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Premier trimestre | Les économistes ne croient pas à une récession au Canada

(Ottawa) L’économie canadienne peine toujours à redémarrer, mais certains économistes qui ont commenté vendredi les derniers chiffres du produit intérieur brut réel ont estimé que cette faiblesse ne constituait pas nécessairement une récession.


Publié à
8 h 45
Mis à jour à
14 h 42

Craig Lord

La Presse Canadienne

Statistique Canada a annoncé vendredi que l’économie avait marqué le pas au premier trimestre de l’année.

Alors que le produit intérieur brut (PIB) réel, en ce qui concerne les dépenses, est resté stable d’un trimestre à l’autre, sa conversion en taux annualisé – le chiffre auquel la plupart des économistes accordent une attention particulière – amplifie les variations trimestrielles et se traduit par une baisse de 0,1 % pour le premier trimestre.

Cette baisse fait suite à une chute de 1,0 % du PIB réel au quatrième trimestre de 2025, un chiffre que Statistique Canada a révisé à la baisse vendredi.

Récession technique

Trois des quatre derniers trimestres au Canada affichent désormais une croissance négative du PIB réel. Deux contractions trimestrielles consécutives correspondent à certaines définitions d’une récession technique, bien que les économistes qui se sont exprimés vendredi n’aient pas tous été convaincus.

Ne vous méprenez pas, l’économie a eu du mal à trouver un élan significatif au cours de l’année écoulée… mais pour l’instant, nous n’irions pas nécessairement jusqu’à parler de récession technique.

Marc Ercolao, économiste de la Banque TD

Il a ajouté que la baisse du PIB réel au dernier trimestre était encore pratiquement nulle et qu’elle pourrait facilement être révisée à la hausse dans les prochains rapports de Statistique Canada.

À l’approche de la publication de vendredi, le consensus parmi les économistes tablait sur une croissance annualisée de 1,5 % au premier trimestre. M. Ercolao a mis en avant la faiblesse inattendue des dépenses publiques, qui avaient été soutenues jusqu’en 2025, pour expliquer ce résultat inférieur aux prévisions.

Doug Porter, économiste en chef à la BMO, a indiqué dans une note adressée à ses clients qu’il était « inutile d’enjoliver ce résultat amer, car l’économie peine visiblement à croître depuis le début de la guerre commerciale ».

« Même si la question de savoir si cela constitue une récession fera l’objet de nombreux débats (nous dirions “non, pas vraiment”), il ne fait guère de doute que l’économie a eu du mal à progresser au cours de l’année écoulée dans le contexte du conflit commercial en cours », a affirmé M. Porter.

« Vent de face » sur l’économie

Les nuances de Statistique Canada quant à la situation économique se sont perdues dans la joute oratoire opposant les troupes du gouvernement de Mark Carney à celles, conservatrices, de Pierre Poilievre. L’absence de ces nuances a pu être constatée de part et d’autre.

Les conservateurs ont tout simplement parlé de « récession » ou de « récession à part entière », blâmant les gouvernements libéraux de Mark Carney et de son prédécesseur, Justin Trudeau, pour des dépenses considérables sur le dos de contribuables.

Selon eux, il est clair comme de l’eau de roche que les autres pays du G7 s’en tirent mieux, mais le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a rétorqué, au cours de la période des questions, que les conservateurs « dénigrent » l’économie du Canada, en laquelle il a « confiance ».

Il s’en est ensuite tenu à répéter des propos semblables à ceux qu’il tient depuis des mois, malgré les nouvelles données.

« Ceux qui regardent [la période des questions] comprennent qu’évidemment, le monde fait face à un vent de face sur l’économie mondiale, a-t-il dit. Les gens comprennent qu’il y a un conflit au Moyen-Orient, qui est le conflit le plus important qu’on a vu en matière énergétique. Mais […] ils savent qu’on a un plan pour investir dans notre pays, pour investir dans nos jeunes, dans nos travailleurs, dans notre industrie. »

Devant les journalistes parlementaires qu’il avait conviés à l’extérieur de l’édifice du Parlement, M. Poilievre a tranché que « les excuses » sont inutiles.

« Les excuses ne mettront pas de nourriture sur la table de 2,2 millions de personnes qui ont dû avoir recours à une banque alimentaire. Les excuses ne ramèneront pas les emplois de 120 000 personnes qui ont perdu leur travail au cours des trois premiers mois de cette année », a-t-il affirmé.

Répondant à un journaliste qui lui demandait s’il ne sautait pas des étapes en qualifiant la situation de « récession à part entière », M. Poilievre l’a accusé de fournir des excuses au gouvernement.

Avec des informations d’Émilie Bergeron

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