Toy Story 5 | Les jouets ou la tablette pour se trouver un ami ?

À l’instar du premier Toy Story, sorti en 1995, l’harmonie chez les jouets est perturbée par un nouveau venu. Si le patrouilleur de l’espace Buzz Lightyear impressionnait à l’époque avec son « laser » et ses ailes rétractables, l’arrivée de la tablette électronique Lilypad annonce la fin pour les joujoux. Du moins, c’est ce que croit la tirelire cochon Hamm, qui va aussitôt se ranger dans l’armoire.
Greta Lee, vue dans le film Past Lives ainsi que les séries Russian Doll et The Morning Show, prête sa voix à l’appareil surnommé Lily. Mère de deux jeunes garçons, l’actrice compose avec la gestion du temps d’écran au quotidien. « C’est tellement près de moi que je craignais que ça affecte ma performance, confie-t-elle avec un mélange d’autodérision et de sincérité. On vit dans un monde d’écrans et on tente d’établir des règles, mais c’est difficile de trouver le juste milieu. »
Kenna Harris, qui coréalise et coscénarise Histoire de jouets 5, le titre de la version française, sait bien que la technologie est dans la vie des enfants depuis plusieurs années déjà. Avec son collègue Andrew Stanton, ils se sont assurés d’offrir un portrait « juste et nuancé » de notre relation avec les appareils intelligents. « On ne voulait surtout pas faire la leçon par rapport à la place que devrait prendre la technologie dans la vie de chacun », souligne Kenna Harris.
« Lily n’est pas un personnage binaire, dans le sens “bon ou mauvais”. Sa philosophie est ancrée dans les données », indique la productrice Lindsey Collins. « Comme les autres jouets, elle souhaite le mieux pour son enfant », ajoute Kenna Harris.
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Joan Cusack (Jessie) et Greta Lee (Lilypad) lors d’un évènement promotionnel de Toy Story 5, à Londres, le 28 mai dernier
Cela dit, la tablette à l’apparence d’une grenouille fait preuve de bien peu d’humilité à son arrivée dans la chambre de Bonnie Anderson (Scarlett Spears), qui a maintenant 8 ans. « Ce n’est pas qu’elle n’aime pas les autres jouets, c’est plutôt qu’elle les méprise, explique Greta Lee. Elle est comme : “Ces êtres analogiques doivent disparaître pour que je puisse accomplir mes tâches.” »
« Ça fait de la peine ! réagit Joan Cusack, qui reprend le rôle de la cowgirl Jessie. Nous aimerions être tous ensemble. »
L’actrice bien-aimée, connue pour ses rôles mémorables dans Working Girl, School of Rock et Shameless, est ravie que le personnage qu’elle défend depuis Toy Story 2 (1999) soit enfin au premier plan. « Je suis vraiment reconnaissante qu’Andrew Stanton, qui a fait Finding Nemo et WALL-E puis remporté des Oscars, ait choisi de raconter une histoire à propos de Jessie. En plus, c’est une histoire complexe. »
Différentes philosophies
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La productrice Lindsey Collins ainsi que les coréalisateurs et coscénaristes Andrew Stanton et Kenna Harris à la première de Toy Story 5, à Los Angeles, le 9 juin
Depuis que Bonnie a hérité des jouets d’Andy à la fin de Toy Story 3, elle les a intégrés à ses autres amis de tissu et de plastique. Alors que le cowboy Woody (Tom Hanks) a rejoint sa tendre Bo Peep (Annie Potts) pour une vie d’aventures extérieures dans Toy Story 4, le reste de la bande habite toujours la maison des Anderson.
Bonnie a donné le titre de shérif à Jessie, qui prend son rôle très au sérieux. Lorsqu’elle voit sa jeune propriétaire délaisser les siens au profit de Lily, elle se donne la responsabilité de défendre leurs intérêts. « Le film permet de revenir sur les évènements de son passé, mais le plus amusant pour moi est de voir Jessie en adulte responsable », mentionne Kenna Harris.
« Elle le fait vraiment différemment de Woody, précise Lindsey Collins. Dans les 10 premières minutes, elle l’appelle sur un walkie-talkie et lui demande si le problème, c’est elle. Ç’a pris un film entier à Woody avant qu’il ne se pose cette question ! »
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Bonnie (Scarlett Spears) dans une scène de Toy Story 5
Puisque les parents de Bonnie achètent Lilypad pour l’aider à se faire des amis – les filles de son groupe de danse ont toutes déjà une tablette –, Jessie cherche à lui donner un coup de main en ce sens. Ses méthodes sont toutefois fort différentes.
Lilypad n’a pas de nostalgie ou d’expérience. Elle ne peut pas se fier à ses instincts. Jessie mise sur tout ça, mais elle craint le changement. Le film montre que la solution est de travailler ensemble.
Kenna Harris, qui coréalise et coscénarise Toy Story 5
« Les jouets sont comme des parents dans nos histoires. Chaque famille a ses façons de faire. Même à l’intérieur d’un couple, les philosophies peuvent être différentes. On peut tous se reconnaître dans la difficulté de s’entendre sur la bonne approche », estime Lindsey Collins.
Parfois, cette lutte se fait au détriment des enfants. Cela fait partie des apprentissages de la vie. Mais voir Bonnie se faire rejeter par ses amies, malgré les bonnes intentions de ses parents, brise le cœur. « C’est tellement authentique, tellement vrai. On voit toutes les nuances de la manière dont une petite fille peut se sentir », témoigne Greta Lee. « C’est incroyable qu’un film animé puisse rendre si bien l’impact que la technologie peut avoir sur les enfants », conclut Joan Cusack.
Les frais de déplacement et d’hébergement pour ce reportage ont été payés par Disney, qui n’a exercé aucun droit de regard sur le contenu de celui-ci.
Toy Story 5 (Histoire de jouets 5, en version française) prend l’affiche le 19 juin.




