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« J’aime l’idée que la vie avance, je suis mariée, j’ai des enfants, j’ai construit tout ça » : ​Ophélie Meunier, l’amour foot

Ce n’est pas que Joseph n’aime pas le football, mais le regarder à la télé avec ses parents s’avère, à son goût, un peu trop bruyant. Papa et maman mettent beaucoup de cœur, et de ferveur, à chaque but. Pour autant, Joseph, bientôt 7 ans, ne raterait pour rien au monde ces moments de grande joie, quand toute la famille se réunit devant l’écran, ­souvent avec des amis qui sont aussi de la partie. On l’aura compris, dans cette ­maison, le foot est quasi une religion. ­Ophélie ­Meunier a eu comme une révélation la première fois qu’elle a mis les pieds dans un stade : « Avec cette ambiance incroyable, j’ai vraiment découvert l’émotion folle que ça générait et qui m’a immédiatement prise au ventre. » 

Depuis, elle ne rate plus une ­compétition, de la plus petite phase de sélection à la Ligue des champions. Et qui voudrait la croiser sait qu’il peut la trouver dans les tribunes du Parc des Princes, dont elle est familière, pour encourager le PSG, son équipe favorite. À force de parler ballon rond avec ses collègues à la machine à café mais aussi avec ses patrons chez M6, ces derniers lui ont proposé d’être l’animatrice principale de la prochaine Coupe du monde, dont la sixième chaîne a obtenu les droits exclusifs de diffusion en clair. « Même si je n’étais pas prédisposée à présenter un jour la Coupe du monde, ils voulaient à la fois quelqu’un qui aime sincèrement le foot – et c’est grandement mon cas – mais qui peut aussi rassembler. Avec “Zone Interdite”, que je présente depuis dix ans, je parle aux gens, presque tous les dimanches soir, de leur vie, de la société. »​

Ophélie Meunier au maquillage ! Joseph et Valentine y mettent toute leur adresse, toute leur tendresse.

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© Benjamin Decoin

 « ­Certains jours, je me lève avec un syndrome de l’imposteur »

Chaque soir de match, elle animera donc un grand magazine, entourée de ­consultants et de spécialistes. Car Ophélie Meunier ­préfère le préciser : « Je suis là pour guider une ­émission sur les enjeux du moment. Ma place n’est pas celle d’un ­commentateur à qui on va ­demander une vraie analyse ­technique. » Elle ne compte pas non plus jouer les potiches ni être uniquement la ­caution féminine d’un ­univers jugé encore très masculin. Au contraire, cette bonne élève – elle l’a toujours été – potasse ses fiches, approfondit ses sujets, lit et écoute tout ce qui touche de près ou de loin au foot. « Je mange, dors, vis foot depuis des semaines. J’absorbe, j’absorbe, et j’absorbe encore… J’ai toujours travaillé comme ça sur toutes mes émissions. »​

Longtemps, elle s’est répété cette phrase chaque matin : « Tu n’es pas à ton ­maximum. »Comme un leitmotiv de sa vie pour toujours aller plus loin. Aujourd’hui, peut-être plus indulgente avec elle-même, elle continue néanmoins de douter : « Se remettre en question, c’est important. ­Certains jours, je me lève avec un syndrome de l’imposteur et je me dis qu’il faut que je travaille encore plus ou différemment. » Elle aime relever de nouveaux défis, notamment dans le sport. L’activité physique est pour elle presque vitale. Même enceinte de huit mois, elle continuait d’aller s’entraîner à la salle : « Car on sait aujourd’hui que c’est bon pour ­l’esprit et donc pour le bébé. Je cours ou je fais du ­renforcement musculaire tous les deux jours. Il faut que je sois vraiment malade pour rater une séance. » Avant de nous retrouver pour cette interview, elle a d’ailleurs couru dix kilomètres et ne compte pas s’arrêter pendant la Coupe du monde. Les plannings ­ultra-chargés, ça aussi, elle connaît.​

« Je crois en la puissance des femmes, liée notamment à leur capacité à donner la vie », confie celle qui a eu son premier enfant à 31 ans.

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© Benjamin Decoin

«Même si les retours du public me rendent heureuse, je ne me suis jamais extasiée sur ma notoriété», confie Ophélie

Jusqu’au baccalauréat, elle a suivi un ­cursus sport-études avec quinze heures de danse par semaine, des claquettes au ­classique. « Et pourtant, je ne comptais pas devenir étoile, mais j’ai toujours eu besoin de faire les choses à fond. » À l’époque, elle s’imaginait professeur de mathématiques. Ambition de carrière qui lui paraît aujourd’hui bien lointaine, à part quand elle aide Joseph à réviser ses tables de multiplication. Mais à la fin du lycée, elle est repérée par une agence de mannequins, décide de tenter l’aventure, du moins le temps d’une année de césure, pense-t-elle… Finalement, elle fera le tour du monde, des castings et des séances photos durant près de six ans. « Et pendant toute cette période, j’écrivais des pages sur ce que je vivais dans mes voyages. Ça peut paraître naïf, mais grâce à ça, j’ai compris que j’aimais raconter le monde. » Elle intègre alors une école de journalisme, obtient un stage sur I-Télé et, à peine deux ans plus tard, décroche une chronique dans « Le petit journal », présenté par Yann Barthès sur Canal+. Tout s’enchaîne : dès 2015, elle anime sa propre émission, « Le tube », avant d’être recrutée l’année suivante par M6 pour reprendre la présentation de « Zone interdite ». 

