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Quelle carrière le fils d’Éric Lapointe envisage-t-il ?

Christophe-Arthur, l’aîné des deux fils d’Éric Lapointe, suivra son père durant tout l’été. Le jeune homme de 15 ans, qui s’intéresse à la guitare électrique et veut étudier en médecine, fera partie de l’équipe technique de son célèbre père. Entrevue sur leur relation, leur été et leur grande complicité.

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Éric et Christophe-Arthur, qu’est-ce qui vous occupe présentement ?

Éric : Je termine une partie de la tournée acoustique et je suis heureux du résultat, car les gens sont au rendez-vous et ils aiment ça. Les billets s’envolent rapidement, alors je suis comblé. C’est tellement quelque chose de différent de ce que je fais habituellement et, en même temps, je suis de plus en plus à l’aise dans ce format. Mais je ne veux pas trop le devenir non plus ; ne pas être dans mon élément, c’est un peu ça le but du show. Dans ce spectacle-là, je me dévoile beaucoup plus. Sinon, nous commençons l’été avec des spectacles plus rock sur la route des festivals. Ça va être le fun de retomber dans mes bottes de rock’n’roll. En plus, j’ai maintenant trois choristes sur scène avec moi, ça rajoute beaucoup.

Christophe-Arthur : Je complète mon secondaire trois et je suis content de pouvoir passer l’été sur la route avec mon père. Ça va être vraiment cool. Je travaille avec mon père depuis l’été dernier et j’aime ça. Au début, je ne savais pas trop quoi faire ; j’aidais à ranger et à transporter des trucs et j’ai beaucoup appris. Maintenant, je fais partie de l’équipe technique et on m’a confié plusieurs responsabilités. Ça me rend fier.

Ça représente quoi pour vous deux de travailler ensemble ?

C.-A. : Je suis dans un environnement familier, puisque je suis avec mon père. Mais je ne veux pas le décevoir, donc je veux bien faire les choses. Mon père, c’est un employeur plutôt cool.

Julien Faugere / TVA Publications

Éric, qu’est-ce que ça te fait d’avoir ton fils avec toi sur la route ?

Ça me rend très fier. Depuis qu’il est tout petit qu’il est en tournée avec moi. Veut, veut pas, l’équipe de tournée, c’est un peu comme sa deuxième famille. Il s’est donc bien intégré et il travaille. Je suis content de l’avoir avec moi. Mon autre fils, Édouard, a 14 ans. Lui, ça ne l’intéresse pas de nous suivre en tournée. Depuis qu’ils sont nés, je les trimballe un peu partout. Ils ont attendu patiemment dans les loges que je termine mes spectacles et ils ont toujours été derrière moi là-dedans. Je suis conscient que ce n’est pas toujours facile pour eux d’être les enfants d’un artiste connu et que mon répertoire n’est pas forcément leur tasse de thé. Christophe commence à plus s’y intéresser.

Dis-moi, Christophe-Arthur, quand as-tu compris que tu étais le fils d’une rock star ?

Je pense que je l’ai vraiment mesuré lors du spectacle du Nouvel An, au Centre Vidéotron. Avant, je restais dans la loge avec mon frère. Mais cette fois-là, j’ai vu l’ampleur de la salle. J’ai compris que tout ce monde s’était déplacé pour voir et entendre mon père. Ça m’a rendu très fier de le voir réunir autant de personnes pour voir son spectacle. C’est très impressionnant.

É. : Une chose qui m’a beaucoup touché après le spectacle du jour de l’An, c’est quand Christophe est arrivé dans la loge après le spectacle et qu’il m’a dit : « Wow, c’était insane ! », ajoutant qu’il allait commencer à écouter ma musique.

Christophe-Arthur, que penses-tu du répertoire de ton père ?

Plus jeune, j’entendais tellement souvent sa musique que je ne portais plus attention. Mais aujourd’hui, je travaille pour lui, je ne l’écoute plus de même façon. Ma job, c’est d’être attentif à ce qui se passe durant le spectacle. Je découvre un côté de sa musique. Je tente même de convaincre mes amis d’écouter du Éric Lapointe. Je lui fais de la promotion gratuite auprès d’un public plus jeune. Mais je dois avouer que c’est de la bonne musique.

As-tu déjà voulu suivre les traces de ton père ?

C.-A. : Non, ça ne m’intéresse pas vraiment, du moins pas d’en faire une carrière. Mais j’ai commencé à apprendre la guitare électrique avec Stéphane Dufour, le guitariste de mon père, et j’adore ça. Je compte même devenir meilleur que mon père à la guitare. Mais ça ne m’intéresse pas de chanter. En ce moment, je termine ma troisième année de secondaire et je m’intéresse surtout aux sciences. J’aimerais peut-être faire un jour des études en médecine. En attendant, je travaille pour m’acheter ma première voiture ou une moto.

É. : C’est dommage qu’il n’aime pas chanter, car il chante très juste. Il a une oreille musicale. Mes deux fils ont baigné dans la musique. Si un jour l’envie leur prend d’en jouer plus sérieusement, je vais être bien content. Mais déjà, de croiser Christophe sur scène quand il vient me porter mes guitares, c’est un feeling exceptionnel. Je rêve de jouer avec l’un de mes fils, et avec les deux, ce serait encore mieux. J’ai la chance d’avoir deux fils merveilleux, qui sont sages, qui aiment l’école et qui prennent ça au sérieux. Ça me rend heureux de savoir que mes gars vont poursuivre des études, ce que, moi, je n’ai pas fait. Ç’a toujours été un regret de ne pas avoir étudié. J’ai arrêté l’école pour voyager et je n’y suis jamais retourné. Que l’un de mes gars souhaite faire sa médecine, ça me rend fier.

