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“Il ne sait toujours pas comment il a pu s’endormir” : près de quatre ans après le drame qui a fait six morts sur la RN 20, le conducteur espagnol jugé ce mardi en Ariège

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Le 19 août 2022, un choc frontal sur la RN 20, à hauteur de Savignac-les-Ormeaux, a coûté la vie à six personnes et fait quatre blessés. Près de quatre ans après cette catastrophe routière qui a profondément marqué l’Ariège, le conducteur du van espagnol comparaîtra ce mardi 2 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Foix pour homicides et blessures involontaires.

Le 19 août 2022 reste gravé dans la mémoire des Ariégeois. En plein cœur de l’été, sur la RN 20, à hauteur de Savignac-les-Ormeaux, un choc frontal d’une violence inouïe entre une Toyota Corolla et un van immatriculé en Espagne a fait six morts et quatre blessés. Le bilan, exceptionnellement lourd pour le département, avait bouleversé bien au-delà des frontières de l’Ariège. Près de quatre ans après les faits, le conducteur du van sera jugé ce mardi 2 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Foix pour homicides et blessures involontaires.

À l’époque, le drame avait coûté la vie à quatre membres d’une même famille originaire des Deux-Sèvres – un père, une mère et leurs deux enfants –, laissant derrière eux un fils aîné de 19 ans. Deux occupants du véhicule espagnol avaient également péri dans la collision.

Les investigations ont écarté toute forme d’élément aggravant 

Rapidement, les investigations avaient écarté toute consommation d’alcool ou de stupéfiants. Les analyses toxicologiques du conducteur s’étaient révélées négatives et aucun élément n’avait permis de mettre en évidence une vitesse excessive ou l’usage du téléphone au volant.

Selon les éléments du dossier, la thèse avancée depuis le premier jour n’a jamais été remise en cause. “Il n’y a pas de stupéfiants, il n’y a pas d’alcool, il n’y a pas de vitesse excessive. A priori, il n’y a pas d’utilisation du téléphone. Ce qu’il a toujours indiqué, c’est qu’il s’était endormi”, explique Maître Catherine Puig, avocate de la famille endeuillée.

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Une version que confirme également la défense. “La seule faute de sa part, c’est la négligence parce qu’il s’est endormi”, affirme Maître Gil Machado Torres, avocat du conducteur espagnol. “Il n’y a rien dans le dossier qui permette de dire qu’il avait une quelconque intention. C’est vraiment un accident. Un dramatique accident.”

“Je me souviens où j’étais ce jour-là”

Âgé d’à peine 21 ans au moment des faits, le prévenu, de nationalité espagnole et issu d’une famille d’origine chinoise établie de l’autre côté des Pyrénées, vit depuis sous contrôle judiciaire. “C’est un jeune sans histoire, sans antécédent. Aujourd’hui, il essaie d’avancer dans sa vie”, décrit son avocat. Mais près de quatre ans après les faits, le drame continue de peser lourdement sur ses épaules. “Il est profondément désolé. Il ne sait toujours pas comment il a pu s’endormir”, poursuit Maître Gil Machado Torres. “Nous avons préparé l’audience pour qu’il puisse s’exprimer devant les familles.”

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Face à lui, la douleur des victimes est restée intacte. “Je me souviens où j’étais ce jour-là. Dès que je parle de ce dossier, tout le monde me dit qu’il s’en souvient”, confie l’avocate des parties civiles. Ce mardi, les proches des six victimes, les blessés et le conducteur espagnol devront replonger dans les circonstances de cette journée tragique. Un procès particulièrement attendu en Ariège, où le souvenir de cette catastrophe routière, l’une des plus meurtrières de ces dernières décennies, demeure profondément ancré dans les mémoires.

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