Barrages L1 – L2 – Nice – Saint-Etienne – Les deux clubs jouent avec la peur au ventre

Bard et Kanté lors de Nice – Saint-Etienne
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Il fallait sacrément avoir Nice ou Saint-Etienne dans les tripes et dans le cœur pour s’infliger, mardi, le barrage aller. Ce match fut le plus pauvre du football professionnel français depuis 2022 avec aucun tir cadré et 0,41 xg. Il fut assez vite clair qu’hormis quelques situations litigieuses, il ne se passerait rien. Aucun joueur n’a pris d’initiative, de risque.
Pourquoi ? Ces barrages, qui font désormais partie du paysage français depuis neuf ans, opposent la plupart du temps un challenger de L2 face à un sans-grade de L1. Sauf qu’en ce mois de mai, le challenger de L2 n’a rien d’un challenger et a investi des sommes monstres à l’échelle de son championnat.
Les Verts devaient écraser la L2
Saint-Etienne devait écraser la L2, sa saison est un échec et ce barrage n’est pas une opportunité mais une dernière bouée de secours. Nice non plus n’avait rien à faire là. Passés à deux doigts de la Ligue des champions en début de saison, les Aiglons n’ont jamais figuré dans la zone rouge sauf… à deux journées de la fin. Boosté par son puissant investisseur, Ineos, Nice présentait le cinquième budget de L1 sur la ligne de départ. Autant dire que les hommes de Claude Puel n’ont jamais envisagé de jouer leur survie un 29 mai.
Saint-Etienne et Nice se sont quittés sur le score de 0-0 au match aller de barrage d’accession à la Ligue 1.
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Cette configuration inédite explique en partie la paralysie totale du match aller. Les deux clubs, même celui de L2, ont plus à perdre qu’à gagner. Avec de tels investisseurs à leur tête, ils ne sont pas programmés pour la L2. “Sur une finale de Coupe de France, on a tout à gagner, on se lâche, on essaye de renverser la table. Là, pour les deux équipes, c’est très difficile”, analysait Claude Puel après la rencontre. Julien Le Cardinal, le défenseur des Verts, avouait lui que la priorité des Verts était d’abord de “ne pas faire n’importe quoi”. Car voilà plusieurs semaines que les deux formations font, pour le coup, n’importe quoi. Pour Nice, cela explique leur descente aux enfers.
Déficit de confiance
Mais si l’outsider de L2 a, le plus souvent, le vent dans le dos, ce n’est pas le cas de l’ASSE cette saison qui termine l’exercice la langue pendante. Hormis la fessée infligée à des Amiénois déjà condamnés lors de la dernière journée (5-0), les Verts n’ont marqué qu’un but lors de leur cinq autres derniers matches dont une défaite chez la lanterne rouge bastiaise (2-0) et une correction subie à domicile contre Troyes (0-3). Nice et Saint-Etienne n’ont pas seulement peur, ils sont en déficit spectaculaire de confiance.
Incapable de créer le moindre début de quelque chose devant 40 000 personnes mardi, il n’est pas dit que ces deux-là soient plus inspirés ce vendredi à huis-clos. Le match de la trouille risque encore de basculer dans un ennui profond. Sauf que cette fois-ci, il faudra bien trouver un vainqueur. La soirée risque d’être longue.
Saint-Etienne – Nice, le 26 mai 2026.
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