Inquiet, l’économiste en chef de Desjardins critique les nouvelles mesures fiscales de Christine Fréchette

La première ministre Christine Fréchette risque de répéter les erreurs de François Legault, estime l’économiste en chef du Mouvement Desjardins, qui s’inquiète de l’élimination de la TVQ sur une série de produits à l’épicerie et en pharmacie.
• À lire aussi : Voici les produits sur lesquels la TVQ sera abolie de façon permanente
• À lire aussi : Fréchette et la CAQ : la saison des possibles
• À lire aussi : Malgré un rappel à l’ordre de son ministre des Finances, Christine Fréchette se défend de dépenser « à tout vent »
« Le total des nouvelles mesures avancées depuis le budget risque de dépasser l’enveloppe qu’avait prévue le ministre des Finances, Eric Girard, dans le dernier budget », signale Jimmy Jean sur son réseau social Linkedin.
« À l’heure où les agences de notation distribuent des décotes, il est préoccupant de constater déjà un potentiel dépassement, surtout pour des initiatives qui n’auront à peu près pas de portée à moyen terme », ajoute-t-il.
Le ministre des Finances Eric Girard avait prévu une enveloppe de 250 millions $ dans le dernier budget afin de permettre au futur premier ministre de réaliser certains engagements pris durant la course à la chefferie.
Depuis son élection à la tête de la CAQ, Christine Fréchette a multiplié les annonces coûteuses.
Le gouvernement a déjà puisé 140 millions $ pour rembourser la « taxe de bienvenue », 22 millions $ pour l’aide aux soins à domicile et 30 millions $ pour réduire l’impôt des PME.
Aujourd’hui, la première ministre annonce l’abolition de la TVQ sur certains produits d’épicerie, une mesure évaluée à 100 millions $ annuellement. Une réduction des droits d’immatriculation devrait aussi être annoncée.
Dans un message daté du 2 mai, le gardien des finances publiques, Eric Girard, avait lancé un avertissement à sa nouvelle patronne, deux semaines après son assermentation :
« [Les Québécois] connaissent l’état des finances publiques et souhaitent une première ministre responsable qui ne dépense pas à tout vent, comme son prédécesseur était perçu », a-t-il écrit dans un courriel dévoilé par Radio-Canada.
Selon Jimmy Jean, le ministre des Finances « a raison de s’en inquiéter », d’autant plus qu’il « avait fait la chose appropriée en fixant une limite responsable pour des mesures additionnelles ».
Comme en 2022…
L’économiste estime que Christine Fréchette commet la même erreur que François Legault à quelques mois de l’élection de 2022.
« En 2022, j’avais critiqué le gouvernement du Québec pour son crédit d’impôt visant la vaste majorité des ménages. Aujourd’hui, la première ministre Fréchette propose une élimination de la TVQ sur une série de produits à l’épicerie et à la pharmacie, sans distinction selon le revenu », souligne-t-il.
M. Jean rappelle que le Québec traverse actuellement des difficultés importantes dans la majorité des secteurs de son économie, avec un taux de chômage à son plus élevé niveau en dix ans, et des taux d’intérêt en hausse à l’échelle mondiale qui exercent une pression sur le coût du service de la dette.
« La seule conclusion que l’on puisse tirer est qu’il s’agit d’une conjoncture budgétaire inappropriée pour des mesures non structurantes et réparties à l’ensemble des tranches de revenus sur une base permanente », conclut-il.
– Avec la collaboration de Patrick Bellerose



