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Rosalie Bonenfant fait un aveu sur sa relation amoureuse et aborde la trentaine qui approche

Animatrice, actrice, documentariste… Rosalie Bonenfant n’a pas chômé au cours des dernières années. Je l’ai rencontrée pour lui parler de ses projets, mais aussi de son rapport au métier, du népotisme dont on l’accuse parfois et de ce jardin secret qu’elle cultive désormais à l’abri des regards.

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Rosalie, comment ça va ?

Ça va très bien, je suis heureuse et j’ai plein de nouveaux projets. Je me considère comme très chanceuse. J’ai su que l’émission Deux hommes en or et Rosalie étaient renouvelée pour la saison prochaine et ça me remplit de bonheur. Sinon, je reviens d’un voyage à Lille, où je suis allée présenter la série Les Saturnides au festival Séries Mania. Je suis aussi allée en Éthiopie pour tourner un documentaire. J’ai passé 12 jours là-bas et ç’a été toute une expérience !

Parle-moi de la série Les Saturnides.

C’est une série déclinée en 6 épisodes de 12 minutes qui mélange le thriller et l’horreur. Elle est réalisée par Neegan Sioui Trudel. J’y tiens le rôle d’une maman qui est épuisée à cause d’une pandémie de manque de sommeil, et tout ça dégénère ! Je joue avec Mario Saint-Amand et Rüdi Loup.

Tu seras aussi de la série Villeneuve, dans laquelle tu campes Joann Villeneuve.

Nous avons fini de tourner à la fin de 2025 et le film sortira à la fin de 2026. J’anticipais ce projet-là avec une grande intensité, mais comme le tournage a été retardé, ça a fait en sorte que je me suis un peu détachée de la grande pression que je ressentais. Je voyais ça comme quelque chose de tellement gros ! Je me disais que ça allait sûrement me faire découvrir en tant que comédienne, que ce serait une immense opportunité. Finalement, j’ai appris à ne pas trop m’en mettre sur les épaules, à prendre les choses quand elles passent, et j’ai vécu pleinement ce projet-là. J’ai fait ce travail avec rigueur, passion et intérêt, sans nécessairement avoir trop d’attentes.

Et qu’en est-il de ton rôle de Jade dans la série Annie & Joey?

Disons que je joue une pas fine qui a beaucoup de raisons de rendre Annie insécure et jalouse face à Joey. En fait, elle a autant de bonnes que de mauvaises raisons, parce que c’est une fille profondément arriviste. Elle est rusée et elle sait quoi faire pour avoir ce qu’elle veut, c’est-à-dire la même chose qu’Annie : Joey. Elle est un bâton dans les roues d’Annie.

C’est comment de jouer une pas fine, toi qui es une gentille dans la vraie vie ?

Si tu savais comme ça me fait plaisir d’entendre ça ! Quand j’ai décroché ce rôle, j’ai eu un choc et j’ai appelé mon agente, avec l’inquiétude que les gens du milieu me perçoivent peut-être comme une pas fine. J’ai vraiment eu besoin d’être rassurée, car j’ai aussi joué une petite détestable dans le film Anna Kiri et dans la série Jérémie. J’ai alors pensé que c’était peut-être ça, mon casting : jouer des filles intimidantes.

As-tu l’impression que tu peux être intimidante pour certaines personnes ?

Je pense que je cache beaucoup ma gêne et ma maladresse sociale en ne me fermant jamais la gueule. Aussi, j’ai une mère assez exubérante et je pense que j’ai appris à être comme ça à son contact. Être la fille qui prend la parole, qui parle fort, qui fait de grands gestes avec ses grands bras et ses grandes mains, ça ne traduit pas celle que je suis, celle qui, en société, se sent comme une crotte de nez sur un comptoir. J’espère que ça va se résoudre dans ma trentaine.

Justement, tu vas avoir 30 ans dans quelques mois. Comment vis-tu ça ?

Ça me fait bizarre, et en même temps, je suis très fière d’où je suis rendue. Je suis à la fois reconnaissante et un peu mal à l’aise, parce que j’ai l’impression que je n’ai pas fait tout ce que j’aurais dû faire. J’ai l’impression que je suis un peu en retard sur ma vie. Je me voyais plus loin que ça à 30 ans. Mais je me dis que j’ai encore beaucoup de temps devant moi et qu’il m’en reste encore beaucoup à faire. À presque 30 ans, je suis plus heureuse que je ne l’ai jamais été dans ma vie.

