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Le gouvernement Fréchette ressuscite le PEQ

Le gouvernement de Christine Fréchette ressuscitera officiellement le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) le 2 juillet dans l’objectif de sélectionner autour de 14 500 nouveaux arrivants annuellement par cette voie d’accès.

Dès 8 h 30 ce jour-là, le PEQ sera réactivé pour une période de deux ans, a annoncé mercredi le ministre de l’Immigration, François Bonnardel, réalisant ainsi une promesse faite par la première ministre Fréchette lors de la course à la chefferie caquiste.

Une première fenêtre pour déposer sa candidature s’étirera d’abord jusqu’au 31 octobre. Seuls les immigrants qui étaient admissibles au PEQ avant sa fermeture en novembre dernier pourront y postuler. « [Selon] l’estimation que le ministère a présentement, on parle de 8000 à 12 000 [personnes] pour la première ouverture », a évalué le ministre Bonnardel en conférence de presse.

D’autres fenêtres doivent également être ouvertes d’ici juillet 2028, mais le gouvernement n’est pas encore en mesure de dire combien. Les nouveaux arrivants qui n’étaient pas admissibles au PEQ avant son abolition mais qui le sont devenus ensuite pourront profiter de ces ouvertures pour faire une requête, a dit M. Bonnardel.

Combien, réellement ?

L’élu caquiste s’engage à « respecter la cible de planification pluriannuelle » de l’immigration. Fixée par l’ancien ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, celle-ci est fixée à 29 000 immigrants économiques par année.

Mercredi, M. Bonnardel a dit vouloir assurer un équilibre entre les invitations transmises via le PEQ, voie rapide vers la résidence permanente pour les immigrants temporaires déjà établis au Québec, et celles envoyées par le biais du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).

Activé l’an dernier, ce programme par pointage devait remplacer le PEQ. Or, son fonctionnement et ses critères de sélection ont été vivement critiqués depuis.

« L’objectif que nous avons, c’est d’avoir […] 14 500 PSTQ, 14 500 PEQ » par année, a lancé François Bonnardel mercredi, après avoir rouvert la valve au cours d’une réunion du Conseil des ministres. « Mais je ne suis pas dogmatique, là. Si je dois jouer de quelques points de pourcentage… On va s’ajuster selon le flux. »

François Bonnardel réitère qu’« il n’y a pas de plafond » pour les travailleurs et les diplômés qui voudraient poser leur candidature à travers le PEQ. Il fait le pari que le chiffre sera bien inférieur à la donnée publiée durant la course à la chefferie caquiste qui indiquait que 125 000 immigrants deviendraient admissibles du jour au lendemain. « C’étaient des prévisions à très haut niveau », a-t-il souligné.

« Soupir de soulagement »

La réactivation du PEQ était fortement attendue dans le milieu de l’immigration, dans le secteur municipal et chez les oppositions libérale et solidaire. « La réouverture du PEQ vient corriger le changement soudain des règles du jeu, qui a été très difficile pour tout le monde ces derniers mois », a lancé le président de l’Union des municipalités du Québec, Guillaume Tremblay, aux côtés de M. Bonnardel.

« Je crois que pour la première fois depuis longtemps, des humains installés et intégrés chez nous poussent un soupir de soulagement », a ajouté dans une déclaration écrite le maire de Québec, Bruno Marchand, qui, portant une épingle en forme de cœur bleu, avait fait du retour du PEQ un combat de tous les instants. « Il faudra être attentif à la mise en œuvre sans délais de ces changements et juger aux résultats, mais au moins, avec la réactivation d’une voie rapide et prévisible, on avance dans la bonne direction. »

À son arrivée au ministère de l’Immigration, François Bonnardel avait promis une approche « plus humaine ». « Des parcours de vie ont été bousculés. Nous avons voulu en tenir compte », a-t-il dit mercredi.

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