Francos | OrelSan fait son cinéma au Centre Bell

Dans Yoroï, film qu’il a coscénarisé, OrelSan se retrouve coincé dans une armure ancestrale japonaise. L’armure pour son spectacle à Montréal : un chandail numéro 85 de l’attaquant du Canadien, Alexandre Texier.
Publié hier à
23 h 08
Dès son arrivée sur la scène du Centre Bell, le rappeur normand entonne certaines de ses chansons les plus rassembleuses : Basique et La Quête. Il pigera de nouveau dans ses albums passés – Perdu d’avance, Le chant des sirènes, La fête est finie et Civilisation –, mais il plonge d’abord dans La fuite en avant, sorti l’an dernier.
« L’omniprésence des fans, tout l’monde veut un bout d’ton âme », mentionne OrelSan dans Le pacte, impressionnante leçon de rap qui traite de la rançon de la gloire. On ignore si l’intention était de montrer que le populaire artiste français a raison, mais un spectateur est monté sur scène alors qu’il récitait le morceau. OrelSan est resté impassible devant l’excès d’enthousiasme rapidement réprimé par un employé de la sécurité.
Le MC a ensuite enchaîné avec Plus rien, Ailleurs et Boss, respectant l’ordre de La fuite en avant. Sur cette dernière, qui témoigne du sentiment d’infériorité du rappeur au sein de son couple, un homme et une femme se battaient devant lui. Celle-ci dominait largement le combat, comme dans les scènes d’entraînement de Yoroï.
Le long métrage réalisé par David Tomaszewski raconte le déménagement au Japon d’Aurélien (véritable prénom d’OrelSan) et de sa femme (jouée par Clara Choï), qui attendent leur premier enfant. Alors qu’ils rénovent leur nouvelle maison, Aurélien découvre une armure qui réveille des Yokaïs, créatures effroyables qui terroriseront le couple.
PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, LA PRESSE
La foule rassemblée au Centre Bell, jeudi soir
Grâce à d’ingénieuses projections, OrelSan reproduit la scène où il tombe dans un puits. Il en ressort avec la fameuse armure et se lance dans une succession de vieux succès : Pour le pire, Jimmy Punchline, À l’heure où je me couche, La pluie, Rêves bizarres. Cette dernière se transforme en tube de boîte de nuit qui électrise la foule de plus de 8000 personnes.
Le spectacle, qui ouvrait les Francos de Montréal, était le premier d’une longue tournée pour OrelSan et ses musiciens. À la fin de la soirée, il a d’ailleurs remercié la foule pour son ardeur, soulignant que ça fait plaisir de commencer une série de concerts de la sorte.
Le mariage entre le rap puis la batterie et la guitare n’est pas toujours concluant sur scène, mais la majorité des morceaux étaient élevés par les instrumentations. L’envolée musicale à la fin de Tellement d’amis est un bon exemple. Cette pièce était précédée d’Encore une fois, Défaite de famille, Oulalala et L’odeur de l’essence, composant l’un des meilleurs blocs du spectacle.
Sama, version diabolique d’OrelSan, est ensuite apparu. Il a évoqué la confusion des Québécois par rapport à leur identité, se moquant au passage de leur accent. La foule a répliqué en scandant : « Le Québec, un pays ! »
Le voyage France-Japon-Montréal de 90 minutes s’est conclu avec Soleil levant, Les monstres, Athéna, Jour meilleur, chanté par bon nombre de spectateurs, puis Épiphanie. En guise de rappel, OrelSan est descendu dans la foule pour interpréter La Terre est ronde. Le Français a offert une dernière dose d’endorphines à son public conquis en terminant la soirée avec la dynamique Du propre.
Le dernier spectacle d’OrelSan à Montréal remontait à 2018, au MTelus. Il promet que le prochain ne se fera pas attendre aussi longtemps.




