Le combat personnel de Sophie Prégent et Charles Lafortune : une mission sans fin

La grande soirée annuelle de la Fondation Autiste & majeur, qui s’est déroulée le 11 juin dernier au Grand quai du port de Montréal, a permis de récolter un montant de 702 362 dollars. Nous avons profité de la soirée pour rencontrer Sophie Prégent et Charles Lafortune, qui sont à l’origine de cette fondation.
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Le couple, qui a créé l’organisme soutenant les adultes autistes, était surpris du montant exceptionnel qu’il a réussi à ramasser cette année. « Comparativement à l’année dernière, c’est vraiment une grosse évolution, a confié Charles Lafortune. L’année dernière, on était à 492 000, et quelqu’un nous avait donné 8000 dollars en fin de soirée pour qu’on arrive au chiffre rond de 500 000 dollars. Cette année, on est passé à un autre niveau. Durant la soirée, on a diffusé une vidéo qui démontrait exactement ce qu’on fait. Je pense que ça a beaucoup joué. »
Ces 702 362 dollars s’ajoutent au montant de près de 255 000 dollars récolté par la campagne Biscuit sourire avec Tim Hortons, ce qui équivaut à un total de près d’un million de dollars sur une année.
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Une nouvelle responsabilité
Sept ans après la création de la Fondation Autiste & majeur, Sophie et Charles sont conscients de l’importance de cette initiative dans le milieu, mais ils sont encore plus éveillés aux multiples besoins qu’il faut encore combler. « On voudrait tellement faire plus, toujours plus, qu’on ne se dit jamais que c’est vraiment bien ce qu’on a fait, raconte Sophie. Les besoins n’ont pas de bon sens ; je suis toujours en train de voir comment faire quelque chose de plus pour tel ou tel problème. C’est difficile de s’arrêter et d’être fiers du chemin accompli. »
Pour Charles, avoir réussi à créer un esprit de communauté autour de l’autisme est certainement une de leurs plus belles réalisations. « Au départ, on voulait créer un réseau, et on est maintenant rendus à 10 Espaces Autiste & majeur, qui ont chacun leur propre identité. Cette idée d’un réseau où tout le monde se parle, c’est le contraire de la solitude. Quand le diagnostic d’autisme arrive, tu ne sais souvent pas quoi faire, tu ne sais pas ce qui va arriver… J’ai l’impression qu’on arrive à rassembler les gens. J’aime cet esprit de communauté, et voir qu’aujourd’hui des personnes autistes deviennent ambassadrices de la Fondation. »
Il cite notamment l’exemple d’un autiste de haut niveau qui a créé une application pour montre intelligente capable de déceler si quelqu’un a une désorganisation en intégration au travail. L’application va aussi donner des trucs pour se calmer dans différentes situations.
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Une implication au quotidien
Créer une fondation ne les a toutefois pas soulagés au quotidien, eux personnellement. « Mathis est dans le premier espace dans lequel on a investi avec Québecor, mais il ne bénéficie pas nécessairement de tout ce qu’on a fait, dans le sens où on rayonne partout au Québec, avance la comédienne. On a surtout compris que l’autisme peut prendre des visages très différents, même s’il y a beaucoup de problématiques communes. »
En créant cet organisme, les parents de Mathis essayaient aussi de répondre à la question de ce qui allait se passer après leur mort, mais ils n’ont pas nécessairement eu la réponse qu’ils attendaient. « Plus tu t’impliques, plus tu te rends compte qu’il y a des gens qui se fient à toi, qui ont des attentes, qui ont besoin de toi…, a réalisé Sophie Prégent. Il faut que ça continue. Pour nous, c’est vraiment une bonne chose. Ce n’est pas une affaire qu’on va laisser aller comme ça facilement. »
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Du travail et des vacances
Quand on demande à Charles Lafortune ce qui va l’occuper dans les prochaines semaines, il est intarissable tellement le nombre de projets est important. Il a commencé la postproduction de la nouvelle série Un an plus tard et des premiers épisodes de la nouvelle saison d’Indéfendable. « On est en tournage de MasterChef Québec 4 ; les deux premières semaines sont en montage. Il y a aussi les tournages de la nouvelle saison d’Alerte, et on prépare le tournage de La nuit des 13, une émission qui mélange épreuves et horreur avec 13 jeunes de 15 à 17 ans sur une île. Ça va être très cool. »
Patrick Seguin / TVA Publications
Cette semaine, Charles est d’ailleurs en déplacement au festival de la télévision de Banff (Banff World Media Festival). « Je vais au festival pour chercher des investisseurs et des distributeurs pour embarquer dans la structure financière d’une émission qui s’appelle L’éveil, un projet que l’on développe en coproduction avec la Finlande. » La coproduction entre producteurs de différents pays semble être une voie intéressante, autant financièrement que sur le plan créatif. « On partage nos scénarios, il y a quelqu’un qui regarde ça d’un point de vue différent du nôtre. Ça ouvre des portes sur différents points de vue. Ça permet aussi d’ouvrir, d’exporter, de donner de l’argent neuf qui vient de l’extérieur à notre écosystème québécois. Il faut être de plus en plus créatif pour réussir à faire une télé innovante et intéressante. »
PAUL DUCHARME / PHOTOGRAPHE
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Malgré un emploi du temps chargé, la famille a aussi prévu des vacances. « On s’en va une semaine aux îles de la Madeleine, où on va visiter un centre pour personnes autistes. En même temps, on va faire un podcast là-bas. Ensuite, on part en couple fin juillet, début août en Italie, dans les Pouilles, avec nos amis Marie-Claude Barrette et Mario Dumont. L’année passée, on a fait dix jours en France, mais cette année, ce sera vraiment deux semaines pour décrocher. Pendant ce temps, Mathis va voir des vacances au Québec, qui sont organisées avec une éducatrice. »