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Elle a alors 28 ans, et en quatre ans seulement, elle est passée de faire des fiches sur une chaîne info à être à la tête d’une grande émission le dimanche soir sur une chaîne nationale. De quoi perdre le sens des réalités ? « Je ne me suis jamais extasiée sur ma notoriété, qui est d’ailleurs toute relative. Même si les retours du public sur mes émissions me rendent toujours heureuse. » Au début de sa carrière, elle a dû également apprendre à gérer les désagréments des réseaux sociaux – alors en plein essor – et les critiques qui y fleurissent trop ­souvent. « Bien sûr que, quand tu démarres, que tu ­travailles et que tu lis que tu n’as obtenu cette place que parce que tu es jolie, ça fait mal. » Ses années de mannequinat lui ont ­heureusement appris à prendre du recul sur son image. Elle nous confie d’ailleurs que, les années passant, elle ressent le besoin de retirer des artifices, « des filtres au sens figuré du terme », dit-elle. Même à l’antenne, elle se maquille moins : « Je suis complètement à l’aise avec l’idée de me montrer comme je suis au réveil. Car, en vrai, je ne me maquille jamais en dehors du travail. » À 38 ans, elle se sent plus que jamais en phase avec elle-même : « Quand, par hasard, je retombe sur une photo de moi à 20 ans ou à 30 ans, je me dis que je ne voudrais plus ressembler à ça. Non pas que je ne me sentais pas bien avant, mais j’aime l’idée que la vie avance. Je suis mariée, j’ai des enfants, j’ai construit tout ça. »​

Ophélie Meunier dans son podcast «Sphere 5», qu’elle coanime avec Carole Juge-Llewellyn (de dos), elle interroge des personnalités sur leur parcours de vie.

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© Jerome Domine

« Je suis très connectée à Dieu, je prie tous les jours »

En 2018, elle épouse Mathieu Vergne, alors directeur des programmes de flux du groupe TF1, aujourd’hui producteur de plusieurs émissions, dont la « Star Academy ». ­Ophélie Meunier nous l’assure : quand ils dînent en tête-à-tête, ils ne font pas que parler télé. Loin de là. « Même s’il y a une connexion évidente parce qu’on comprend parfaitement le métier de l’autre. Donc ça, c’est un cadeau. » Un jour, en lisant l’autobiographie d’Anne Sinclair, l’un de ses modèles, un passage la fait tiquer. La journaliste y exprimait ses regrets de ne pas avoir consacré assez de temps à ses fils, notamment quand elle présentait « 7 sur 7 ». « Je me suis jurée que si j’étais amenée, plus tard, à ­raconter mon histoire, je ne voudrais surtout pas écrire une telle phrase. » Mais, en pratique, ce n’est pas si facile : « Certaines semaines, je bosse non-stop. Et même le soir, je suis allée voir un spectacle pour ensuite recevoir un invité par exemple. Et donc lorsque arrive le ­vendredi, je m’aperçois que j’ai peu vu mes enfants. Je rééquilibre alors tout de suite, et je vais passer le week-end à jouer, à cuisiner avec eux. » La famille compte plus que tout pour ­Ophélie ­Meunier, que ce soit ses deux beaux-fils – les enfants que Mathieu a eu d’une précédente ­relation, aujourd’hui âgés de 18 et 15 ans – ou son frère, Édouard, qui habite en région parisienne et dont elle est inséparable depuis l’enfance.​

Ophélie Meunier s’est encore récemment posé la question de ses priorités, lorsqu’elle a lancé en avril, un podcast, « Sphere#5 », qu’elle coanime avec Carole Juge-Llewellyn, son ancienne chroniqueuse dans l’émission « La grande semaine », devenue son amie. Autour d’une discussion avec une ­personnalité – Gabriel Attal, Tibo InShape, Julien Clerc y ont déjà participé –, elles s’y interrogent sur comment jongler entre cinq piliers fondamentaux : la famille, les amis, la santé, le travail et l’âme. Peu importe l’ordre, Ophélie, elle, recherche toujours l’équilibre entre tous : « Même si c’est une quête permanente. » L’âme n’est d’ailleurs pas un concept abstrait pour cette fervente croyante : « Je suis très connectée à Dieu, je prie tous les jours. Ma foi est constitutive de mon identité, elle fait partie de moi tout le temps. Dans l’éducation que je donne à mes enfants, ça a une place importante, même s’ils développeront leur rapport à Dieu comme ils le veulent. » On s’étonne alors de l’entendre parler aussi ouvertement de religion. Rares sont les personnalités à s’exprimer publiquement sur le sujet, non ? « Peut-être qu’on ne leur pose pas la question. Ce n’est pas un tabou. Je n’ai pas de problème à dire que je suis croyante et que je n’imagine pas ma vie sans. Ça ­m’apporte tellement de belles choses. »​

Ces derniers temps, des rumeurs la ­donnaient sur le départ de M6. ­Ophélie ­Meunier les balaie d’un mot : « C’est ­n’importe quoi franchement. Je vais fêter mes dix ans de « Zone Interdite », un programme dont je ne me lasse pas, tant on y parle des problématiques du moment. Et puis, je m’apprête à présenter la Coupe du monde ! C’est un rêve incroyable pour moi ! » Ophélie s’autorise toujours à rêver grand. Son souhait du moment : que les Bleus ramènent la coupe à la maison, évidemment.​

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