Tu me dis que tu as l’impression d’être en retard sur ta vie. Explique-moi ça ?

On dirait que le jour où j’ai réalisé que je n’étais pas Xavier Dolan, que je n’étais pas rendue aussi loin que lui, ç’a été un échec et un fardeau pour moi. Ce sont de petits enjeux sur lesquels je travaille chaque semaine avec ma super psy. J’ai cette impression de ne pas en avoir fait assez et je tente beaucoup de me détacher de cette pression d’avoir à tout essayer et à tout faire. En étant associée à l’étiquette maudite des « nepos babies », j’ai aussi l’impression que j’ai tout à prouver. J’ai une volonté de briser ça. En même temps, je tente de me guérir de tout ça, j’en fais moins, je me retire dans mon jardin à la campagne et je me rappelle que tout va bien.

Qu’as-tu envie de dire aux gens qui pensent que tu es le fruit du népotisme ?

C’est difficile, parce que si tu reviens à la sémantique de la chose, par définition, je suis une « nepo baby », je suis l’enfant d’une personnalité connue et j’ai bénéficié de cette chance-là. Maintenant, je pense que les gens s’imaginent parfois que je l’ai eue facile et que ma mère a appelé tous ses contacts pour que ça marche pour moi. En réalité, j’ai participé à un bien-cuit sur ma mère et c’est là qu’on m’a repérée. J’ai eu la chance d’avoir une porte d’entrée qui était peut-être moins difficile à ouvrir que pour d’autres. Mais en même temps, ça fait 10 ans que je fais le métier et on continue de m’engager. Je ne dois pas faire un si mauvais boulot que ça.

Est-ce que ta carrière ressemble à ce que tu souhaitais au départ ?

Je pense que plus je vieillis, plus je me détache de cette volonté d’être parfaite, de ne jamais me tromper, de toujours être super bonne et à la hauteur de ce qu’on attend de moi. Je me mets trop de pression avec tout ça. Je me mets une pression pour l’excellence et je sais que ça peut être perçu comme une forme de snobisme. Je dois me détacher de cette volonté d’être parfaite ; ça me mène à apprécier certaines expériences que je n’aurais pas appréciées autrement, comme l’animation. J’avais un jugement de valeur face à ça et aujourd’hui, en me dégageant de moi et de mon ego, je réalise que j’aime ça, animer. Mais j’ai eu à briser les tabous avant de me lancer, comme en ce moment. Je me lance dans le tournage de documentaires et c’est une autre expérience que je ne pensais pas faire dans ma vie. J’adore ça. Ça m’amène à être plus vulnérable et plus imparfaite. Je pensais surtout être comédienne et finalement, la vie m’amène de belles surprises.

Tu me dis que tu touches le bonheur plus que jamais. Qu’est-ce qui crée ce bonheur en ce moment ?

J’ai envie de te dire 10 ans de thérapie et une certaine maturité. Vivre à l’extérieur de Montréal me fait un bien fou, je me sens beaucoup moins stressée et préoccupée par des trucs qui ont peut-être moins d’importance aujourd’hui. Je ne suis peut-être pas exactement où je m’imaginais être dans ma vie, mais je suis bien, finalement… J’ai une belle vie à la campagne avec mes animaux, je suis paisible et c’est une réussite en soi.

À quoi ressemble ta vie à la campagne ?

J’adore ça. On a deux gros chiens et on a beaucoup d’animaux de compagnie. J’aime cette vie-là. La ville ne me manque pas tant.

Tu dis « on », à qui fais-tu référence ?

À moi et à la personne avec qui je partage ma vie. Je ne veux plus en dire autant sur ma vie sentimentale, car je trouve que c’est beaucoup de gestion. Je n’ai pas envie que les gens viennent mettre leur nez dans mon bonheur. J’ai choisi de protéger ma relation, de devenir une personne plus discrète et de garder pour moi ce qui m’arrive de beau. Alors, oui, je suis en couple, mais je ne vais pas en dire plus. Je garde ça pour mon jardin secret. Mais je suis heureuse.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Je me souhaite de la paix, du détachement, de la santé… Je veux continuer d’avoir de bonnes habitudes de vie et je souhaite récolter ce que j’ai semé sur le plan personnel dans les dernières années. Je me souhaite que ces beaux bonheurs personnels et professionnels se poursuivent.

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