Menaces de la Russie envers la Lettonie : les soldats canadiens sont-ils à risque?

Les soldats canadiens déployés en Lettonie ne devraient pas faire face à une invasion imminente de ce pays par la Russie malgré de récentes menaces de la part de Moscou, selon l’ancien officier des Forces armées canadiennes, Éric Sauvé.
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Le représentant russe aux Nations unies, Vasily Nebenzya, aurait menacé mardi d’une forte riposte en Lettonie si des drones ukrainiens étaient lancés depuis son territoire vers la capitale russe, selon ce que rapporte vendredi le National Post.
Plus de 3000 soldats canadiens sont actuellement déployés dans ce pays dans le cadre de l’opération REASSURANCE de l’OTAN. Il s’agit du plus grand déploiement de soldats canadiens dans le monde.
Cependant, selon M. Sauvé, même si les paroles de Moscou doivent être prises au sérieux, les signaux qui laisseraient présager une attaque russe imminente en Lettonie ne sont pas encore présents.
« Je ne crois pas qu’il faut prendre ça au sérieux. Cependant, il faut prendre au sérieux les menaces de la Russie », a-t-il dit au micro de Mario Dumont à LCN.
« Ce qu’on voit en ce moment, c’est plus la guerre hybride, c’est-à-dire influencer les personnes qui parlent russe, le sabotage, la guerre cybernétique, a-t-il ajouté. S’il y avait à y avoir une invasion russe dans ces pays-là, on verrait pendant des semaines des troupes qui seraient massées à partir de la Russie et de la Biélorussie, ce qui n’est pas le cas en ce moment. »
Selon celui qui est également président de la firme de consultants en sécurité Innovago, ce n’est pas la première fois que la Russie y va de telles menaces.
« C’est une tactique qu’ils emploient régulièrement, de mentionner qu’ils voient des choses qu’ils n’aiment pas à l’extérieur dans le but d’agrandir leur influence », a-t-il mentionné.
« Poutine ne cache pas le fait qu’il veut voir les pays baltes revenir sous le giron russe, comme dans le temps de l’Union soviétique, a ajouté M. Sauvé. Ils travaillent fortement là-dessus. Cependant, les forces russes sont vraiment commises en Ukraine. »
La ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, a par ailleurs dénoncé les rumeurs propagées par la Russie.
« Lors de ma visite dans les États baltes au cours de la dernière semaine, j’ai réitéré le rejet par le Canada de la campagne de désinformation déstabilisatrice menée par la Russie concernant les récents incidents de drones, a-t-elle indiqué sur X. Le Canada se tient aux côtés de la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie. »
M. Sauvé indique que la Russie subie des pertes économiques significatives, qui ne lui permettent pas d’ouvrir un deuxième flanc… pour l’instant.
« Si le front se stabilisait en Ukraine et qu’on arrivait à un cessez-le-feu, évidemment que la pression va être sur les pays baltes [afin qu’ils puissent] se défendre contre des incursions russes qui pourraient venir par la suite », a-t-il affirmé.
D’ici là, les soldats canadiens demeurent prêts à toute éventualité.
« Ils ont fait un exercice majeur en novembre dernier avec 14 autres pays. Ils se préparent justement à cette éventualité-là, un peu comme nos soldats en Allemagne durant le temps de la guerre froide qui étaient à l’époque, jusqu’à 6700 militaires avec des familles, des hôpitaux, des écoles, et se préparaient à une invasion russe », a expliqué l’expert.
« Mais pour l’instant, comme je l’ai mentionné, la Russie est vraiment trop engagée en Ukraine pour faire quoi que ce soit d’autre », a-t-il renchéri.
Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus




