Canadien – Hurricanes | En quête d’une première pour ce groupe

(Raleigh) Si jamais un jour, après sa carrière de joueur, Phillip Danault visite le Temple de la renommée du hockey, il aura sans doute l’impression de revenir dans les vestiaires où il a fait carrière, en regardant les bustes des intronisés.
Publié à
13 h 32
Mis à jour à
13 h 52
Samedi midi, il a été appelé à revenir sur les meneurs d’hommes qu’il a côtoyés au fil des ans, surtout ceux qui étaient particulièrement doués pour encadrer les plus jeunes.
« Un qui me vient à l’esprit, c’est Corey Perry. Il a été en finale six années en ligne, il a gagné une Coupe Stanley, a rappelé l’attaquant du Canadien, en point de presse à l’hôtel où séjourne l’équipe. Shea Weber, Drew Doughty, Anze Kopitar, Carey Price, Andrew Shaw… Je peux en nommer plein. C’est important d’avoir ça dans un vestiaire. Oui, on a un jeune groupe, mais on ne joue pas comme un groupe immature. »
Ce jeune groupe aura l’occasion, samedi face aux Hurricanes, d’ajouter une expérience qu’il n’a jamais vécue à ce jour, du moins collectivement : prendre une avance de deux matchs dans une série. Le deuxième match de la finale de l’Est aura lieu à 19 h, au Lenovo Center.
La dernière fois que le Tricolore a mené une série par deux matchs, Perry, Weber et Price portaient tous les couleurs du Canadien, en compagnie de Danault, bien sûr. C’était en 2021, lors du balayage en quatre matchs face aux Jets, au deuxième tour. De ce parcours, il ne reste que Danault, Nick Suzuki, Cole Caufield, Josh Anderson, Jake Evans et Brendan Gallagher.
L’an dernier, face aux Capitals, le CH n’a pas même gagné deux matchs. Puis, cette année, l’équipe a eu bon nombre d’occasions de se doter d’un coussin, ou de carrément gagner une série.
- Match 2 contre Tampa : le Canadien mène 2-1 en début de troisième période, mais le Lightning crée l’égalité avec huit minutes à jouer et l’emporte en prolongation.
- Match 4 contre Tampa : le Tricolore amorce encore la troisième période avec une avance de 2-1, mais cède dès la deuxième minute, en route vers un revers de 3-2.
- Match 6 contre Tampa : le CH livre un effort vaillant, mais se bute à un Andrei Vasilevskiy en grande forme. C’est 0-0 après 60 minutes, et Gage Goncalves inscrit le but gagnant en prolongation.
- Match 4 contre Buffalo : Montréal mène 2-1 après 20 minutes, puis un mauvais bond dans le coin de la patinoire permet aux Sabres de créer l’égalité. Le Canadien ne dispute pas un vilain match, mais les Sabres reprennent vie et l’emportent 3-2.
- Match 6 contre Buffalo : le Tricolore dispute carrément son pire match des séries, et se fait molester 8-3 devant ses partisans.
À tort ou à raison, cette incapacité peut être associée à un manque d’expérience. Martin St-Louis n’a toutefois pas paru s’en faire avec cette incapacité de son équipe à se distancer dans une série. « C’est un match, le but est d’en gagner quatre avant que l’autre en gagne quatre. On va se concentrer là-dessus », a-t-il sèchement répondu.
PHOTO KARL B DEBLAKER, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Martin St-Louis
Dans une autre réponse, il a comparé une potentielle avance de deux matchs dans une série à une avance de deux buts dans un match.
Prendre l’avance, c’est toujours le fun, mais tu peux marquer les deux premiers buts d’un match, il y a d’autres actions qui s’en viennent, le match n’est pas fini.
Martin St-Louis, entraîneur-chef du Canadien
Cela dit, dans le pire des scénarios, le CH est assuré de rentrer à la maison avec une égalité de 1-1. Sur le papier, une telle situation peut paraître réconfortante pour une équipe, mais les membres ne le voient évidemment pas ainsi. « Tu dois rester affamé. On a un groupe affamé, a estimé St-Louis. On ne serait pas ce qu’on est sans cette mentalité. Mais tu peux avoir la meilleure mentalité, tu dois exécuter et l’autre équipe a faim elle aussi. »
Pas d’entraînement
Au lendemain d’un entraînement très optionnel, les joueurs du Canadien ont encore été tenus, pour la plupart, à l’écart de la patinoire.
On a beaucoup parlé de la fatigue accumulée du Canadien, qui a amorcé cette finale de l’Est avec 14 matchs éliminatoires dans le corps, contre huit pour les Hurricanes. Les Montréalais agissent clairement en ce sens, tandis que les Hurricanes, eux, ont tenu un exercice complet.
« Ce qu’on fait entre les matchs est important, a rappelé St-Louis. Aussi, comment on gère le temps de glace. L’énergie va monter et descendre d’un match à l’autre. Il faut juste savoir le genre de jambes qu’on a. Ton réservoir ne sera jamais à 100 %, mais on fait ce qu’on peut pour s’en approcher. »
Évidemment, les Hurricanes vont tenter tout en leur pouvoir pour épuiser les joueurs du Canadien, les défenseurs en particulier. Au dernier match, les hommes de Rod Brind’Amour ont distribué 44 mises en échec, dont 26 contre les six défenseurs du CH. Noah Dobson a été ciblé huit fois, un sommet, mais Lane Hutson, plaqué six fois, n’est pas demeuré en reste.
« Il y a des moments où tu dois te faire frapper, tu dois être prêt et tu sais que ça s’en vient, a rappelé Hutson. Tout le monde préfère ne pas se faire frapper, mais ça fait partie du jeu. »
Certaines de ces mises en échec des Canes ne les ont toutefois pas avancés. Les buts de Cole Caufield et d’Ivan Demidov, jeudi, ont été inscrits tout de suite après des coups d’épaules des Hurricanes, coups d’épaules qui ont finalement été vains puisque les Montréalais ont gardé le contrôle de la rondelle.
Lisez « Laver son linge sale en famille »




