins.
Mais l’Ontario a refusé une coentreprise pour qu’on lui vende nos surplus d’électricité (2018). Le Nouveau-Brunswick a refusé l’expansion d’Hydro-Québec sur son territoire (2010). Longtemps, Terre-Neuve-et-Labrador a voulu nous contourner avec l’aide du fédéral. Maintenant, elle veut rouvrir l’entente.
Profit
Nous ne sommes pas habitués à être en position de force au Canada. Nous le sommes ici.
On n’a pas à être gêné d’en tirer profit.



