Un important promoteur immobilier est placé sous haute surveillance

En difficulté, le groupe immobilier Finstar, connu entre autres pour sa commandite d’il y a quelques années à Occupation Double, se trouve maintenant sous haute surveillance du tribunal.
En réponse aux inquiétudes soulevées par le Groupe Dumont, l’un de ses plus importants créanciers, la Cour supérieure a émis une ordonnance de mise sous séquestre à son endroit, en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.
En des temps plus heureux, en août 2025, le pdg Simon Drouin, à l’occasion d’une soirée «Apéro FINSTAR», organisée à Sainte-Agathe-des-Monts.
Tirée de Facebook de Moe Tawil
Fondé en 2018 par l’entrepreneur Simon Drouin, le Groupe Finstar est impliqué dans le développement d’une quarantaine de projets immobiliers, surtout multirésidentiels, dans les régions de Lanaudière et des Laurentides.
Aux prises avec de créances de plus de 100 millions $, auprès de multiples créanciers, dont 31 garantis, le promoteur immobilier risque avant longtemps de se voir imposer un processus de mise en vente d’actifs sous contrôle judiciaire.
Recours à prêteurs alternatifs
L’homme d’affaires Simon Drouin, PDG de Finstar, est aussi propriétaire de l’Auberge du Lac-des-Sables, à Sainte-Agathe-des-Monts, depuis 2020.
Selon les premières observations de Raymond Chabot (RCGT), le séquestre nommé au dossier, les difficultés financières du Groupe auraient débuté à partir de 2021, lorsqu’à court de financement de financements institutionnels, l’entreprise de Terrebonne a commencé à cogner à la porte de prêteurs alternatifs.
Simon Drouin, PDG du Groupe Finstar et propriétaire de l’Auberge du Lac des Sables.
Tirée de LinkedIn
Ce recours à un financement aux conditions moins avantageuses, conjugué à des retards de construction et des dépassements de coûts, aurait entraîné une réduction de ses marges et une crise de liquidités l’empêchant de faire face à ses engagements.
Il n’en fallait pas plus pour qu’à partir de 2024, plusieurs hypothèques légales (notamment en lien avec des entrepreneurs impayés) soient inscrites à l’encontre de plusieurs de ses immeubles. Des partenaires financiers, comme la Banque Équitable, et les Caisses Desjardins de Terrebonne et de Saint-Agathe-des-Monts lui auraient aussi retiré depuis l’autorisation de percevoir les loyers de ses immeubles.
Sans nier la fâcheuse situation, l’homme d’affaires rejette l’idée que le recours au financement privé ait pu entraîner la chute de son entreprise.
« Oui, nous avons pris du financement privé. Mais non, ce n’était pas le signe d’une entreprise en difficulté », a-t-il affirmé dans une déclaration écrite acheminée au Journal, vendredi après-midi.
« Entre 2021 et 2024, nous avons mis en chantier plus de 300 unités, réalisé une centaine de transactions immobilières et acquis plus de 20 M de pi2 de terrains. Finstar Construction seulement est passée de 5,3 M$ à 21 M$ de chiffre d’affaires moyen annuel. »
« La croissance et les bénéfices ont été exceptionnels et la création de valeur encore plus, poursuit-il. (…) Une entreprise en détresse ne réalise pas ce type de croissance. »
Structure « boulimique »
Quoi qu’il en soit, dans un jugement, le juge Luc Morin a rappelé récemment l’avis d’un expert, qui avait qualifié de « boulimique » la structure corporative de Finstar, de « disparate » sa structure de financement, et de « l’urgence » exprimée de mettre en place un processus de vente et de sollicitation d’intérêt afin de limiter les dégâts pour le maximum de parties impliquées.
Depuis mars, l’entreprise s’est défaite de neuf de ses employés, l’équivalent d’environ 40 % de son personnel.
Dans une décision rendue la semaine dernière, la cour supérieure a prorogé la suspension des procédures à l’encontre de Finstar jusqu’au 5 juin.
Avec la collaboration de Philippe Langlois, Bureau d’enquête
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