Christophe-Arthur, quels souvenirs gardes-tu de ton enfance en tournée une semaine sur deux avec ton père ?

C.-A. : C’est certain que j’en ai passé en maudit, du temps dans les voitures. Mais j’ai pu voir du pays et découvrir la belle province de Québec. Ce que j’aimais moins, c’était de l’attendre après les spectacles, parce qu’il prend toujours le temps de signer des autographes et de prendre des photos avec des membres du public. Maintenant, je ne l’attends plus, je fais autre chose pendant ce temps-là.

É : Je me souviens qu’ils aimaient moins cette partie-là de mon travail, ça les obligeait de partager leur père avec le monde. Quand ils étaient plus jeunes, j’avais essayé de les amener à La Ronde, mais une foule s’était amassée autour de nous. Ç’a été la même chose au Jardin botanique.

Éric, te voilà papa de deux adolescents. Comment vis-tu ça ?

C’est une nouvelle étape et c’est le fun. Nos conversations sont super. Ce ne sont pas des adolescents différents des autres, mais chez nous, la communication et le respect dans la discussion sont importants. On peut défendre son point de vue et argumenter dans le respect. Ça m’étonne toujours de constater l’étendue de leur culture. Ils en connaissent, des choses.

As-tu été le père que tu voulais être ?

J’ai fait de mon mieux et je le fais encore. Mais être père, ça ne vient pas avec un mode d’emploi. Suis-je un bon ou un mauvais père ? Je n’en ai aucune idée. À en juger par ce que sont mes enfants et à quel point ils me rendent fier, je pense m’en être bien sorti.

Et toi, Christophe-Arthur, ça se passe comment d’avoir Éric Lapointe comme papa ?

C.-A. : C’est incroyable. Oui, il est une célébrité, mais à la maison, c’est un bon papa. C’est aussi un bon cuisinier. Il n’est pas trop autoritaire, mais il ne faut pas le pousser à la limite. Au troisième avertissement, quand il demande quelque chose, il faut l’écouter sinon il devient plus sérieux.

É. : Je n’ai jamais vraiment eu besoin de me fâcher contre mes fils ; je pense qu’ils me connaissent assez pour ne pas trop tester ma patience. J’ai deux enfants faciles. Ça ne crie jamais chez nous, je ne hausse jamais le ton. Mais comme tous les adolescents, eh bien, ils testent mes limites, et c’est un peu normal.

Édouard, ton deuxième fils, n’est pas avec nous aujourd’hui. Pais parle-moi un peu de lui.

Édouard est très différent. Ça l’intéresse de moins en moins de venir aux spectacles et de me suivre en tournée. Lui, ce qui l’intéresse, c’est beaucoup le cinéma. J’aurais aimé qu’il fasse partie de ce reportage, mais lorsque je le lui ai demandé, sa réponse a été un non catégorique. À ce moment-ci de sa vie, il ne souhaite pas être sous les projecteurs.

Comment ça se passe, la vie de tournée père-fils ?

É. : On ne voyage pas toujours ensemble, car il part plus tôt le matin avec l’un des techniciens pour effectuer son travail. Moi, j’arrive plus tard, même qu’en vieillissant je suis rendu un peu paresseux et je vais rarement aux tests de son. Mais lui, de son côté, il est là le matin pour monter la scène. Ça me rend fier de voir qu’il fait partie de la grande famille et qu’il s’implique. Puis, quand on rentre, eh bien, on jase ensemble. Ce sont de beaux moments père-fils.

À quoi va ressembler votre été ?

É. : Ce sera un été partagé entre différents festivals et du temps au chalet, sur le bord de la piscine. J’aime profiter de mon petit coin de nature. Je veux profiter de la piscine à la campagne, à prendre du grand air, et nous allons profiter de l’été tout simplement. Je vais surtout être avec mon plus vieux cet été, parce qu’Édouard part un mois en France, dans la famille d’un ami.

Éric, projettes-tu de sortir un nouvel album ?

Ça fera trois ans en octobre que j’ai arrêté de consommer et ça se passe très bien. Je ne retomberai pas là-dedans, mais je n’ai rien écrit depuis et je ne me mets pas de pression non plus. Je pense que chaque album raconte une tranche de vie, et là, peut-être que je ne suis pas encore rendu à l’étape de raconter cette tranche-là en chanson.

Est-ce que la sobriété fait en sorte que tu n’arrives plus à écrire ?

Je ne sais pas trop. Je ne vis plus dans mes vieilles thématiques, où je racontais la nuit, et ma vie dramatique et toxique. J’ai peut-être fait le tour de tout ça. Est-ce que ma vie est rendue trop sage ? Peut-être, mais ça ne veut pas dire que je ne peux pas en faire des chansons. Je dois juste assimiler et intégrer ces changements-là avant d’en parler. J’apprivoise ma nouvelle vie. En attendant, j’ai le privilège et la chance de pouvoir jouer et les gens sont au rendez-vous. Mais c’est certain que cette nouvelle vie est plus sage. Je suis sobre et à froid, c’est moins poétique et moins magique que la perception que j’avais de la vie quand j’étais intoxiqué. La réalité est un peu plus fade et moins inspirante. J’ai été habitué pendant des années à vivre des gros high et des down très profonds. Il y a moins de vagues dans ma vie. Ça fait de moins des bonnes chansons. Je dois apprendre à vivre pleinement cette vie-là avant de la transposer en textes.

Es-tu heureux dans cette vie-là, Éric ?

Je dirais que je ne suis pas malheureux. J’ai entendu dernièrement une phrase qui représente bien ce que je vis et qui va comme suit : « Ce n’est pas parce que tu fuis l’obscurité que tu marches vers la lumière ». C’est un bon mot de la fin, non ?

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