Conflit au Moyen-Orient | Un accord toujours possible lundi, selon Rubio

(Washington) Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a dit, avec prudence, que Washington pourrait avoir des nouvelles lundi concernant un potentiel accord avec l’Iran.
Mis à jour hier à
13 h 34
« Nous pensions avoir des nouvelles hier soir, peut-être aujourd’hui [lundi], je ne m’avancerais pas trop là-dessus », a déclaré le secrétaire d’État américain depuis New Delhi, en référence à la possibilité d’un accord.
Donald Trump a toutefois tempéré dimanche les espoirs d’un accord imminent avec l’Iran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, malgré des signes de progrès des deux côtés.
« J’ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, en prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur « jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé ».
Un haut responsable américain, cité par Axios, a pour sa part indiqué que la Maison-Blanche ne s’attendait pas à ce que l’accord soit scellé dimanche. La présidence « pense que l’approbation de l’accord par le pouvoir iranien pourrait prendre plusieurs jours », selon le média.
Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l’Iran, le conflit s’est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien.
Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis, mais l’économie mondiale continue d’être secouée par le quasi-blocage du stratégique détroit d’Ormuz à l’initiative de l’Iran depuis près de trois mois.
PHOTO MAJID-ASGARIPOUR, FOURNIE PAR REUTERS
Selon les médias américains, l’accord permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, détroit vital pour l’économie mondiale.
« Si je conclus un accord avec l’Iran, » a affirmé Donald Trump dans un nouveau message dimanche, « ce sera un bon accord, sérieux, pas comme celui conclu par (Barack) Obama », faisant là référence à l’accord nucléaire de 2015 négocié par l’ancien président démocrate et dont il s’est retiré lors de son premier mandat.
Le dirigeant républicain semblait répondre ainsi aux critiques émises ce week-end dans son propre camp vis-à-vis d’un accord qui serait favorable à l’Iran.
Selon les médias américains, cet accord permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit.
Et le nucléaire ?
Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l’étranger.
« Malgré des discussions entamées aujourd’hui [dimanche], les États-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l’accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent à ce moment irrésolus », a cependant indiqué l’agence de presse Tasnim en fin de journée.
Fars rapporte quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l’Iran d’exporter ces productions, primordiales pour son économie.
L’accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire.
« Les négociations sur le nucléaire sont des questions hautement techniques. On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table », a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio au New York Times depuis New Delhi.
Une fois acquise la réouverture du détroit d’Ormuz, « nous entamerons, selon des modalités convenues, des négociations très sérieuses sur l’enrichissement, sur l’uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais se doter d’armes nucléaires », a-t-il dit, évoquant à cet égard un délai de « 60 jours ».
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a dit dimanche avoir convenu avec M. Trump que tout accord final avec l’Iran devait « éliminer entièrement la menace nucléaire », selon un communiqué après un entretien téléphonique samedi soir entre les deux alliés.
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Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou
Le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d’une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer « accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations ». Une première s’était tenue à Islamabad le 11 avril, sans débouché.
« Droit de se défendre »
Sur le front libanais, deux personnes ont été tuées dimanche par des frappes israéliennes, au lendemain d’un raid israélien qui a fait 11 morts, a annoncé le ministère de la Santé, malgré la trêve en cours depuis le 17 avril.
M. Nétanyahou a affirmé dimanche que Donald Trump avait, lors de son appel téléphonique, réitéré « le droit » d’Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban, tandis que le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a dit espérer que l’accord entre Washington et Téhéran inclurait son pays.
Mais le dirigeant du mouvement chiite a aussi une nouvelle fois rejeté les négociations directes du gouvernement libanais avec Israël, dont une quatrième session est prévue début juin à Washington, et répété qu’un désarmement de son organisation, exigé par les autorités libanaises, concrétiserait un « projet israélien ».
Le chef de la diplomatie américaine a accusé le mouvement pro-iranien de vouloir « replonger le Liban dans le chaos ».




